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Équipe Coderre, ou Ré-Union Montréal… août 20, 2013

Posted by jay2go in Uncategorized.
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En tant qu’observateur de la scène politique montréalaise, j’éprouve un profond malaise devant la fameuse Équipe Coderre. Pourquoi ai-je l’impression que tous les anciens d’Union Montréal ont sauté dans le premier train qui les reconduirait vraisemblablement (à en croire les sondages des derniers mois) au pouvoir?

Je ne suis pas fan de Denis Coderre, je l’avoue. Je n’ai jamais été de ceux qui voyaient en lui le nouveau Messie. Néanmoins, on peut objectivement se demander à quoi donc joue ce dernier. Coderre a beau provenir de la scène fédérale et n’avoir jamais œuvré sur la scène municipale, il ne peut pas ignorer que les Montréalais en ont soupé d’Union Montréal et de toutes ses magouilles. Or pour un prétendant au trône qui se veut propre, il a une drôle de façon de montrer aux Montréalais que sous son règne, les choses se feraient différemment de l’époque Tremblay.

On peut ne pas apprécier l’idée d’un exécutif collégial formé d’une coalition de différents partis politiques pour administrer la Ville, mais appelons tout de même les choses par leur nom : malgré les démentis officiels, l’informelle « Équipe Coderre » constitue bel et bien dans les faits un parti politique. Un parti qui ne dit pas son nom, certes, mais un parti tout de même.

Un parti politique, qui plus est, formé en majorité des anciens d’Union Montréal. Il fallait entendre Alan DeSousa à la télévision cette semaine affirmer son adhésion aux « valeurs » de l’équipe Coderre pour justifier son allégeance à la formation politique. Allons! Depuis quand la soif de pouvoir constitue-t-elle une valeur? La seule valeur qui anime M. DeSousa est sa propre réélection, qu’il aura sans doute jugée plus probable que s’il s’accrochait à l’étiquette ternie d’Union Montréal. Son arrondissement n’a-t-il pas d’ailleurs fait l’objet de perquisitions en février dernier?  Les Montréalais méritent mieux qu’une administration composée des restes de magouilleurs professionnels et avides de pouvoir, déguisée en un preux chevalier blanc répondant au nom de Denis Coderre.

Tant qu’à y aller avec aussi peu de subtilité, ce dernier aurait tout simplement pu appeler son parti « Ré-Union Montréal ». L’effet aurait été le même, et cela nous aurait au moins évité l’illusion d’un renouveau en politique municipale, advenant son élection.

Gérald «12%» Tremblay novembre 4, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Gérald Tremblay a été réélu dimanche dernier, en dépit de tous les scandales qui se sont abattus sur l’Hôtel de Ville et de l’écoeurement palpable des Montréalais envers les pratiques de son administration. Pourquoi?

L’explication est malheureusement aussi simple qu’elle est désolante et tient à deux facteurs : Harel et Labonté.

Premièrement, l’effet Harel. En tant qu’ex-ministre péquiste responsable des fusions, ouvertement souverainiste (cela va de soi considérant son passé de ministre péquiste) et unilingue francophone, environ la moitié des Montréalais lui était hostile. Disons qu’elle partait avec un énorme handicap, qu’elle aurait peut-être pu surmonter avec le vote francophone.

Or c’est là qu’entre en ligne de compte le facteur Labonté. Les électeurs ont voté à 25% en faveur de Richard Bergeron, pourquoi? Pour faire le ménage. Parce qu’après l’histoire de Benoît Labonté, soudainement, Louise Harel n’est plus apparue en mesure de réparer l’éthique brisée à l’Hôtel de Ville. Parce que les gens que ces odeurs de corruption insultaient le plus ne se sont pas sentis convaincus par Louise Harel, d’où leur appui à Bergeron.

The rest is history comme disent les anglais : le maire sortant s’est faufilé entre deux candidats d’opposition. Une opposition forte dans sa division, dans sa faiblesse, si l’on veut.

Ce n’est pas compliqué, n’est-ce pas? Ce résultat, on aurait pu le prédire dès que l’on s’est aperçu que la course à deux se transformait en course à trois, à une semaine et demie du scrutin.

Ceci étant dit, le maire a été élu avec 37% des suffrages. Sur un taux de participation de 32%. Comme le dit mon confrère blogueur Gros BS, 37% de 32%, ça fait un maire de bien peu de monde. 11,84% en réalité. Il aura donc fallu 12% de la population pour réélire un maire corrompu et sans colonne vertébrale.

Franchement désolant.

Bonne chance, M. Tremblay!

P.S.: Vincent Marissal nous apprenait ce matin que la «grande famille souverainiste» est divisée et en veut à Madame Harel de s’être présentée en dépit de ses faiblesses, d’avoir mal performée, etc. Personnellement : bull shit! Prenez Diane Lemieux, qui s’est rangée du côté de M. Tremblay («Gérald Tremblay is my man!» disait-elle). Ce n’est pas la faute de Mme Harel si la famille est divisée. Diane Lemieux, entre autres, et tous les autres péquistes qui ont travaillé pour MM. Tremblay et Bergeron, sont tous maîtres de leurs propres décisions. À moins d’en vouloir tout simplement à Mme Harel de s’être carrément présentée. Et ça, c’est douteux comme motif de réprimande.

Ah, ces péquistes! Ils sont vraiment dans leur bulle.

Qui a peur de Tony Accurso? octobre 25, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Tony Accurso

À en juger par les dernières péripéties de la campagne électorale municipale, l’homme le plus puissant à Montréal n’est pas le maire sortant, Gérald Tremblay, mais bien… Tony Accurso!

M. Accurso, entrepreneur notoire à Montréal, est célèbre pour son luxueux yacht qui n’a d’égal que  la quantité d’hommes politiques qui y ont séjournés pour ensuite octroyer aux compagnies de M. Accurso  de gros contrats avec la Ville. Et pas toujours faits dans les règles : rappelez-vous le scandale des compteurs d’eau, vieux d’à peine quelques semaines…

Les dernières allégations de Benoît Labonté, ex-numéro deux de Louise Harel, en ce sens sont pour le moins inquiétantes. On sait désormais que le maire est corrompu – enfin, qu’il fait du financement pas très catholique suivi de retours d’ascenseur tout aussi douteux – mais on ne sait juste pas à quel point.

Ce qui me dégoute le plus, c’est qu’à cause de l’ineptie de sa rivale, il sera probablement réélu. Une chance pour lui que la course entre dans sa dernière semaine ; autrement, il aurait bien pu perdre du terrain face à Richard Bergeron, troisième candidat en lice et le seul qui apparaît motivé à faire de la politique par d’autres moyens.

Que savons-nous exactement des pratiques douteuses qui ont court à Montréal, et certainement pas uniquement à Montréal? Des firmes – d’avocats, d’ingénierie – prennent en charge l’élection d’un candidat. Ils contribuent fortement à la caisse électorale du parti et, une fois le candidat élu, attendent le retour d’ascenseur. C’est ce qu’on appelle du financement sectoriel, dans le jargon. Gérald Tremblay et d’autres avant lui y font appel ; Benoît Labonté lui-même y a goûté lors de sa course à la chefferie de Vision Montréal en 2008  ; Louise Harel le ferait également dans le cadre de la présente campagne. De nombreuses personnes – dont un ancien candidat à la mairie contre Pierre Bourque dont j’oublie le nom – auraient tenté de dénoncer, en vain, le processus auprès du DGE.

Mais que se passe-t-il donc à Montréal? La mafia gère-t-elle la ville?

Et ne comptez pas trop sur «papa Charest», notre cher premier ministre aux deux mains sur le volant, pour utiliser les grands moyens : il ne faudait surtout pas «nuire aux enquêtes policières». Ça, c’est l’argument poisseux du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. Comme si l’un empêchait l’autre! Non, décidément, plus je regarde les libéraux agir et plus j’ai des soupçons. Se peut-il que les allégations de Benoît Labonté et Sylvie Roy, ex-leader par intérim de l’ADQ, à l’effet que trois ministres du gouvernement libéral de Jean Charest (David Whissell, ministre duTravail, Julie Boulet,  ministre des Transports, Norman MacMillan, ministre délégué aux Transports) aient séjournés sur le yacht de Tony Accurso, soient fondées?

Sinon, pourquoi refuser une enquête publique? Parce qu’en ce moment, la maison brûle, et que propose le premier ministre du Québec, Jean Charest? Vérifier si le détecteur de fumée fonctionne… Tout le monde s’entend là-dessus : l’escouade spéciale (l’opération Marteau de Jacques Dupuis) mise sur pied ne touchera pas aux liens entre entrepreneurs et politiciens et ne fera certainement pas la lumière sur cette affaire. Les libéraux ont-ils peur d’être éclaboussés? Il faut dire que la dernière commission d’enquête du genre remonte aux années 1970 et avait passablement éclaboussé le gouvernement libéral de Robert Bourassa. Qu’ont à se reprocher les libéraux?

C’est cliché de le dire, mais en politique, lorsqu’il est question d’éthique, les apparences comptent énormément et quiconque ne lave pas plus blanc que blanc peut être soupçonné, à juste titre, d’avoir quelque chose à cacher. Le refus des libéraux de jouer franc jeu dans ce dossier soulève énormément de questions, dont la plus fondamentale : Jean Charest a-t-il peur de Tony Accurso?

Soit dit en passant

Quand bien même que le Cabinet au grand complet déchirerait sa chemise pour exiger la démission de Sylvie Roy après ses récentes insinuations sur les trois ministres libéraux qui auraient fréquenté Tony Accurso, ils ne peuvent rien contre elle. L’immunité parlementaire est un principe élémentaire maintes fois avalisé par la Cour suprême et plus ancien que la démocratie à proprement parler. Que les libéraux arrêtent de se la jouer dramatique, ils ont uniquement l’air de vouloir faire diversion de l’eau bouillante dans laquelle ils semblent baigner.