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Israël : prélude à une guerre ouverte? juin 1, 2010

Posted by jay2go in Moyen-Orient.
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L’État d’Israël n’a, pour ainsi dire, jamais véritablement connu la paix.

Son indépendance a été proclamée dans la guerre, au terme de saisies de territoires et de déplacements de populations, avec l’aval plus ou moins tacite d’une communauté internationale encore en train de s’auto-flageller pour les horreurs de la Shoah. Par la suite, de guerres de frontières en migrations palestiniennes, les contours du conflit israélo-palestinien qui fait encore rage aujourd’hui commencent à émerger de plus en plus distinctement.

Un État pacifique, Israël? Les circonstances ne l’ont malheureusement pas voulu ainsi.

Entouré de puissances hostiles, Israël a plaidé dès le départ la légitimité de ses actions au nom de son droit d’existence, et de fait, la volonté maintes fois affichée des États arabes avoisinants de l’anéantir ont donné du poids et ajouté une bonne dose de véracité à ses arguments. Si on poussait une telle logique jusqu’au bout, il fallait donc qu’Israël se dote de tous les moyens nécessaires pour assurer sa survie. C’est peut-être pour cela d’ailleurs que l’on a toléré qu’il se dote de l’arme nucléaire au mépris du droit international (Israël n’a jamais ratifié le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires). Je ne sais pas, je suppose.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui, plus de 60 ans après sa naissance, Israël n’est plus la pauvre petite victime qui doit tout mettre en œuvre pour se protéger. Le mythe de David contre Goliath avait peut-être une forte résonnance à l’époque mais aujourd’hui, il ne tient plus la route. David s’est transformé en Goliath mais semble refuser de le constater. Et pour cause : c’est dans cette représentation, cette dichotomie de puissance, qu’Israël a plaidé la justification de ses actes pour la majeure partie de son histoire. Trouver une autre source de légitimation est une tâche qui relève, disons, d’un autre niveau. En effet, une fois que l’on a évacué le mythe de cette menace intrinsèque, comment justifier le siège de Gaza? Comment justifier des actes comme ceux de dimanche dernier? De toute façon, il faudrait une bonne dose de subtilité à Israël pour réorienter sa rhétorique de défense et de toute évidence, on n’en est pas encore rendus là.

Le mythe défensif ne tient donc plus la route. Israël est aujourd’hui la puissance militaire la plus imposante du Moyen-Orient, et écrase de loin ses adversaires les plus près. Même un Iran nucléaire ne saurait en rien faire compétition aux forces militaires conventionnelles dont dispose l’État hébreu, sans oublier la frappe de retour qui accompagnerait nécessairement une attaque nucléaire iranienne (Téhéran serait incapable de détruire toutes les installations nucléaires israéliennes en une seule frappe et s’exposerait donc à une frappe de retour de la part d’Israël probablement beaucoup plus destructrice). La bombe nucléaire, c’est impressionnant, mais sa capacité de destruction est telle que son efficacité réelle demeure non pas dans son emploi en tant que tel mais dans la peur de son utilisation. Si votre adversaire croit que vous l’utiliserez à la première occasion, il sera beaucoup plus docile…

Le plus intéressant dans l’« incident » de dimanche dernier au large des côtes israéliennes, ce sont les répercussions qu’il aura sur toute la région. Le conflit israélo-palestinien est, en effet, LE conflit qui structure la région arabo-musulmane. À peu près tout ce qui s’y passe trouve sa source, à un degré ou à un autre, dans ce conflit.

Comme première répercussion, notons que les relations entre la Turquie et Israël sont au point mort. Déjà que le premier ministre turc n’avait pas aimé la façon dont Israël avait conduit ses opérations lors du conflit contre Gaza en décembre 2009 (il s’était emporté publiquement contre le président israélien au forum de Davos), aujourd’hui il vient d’annoncer le retrait de l’ambassadeur turc à Tel-Aviv. Traduction : il rompt les relations diplomatiques. La Turquie, membre de l’OTAN, était jusqu’à présent l’un des rares alliés d’Israël au sein de la région. Plus maintenant.

Je ne sais pas si le temps donnera raison à Israël ou non mais une chose est sûre : ce dernier est aujourd’hui beaucoup plus isolé sur la scène internationale qu’il ne l’était il y a trois jours. Mais bon, Benyamin Netanyahu peut toujours compter sur le soutien indéfectible… d’Ottawa, cette fois-ci. (Après quatre ans, je ne comprend toujours pas la ligne directrice de la politique étrangère de notre premier ministre Harper. Mais ça, c’est un autre débat…)

Mon analyse

D’une part, le premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahu, est on ne peut plus conscient de la fragilité de la position diplomatique de son pays sur la scène internationale. Les distances qu’a prises l’administration Obama et ses « gestes d’ouverture » envers le monde musulman ont fait prendre conscience au gouvernement en poste à Tel-Aviv de la précarité de leur position diplomatique, laquelle a été exacerbée par les indignations de la communauté internationale lors du conflit à Gaza de décembre 2009.

D’autre part, les dirigeants israéliens s’attendent à une guerre ouverte contre le Liban, la Syrie, voire même l’Iran, dans les prochains mois. Le Hezbollah, qui contrôle toute la partie sud du Liban, est désormais armé jusqu’aux dents (les armes proviendraient de la Russie et de l’Iran). C’est donc toute la frontière nord d’Israël qui vit sous une menace potentielle. La Syrie a récemment (depuis le conflit contre Gaza) intensifié sa rhétorique anti-Israël et la menace de représailles militaires de plus en plus ouvertement. Téhéran, de son côté, a récemment annoncé que dans le cas où le Liban serait attaqué par Israël, il ne resterait pas les bras croisés. Lire : intervention militaire probable. Pour ajouter au tableau, l’Iran serait, selon les experts internationaux, sur le point de finalement acquérir la bombe nucléaire : au plus tôt à l’été, au plus tard l’an prochain. À tort ou à raison (les menaces ne sont tout de même que des mots, et words are cheap comme on dit), Israël craint un Iran nucléaire et se disait même, il y a quelques mois, prête à considérer une action militaire unilatérale préventive pour empêcher Téhéran de devenir une puissance nucléaire.

C’est là, à mon avis, le principal motif de l’action a priori irrationnelle d’Israël de dimanche dernier. Sentant le temps lui manquer et sentant l’appui américain, jadis indéfectible, lui faire de plus en plus défaut, se pourrait-il que le principal motif d’Israël soit de provoquer la communauté arabe dans le but de déclencher la guerre ouverte qu’elle appréhende? À défaut d’une guerre préventive, qui présente les meilleures chances de succès mais qui pourraient isoler davantage Israël sur la scène internationale (puisque ce serait lui l’agresseur), se pourrait-il que le gouvernement israélien tente d’exacerber les tensions dans la région pour conduire, par exemple, le Hezbollah à déclencher les hostilités par soutien envers les Palestiniens? Si l’on se fie aux discours récemment prononcés par les différents protagonistes, une attaque du Hezbollah contre Israël conduirait automatiquement l’Iran à entrer en guerre… seule opportunité pour Israël de frapper militairement Téhéran et ainsi l’empêcher de mettre à terme son projet de se doter de la bombe nucléaire.

Israël est coincé. Le temps joue en faveur de ses ennemis. Peut-être souhaite-t-il simplement accélérer les choses afin de profiter d’une fenêtre d’opportunité? Sachant que la guerre est de toute façon très probable, pourquoi attendre que le Hezbollah augmente encore ses capacités militaires, que le Hamas se réorganise et coordonne peut-être ses activités avec les autres protagonistes (ouvrant ainsi une guerre sur deux fronts, voire trois fronts avec l’entrée en guerre probable de la Syrie) et que l’Iran se dote de la bombe nucléaire? Les choses pourraient alors très mal tourner pour Israël.

Sans l’appui américain, dans une guerre sur trois fronts face à un Iran nucléarisé… si un tel scénario devait se produire, Goliath ferait face à un adversaire de taille.

Le temps nous dira si les actions d’Israël de dimanche dernier étaient brillamment stratégiques… ou incroyablement stupides.

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Chronique électorale avril 29, 2010

Posted by jay2go in Politique canadienne.
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Le dernier sondage EKOS donne cinq points d’avance aux conservateurs (32% contre 27% aux libéraux). Non seulement les libéraux sont-ils de retour à la case départ des intentions de vote mais en plus, ils ont perdu leur avance en Ontario et dans l’Atlantique.

Avec de tels chiffres, je ne serais pas surpris que le gouvernement décide tout bonnement d’aller jouer sa plus récente partie de bras-de-fer avec l’opposition directement devant l’électorat   – là où selon lui réside sa plus grande chance de remporter la joute.

Les deux prochaines semaines s’annoncent intéressantes. Deux semaines, c’est en effet le délai qu’a donné le président du parlement aux deux parties (gouvernement et parlement) pour s’entendre sur la question des dossiers des détenus afghans.

Pour faire une histoire courte, le gouvernement refuse de montrer des documents concernant les détenus afghans à l’opposition, qui elle a passé une motion au parlement pour forcer le gouvernement à les lui montrer.  Bref, une partie de souque-à-la-corde procédural qui endormirait probablement n’importe quel citoyen si ce n’était qu’il est question ici de deux principes fondamentaux à notre système politique : séparation des pouvoirs entre exécutif et législatif et primauté de la souveraineté du parlement sur les prérogatives royales (encore!).

Décidément, le droit constitutionnel est à la mode depuis un peu plus d’un an. Le gouvernement Harper a repoussé nos institutions jusqu’à la limite de leur constitutionnalité et forcé des juristes à dépoussiérer leurs manuels de droit constitutionnel. Voyez à quel point tout part de la constitution. Si on la modernisait un peu, on pourrait éviter beaucoup de problèmes. Mais bon, en droit coutumier britannique, le droit s’écrit chaque jour. Et d’ici à ce que l’on se dote d’une constitution qui s’inscrirait dans la tradition du droit civil français, les crises politiques vont continuer de dégénérer en crises constitutionnelles. Le Canada n’est quand même pas si ennuyant, finalement…

Pour en revenir à la coutume britannique, la campagne électorale en Grande-Bretagne entre dans sa dernière semaine. Si la tendance se maintient, les Britanniques éliront un gouvernement minoritaire dans exactement sept jours. Nos lointains cousins par alliance (si je peux dire ainsi) sont en train de revivre le scénario de 2007 au Québec : deux vieux partis qui s’échangent la balle et qui, n’ayant pas vu venir un troisième joueur, se retrouvent complètement déstabilisés (et menacés) par la montée de cet underdog.

Au début de la campagne, il y a trois semaines, en raison de l’impopularité du gouvernement travailliste de Gordown Brown, le chef des Tories, David Cameron, s’attendait tout bonnement à se faire remettre les clés du 10 Downing Street (le 24 Sussex Drive britannique). Or la montée des Liberal-Democrats de Nick Clegg a réduit son avance. Désormais, les Tories se situent environ à 34%, les Lib Dems à 30% et le Labour Party du premier ministre traîne de la patte avec de 26% à 28% des intentions de vote selon les sondages. Tout peut arriver dorénavant, incluant une victoire du Labour causée par une division des votes anti-gouvernement entre Lib-Dems et Tories. Aucun des trois protagonistes ne peut donc prétendre aujourd’hui avec certitude qu’il sera premier ministre élu le 7 mai au matin.

En soi, ce n’est pas complètement inintéressant mais ce qui devrait retenir l’attention, c’est ce qui pourrait se produire si les travaillistes de Gordon Brown remportaient moins de sièges que les Tories de David Cameron mais que les Lib-Dems de Nick Clegg (qui arriveront fort probablement  en troisième place en termes de sièges remportés à cause du mode de scrutin) décidaient d’accorder leur confiance aux travaillistes… les deux étant de centre-gauche, une telle alliance est plus probable qu’une alliance « contre-nature » entre Lib-Dems et Tories.

Dans un tel cas, je suis curieux de voir qui la Reine nommerait comme premier ministre. Probablement Gordon Brown, si vous voulez mon avis, puisque le principe dominant de notre système est la confiance de la chambre, et non la pluralité des sièges. Or c’est là tout un précédent qui serait ainsi créé par Son Altesse : le premier ministre ne serait pas le chef du parti majoritaire en chambre!

Cela va de soi dans notre système, certes, mais disons que ça clouerait le bec à notre premier ministre à nous, qui était parti en campagne à travers le Canada à l’issue de la crise parlementaire de 2008 pour clamer à quel point il serait inconstitutionnel de nommer comme premier ministre le chef d’un parti ne détenant pas la pluralité des sièges mais davantage susceptible de s’assurer de la confiance de la chambre. Comme rien de tout cela ne s’est produit auparavant, la question reste nébuleuse.

Il est vrai par contre que  la situation en 2008 était particulière, c’est sûr. Et probablement que la réaction aurait été moins virulente si les libéraux n’avaient pas obtenus le PIRE score de leur histoire seulement deux mois auparavant. Disons juste que, comme je le mentionnais, le droit britannique s’écrit chaque jour et en ce sens, si la Reine crée un tel précédent, cela ne peut qu’être bénéfique à la fois à la santé de nos institutions (qui ne gagnent rien à être dotées de mécanismes flous et incertains antérieurs au XVIIIe siècle) et à celle de la population (qui ne gagne rien à se faire abreuver de demis-vérités par un gouvernement en furie).

En attendant une vraie réforme qui ne viendra probablement jamais, je me contenterai de ces petites clarifications à la pièce.

Reform wanted avril 20, 2010

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Un professeur de l’université de Montréal de ma connaissance est en ce moment au Niger, son pays natal, pour participer à la rédaction de la nouvelle constitution nigérienne. C’est exactement ce dont on a besoin ici, en ce moment : une nouvelle constitution!

Le fruit est mûr en ce moment pour rédiger une nouvelle constitution, ou du moins dépoussiérer l’actuelle. Et je ne parle pas ici de la quadrature du cercle constitutionnel (c’est-à-dire réconcilier le Québec avec le Canada et élucider la question de sa place au sein de la fédération). Ce débat-là ne sera jamais réglé et, à dire vrai, il m’ennuie. Non, j’ai en tête des changements beaucoup plus concrets et on ne peut plus nécessaires : il faut limiter les prérogatives du pouvoir exécutif.

Sans vouloir dénigrer le « génie » des Pères de la Confédération, il n’en demeure pas moins que nos institutions datent du XIXe siècle et sont calquées sur celles d’un pays ne possédant au demeurant aucune constitution écrite. Disons qu’à prime abord, c’est un peu fâcheux pour un esprit littéraire et cartésien comme le mien. Les implications de tout ceci ne sont pas qu’ésotériques, bien au contraire. C’est en partie à cause de cet état de fait que si Stephen Harper perdait ses élections demain matin, il pourrait s’accrocher au pouvoir sans que Michaëlle Jean (ou la Cour suprême) ne puisse rien y faire, légalement. Aucune de ces notions de responsabilité ministérielle (si le gouvernement n’a plus la confiance de la chambre, il doit démissionner) ou encore de mode de désignation du premier ministre (le chef du parti ayant faire élire le plus de députés en chambre) ne sont écrites dans la constitution. Ce sont des conventions constitutionnelles, qui sont pourtant fondamentales au bon fonctionnement de notre système. Ce sont elles qui, entre autres, assurent que nos institutions soient démocratiques. Un outsider qui lirait la constitution de 1867 en arriverait rapidement à la conclusion qu’il s’agit d’un pays autoritaire : tout le pouvoir exécutif est dévolu au Gouverneur. Rien à propos des élections (sinon qu’elles sont tenues en secret et s’étendent sur une journée seulement simultanément à travers le pays) ou du mode de scrutin. L’expression premier ministre n’y figure même pas, c’est pour dire! Or les tribunaux ne sanctionnent que le droit écrit, c’est-à-dire la constitution écrite. Aucune sanction n’est prévue (ni possible) pour la violation d’une convention constitutionnelle. En droit constitutionnel, seul le peuple peut punir un gouvernement pour avoir désobéi à une convention (en s’accrochant au pouvoir par exemple).

Rappelons-nous la « Coalition » de décembre 2008. Stephen Harper s’est servi d’une convention constitutionnelle (le Gouverneur général n’a aucun pouvoir discrétionnaire et acquiesce à toute demande du premier ministre) pour contourner une autre convention (le gouvernement doit avoir la confiance de la chambre), lorsqu’il a demandé (exigé) la prorogation de la Chambre, sachant qu’il perdrait un vote de confiance imminent. Or la première convention existe justement pour que la deuxième soit respectée! C’est du détournement de convention, pur et simple. 150 ans plus tard, les rôles se sont inversés. Le Gouverneur est aujourd’hui le chef du parti majoritaire en chambre d’autrefois (la notion de premier ministre n’existait pas encore) : il est là mais de corps seulement. Son autorité est nulle. C’est l’évolution du droit constitutionnel qui a voulu ça… alors qu’en contre-partie, le premier ministre est, comme le Gouverneur autrefois, la seule autorité exécutive et il peut passer outre aux demandes du Parlement comme bon lui semble.

J’exagère? Dans nos démocraties occidentales, le seul contrepoids au pouvoir exécutif est le pouvoir législatif. Regardez ce qui se passe dans les régimes autoritaires : le pouvoir législatif est absent et le régime peut faire ce qu’il veut sans que rien ne se mette en travers de son chemin. Suffit qu’il jouisse du soutien de l’armée et le tour est joué! Or, entre l’absence d’un parlement et le contrôle total de celui-ci par l’exécutif, comme c’est le cas lors des gouvernements majoritaires, il n’y a pas une grande marge! L’opposition peut poser des questions au gouvernement, et ainsi tenir ce dernier responsable devant les électeurs? En théorie seulement. Quand le gouvernement refuse de répondre aux questions (et il n’y a qu’à regarder une période des questions de la Chambre des Communes ou de l’Assemblée nationale pour s’en convaincre), le parlement ne sert plus à grand chose. L’exécutif étant majoritaire, il passe les lois qu’il veut et gouverne comme il l’entend. Un premier ministre majoritaire au Canada, au fédéral comme dans les provinces, a plus de pouvoir que le président des États-Unis!

Force est de constater aujourd’hui que notre système parlementaire britannique évolue doucement vers une forme d’autoritarisme, du moins un autoritarisme institutionnel.  Oui, nous avons des droits et libertés, il existe une stricte séparation entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif et l’administration de la justice est indépendante de la volonté du pouvoir en place. Je suis conscient de tout cela.  Mais je suis également conscient que le pouvoir exécutif est maître et roi en son royaume et ce, tant que les électeurs ne le chassent pas du pouvoir pour le remplacer par un autre gouvernement qui fera exactement la même chose. Que voulez-vous, c’est ainsi que nos institutions fonctionnent. Le gouvernement lève des impôts et dépense les fonds publics comme il l’entend. Bien des rois auraient été jaloux de la portée des prérogatives dont jouit l’exécutif ici! Il y en a même un qui a perdu la tête pour avoir restreint les pouvoirs du parlement!

Avec tout ce qui se passe au Québec en ce moment, je suis dégoûté que la seule occasion que la population ait de sanctionner un gouvernement corrompu ne survienne que dans 4 ans. Ou encore que le gouvernement fédéral méprise aussi ouvertement les institutions du pays, allant jusqu’à refuser de répondre aux questions de l’opposition ou même d’obéir à une requête du parlement. On est loin de la suprématie du principe de la souveraineté parlementaire! Dans la tradition britannique, pourtant, le parlement est supposé être tellement souverain que seul lui-même a le pouvoir de s’empêcher de faire quelque chose. En tant qu’instance ultime et suprême d’autorité, il pouvait autrefois aller jusqu’à juger et emprisonner des individus.

Mais ça, c’était à l’époque où le parlement s’opposait à la volonté royale. Tous ces principes sont aujourd’hui désuets, car ils n’ont pas été conçu pour faire face à la prise de contrôle graduelle du parlement par une autorité exécutive directement issu de ce dernier. Au Canada, le législatif et l’exécutif ne sont pas séparés (principe à la base de la séparation des pouvoirs comme on le voit à l’oeuvre aux États-Unis ou en France), ils sont fusionnés. Si on ajoute à cela une nette tendance à la centralisation des pouvoirs entre les mains du premier ministre qui va croissante au Canada depuis quelques décennies (l’époque Trudeau pour être plus précis), il ne reste plus grand chose en travers du chemin du gouvernement. Si bien qu’aujourd’hui, si Jean Charest était reconnu coupable de corruption, ni le parlement ni le lieutenant-gouverneur n’y pourraient quoi que ce soit. À la population de juger dans… 4 ans!

On a besoin d’une nouvelle constitution. Ce n’est plus le Gouverneur qu’il faut encadrer dorénavant, c’est le tout-puissant cabinet! C’est à lui que dorénavant revient de facto la Couronne…

Ça pue chez les rouges février 12, 2010

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Je n’aime pas les odeurs qui se dégagent du gouvernement Charest. D’abord le refus obstiné du gouvernement de faire la lumière dans le dossier de la construction, ensuite l’affaire Whissell, puis Jean D’Amours et maintenant les places en garderie…

Suis-je le seul à trouver que le gouvernement est un sale repère de petits carriéristes corrompus et arrivistes? Suis-je le seul à regretter que les libéraux aient été reportés au pouvoir, et à regretter a fortiori qu’ils l’aient été avec un gouvernement majoritaire?

Depuis qu’il est de retour avec ses deux mains sur le volant, Papa Charest joue les condescendants et enfreint systématiquemnt les règles éthiques les plus élémentaires (Whissell, D’Amour). Mais surtout, c’est son refus obstiné de cacher des documents (les places en garderie) ou des faits (sur l’industrie de la construction vs le financement des partis et l’attribution des contrats) qui me dégoûte.

Plus le temps passe, plus les dossiers louches s’accumulent et plus je trouve qu’ils ont quelque chose à cacher. Mais ce que je reproche par-dessus tout à Jean Charest, c’est de me rendre cynique. J’ai toujours eu foi en la chose politique, je n’ai jamais été persuadé outre mesure que les politiciens étaient tous croches… mais depuis un an, c’est autre chose. Regardez les décisions qui ne se prendront jamais, les dossiers qui ne seront jamais éclairés, toutes les histoires qu’on nous cache en refusant de rendre publics certains détails…

Jean Charest m’a volé ma naïveté politique.

Et ça, je ne lui pardonnerai jamais.

Ukraine : la révolution orange morte et enterrée, Moscou prend sa revanche. février 8, 2010

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Hier, 7 février 2010, Viktor Yanukovitch a été élu président de l’Ukraine avec 49% des voix, 3% de plus que sa rivale Yulia Tmoshenko. Le président sortant, Viktor Yushenko, vainqueur de la révolution orange qui a secoué l’Ukraine en 2004, s’en est tiré avec… 6% des voix!

Petit rappel aux lecteurs moins familiers avec l’Ukraine : en 2004, V. Yanukovitch remporte l’élection présidentielle. Or il est démontré que l’élection a été frauduleuse, aussi des partisans de V. Yushenko envahissent les rues de Kiev, arborant la couleur orange, et siègent devant le parlement ukrainien (d’où le surnom de « révolution orange »). Après quelques jours, Yanukovtich abdique, un nouveau scrutin prend place (sans fraude cette fois) et c’est V. Yushenko qui est finalement élu vainqueur. Timoshenko était du côté des révolutionnaires « orange » et faisait partie de la coalition présidentielle jusqu’à la guerre d’Août. En août 2008, devant la position anti-russe et pro-géorgienne du président, Mme Timoshenko quitte la coalition au pouvoir mais une nouvelle coalition est aussitôt formée, avec Mme Timoshenko mais sans le parti présidentiel, ce qui reporte à 2012 la tenue de nouvelles élections législatives et renforce la position de Timoshenko au sein du parlement, devant un président affaibli.

La page semble donc bel et bien tournée sur la révolution orange. Ceci est d’autant plus vrai que Yushenko, qui prônait une ouverture envers l’Occident au détriment des relations russo-ukrainiennes, a été éliminé au premier tour, le 30 janvier dernier, au profit de deux candidats pro-russes.

Yulia Timoshenko reste néanmoins en bonne position. Elle reste toujours première ministre du pays, et elle est à la tête d’une solide coalition parlementaire. La Verkhovna Rada, le parlement ukrainien, ne sera dissoute, en principe, qu’en 2012.

Toutefois, l’article 106 de la constitution ukrainienne prévoit la possibilité pour le président de remplacer le premier ministre, pouvoir dont pourrait se prévaloir le nouveau président fraîchement élu. Cependant, avec 46% des voix, Timoshenko est en bonne position pour négocier son poste de première ministre. En d’autres termes, elle pourrait proposer à Yanukovitch de la laisser à son poste, en échange de quoi elle pourrait demander à sa coalition parlementaire de faire preuve de « souplesse » avec les politiques du président. En effet, comme je le disais, Timoshenko est à la tête d’une solide coalition parlementaire. Si Yanukovitch décidait de la remplacer, il est loin d’être certain qu’il pourrait s’assurer d’une majorité des voix au parlement, auquel cas son gouvernement serait renversé. Yanukovitch ferait donc mieux de rechercher le soutien de Timoshenko.

Une autre solution s’offre au président. Celui-ci pourrait en effet se prévaloir de l’article 77 de la constitution, qui permet au président de déclencher des élections législatives spéciales. Or Yanukovitch est loin d’être assuré d’une victoire parlementaire, malgré ses 49% reçus de l’électorat. En effet, le Parti des Régions, parti de M. Yanukovitch, est principalement populaire dans l’est de l’Ukraine, région traditionnellement très proche de la Russie (M. Yanukovitch est le plus pro-russe des deux candidats, Mme Timoshenko n’ayant changé son fusil d’épaule qu’avec la guerre d’Août entre la Géorgie et la Russie et souhaitant malgré tout le maintien de bonnes relations avec l’Occident). Ceci passe toujours pour l’élection présidentielle, conduite au suffrage universel, mais en ce qui concerne les élections législatives, il est loin d’être assuré d’une majorité des 450 sièges de la Verkhovna Rada. D’où son intérêt à faire appel à Mme Timosehnko.

La page a beau être tournée sur la révolution orange en Ukraine, il n’en demeure pas moins que le pays se trouve aujourd’hui, malgré tout, dans une impasse, tout comme ce fut le cas durant la majeure partie du mandat de M. Yushenko, lequel fut caractérisé par un haut niveau de corruption et d’instabiité politique, et ponctué d’interruptions dans les livraisons de gaz russes, causées par des retards de paiement fréquents. Bref, on peut trouver dans le mandat de Viktor Yushenko les causes de l’élection de M. Yanukovtich, ainsi que celles de la soif de changement du peuple ukrainien, désillusionné par les promesses de la révolution orange et qui souhaite aujourd’hui écrire une nouvelle page d’histoire. Et tant pis si cette nouvelle page d’histoire passe par un réchauffement des relations avec la Russie*.

* Une majorité des électeurs ukrainiens, située dans l’ouest du pays, reste néanmoins hostile à la Russie et plus encline à un rapprochement avec l’Occident.

La fin de la démocratie canadienne? janvier 7, 2010

Posted by jay2go in Politique canadienne.
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On peut décrier  ce qui semble un geste hautement disgracieux de la part d’un gouvernement  dans l’eau chaude soucieux d’échapper aux enquêtes des partis d’opposition dans le cadre de l’«affaire » des détenus afghans, mais il n’en demeure pas moins que le geste lui-même, soit de proroger le parlement, est un geste totalement légal et constitutionnel.

La question à se poser est plutôt celle-ci : peut-on en vouloir au gouvernement de refuser de  se plier au cirque des comités d’enquête parlementaires? Il est facile de s’indigner de la fuite en avant des conservateurs, mais à voir le « travail » accompli par les députés d’opposition lors de la commission Oliphant, où le but n’était pas tant d’enquêter que d’embarrasser le gouvernement, il fallait s’attendre au moins un peu au refus du gouvernement de répéter cet exercice stérile. Après tout, c’était aux députés d’opposition de montrer qu’ils étaient capables de prendre au sérieux un tel exercice et, surtout, de le sortir du cadre strictement partisan dans lequel les honorables membres du Parlement baignent constamment. Or, ils ont échoué sur toute la ligne.

Aujourd’hui, certains hurlent à l’abus de pouvoir comme d’autres hurlent au loup (et franchement, le résultat est le même). Abus de pouvoir? Allons donc! Proroger le parlement est une prérogative royale garantie par la constitution et qui, selon les us et coutumes, revient de fait au cabinet. C’est sûr qu’il doit être décevant, pour tous ceux qui souhaitaient voir le gouvernement s’empêtrer dans ce dossier et se noyer dans la controverse entourant le transfert des détenus afghans, de voir les conservateurs s’en tirer aussi facilement. C’est vrai, après tout, qu’il aurait été beaucoup plus noble et vital pour la démocratie canadienne de voir les députés en scène dans un « freak show » destiné à couler le gouvernement. Si un tel souhait est légitime chez la part des opposants aux conservateurs, il est toutefois plutôt médiocre et hypocrite de voir ces mêmes personnes se cacher derrière un faux plaidoyer en faveur de la démocratie pour justifier leur prise de position. Et comme si ce n’était pas assez, ces bien-pensants osent s’ériger en élites auto-proclamées et condamnent l’indifférence du bon peuple devant cet état de fait en adoptant un ton paternaliste à outrance. S’il faut en croire ces militants anti-Conservateurs, si la population refuse d’acheter leur discours alarmiste, c’est simplement parce qu’elle n’est pas éduquée et qu’elle accorde plus d’importance à Occupation Double qu’à la politique! Voilà qui ne manque pas de toupet.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici : une frustration de voir le gouvernement conservateur de Stephen Harper refuser de se prêter à un cirque parlementaire. Rien à cirer, pour ces bonzes de la démocratie, que le parlement n’est aujourd’hui qu’une institution bancale à la merci de la partisanerie des partis politiques, non. Le problème de la démocratie canadienne est évidemment du côté conservateur, pas des partis politiques en général. Et quand le gouvernement exerce sa prérogative de demander la prorogation du parlement, on nous parle de « conventions » qui voudraient que… que quoi, exactement? Que le premier ministre ne demande la prorogation du parlement que quand ça fait l’affaire de l’opposition? Oubliez les conventions en ce qui concerne la prorogation, il n’y en a pas. Ce n’est qu’un argument des opposants au gouvernement qui ne savent plus quoi invoquer pour nous persuader qu’un gouvernement qui agit en toute légalité et en toute constitutionnalité est, dans le fond, en train de faire exactement l’inverse. Et après on s’étonnera du cynisme de la population!

Nos « chiens de garde » de la démocratie devraient s’employer à proposer des réformes au système politique (le véritable responsable d’une si grande concentration des pouvoirs au cabinet du premier ministre) plutôt que de gaspiller tant d’énergie à essayer d’orienter l’opinion publique et de tenter d’imputer la responsabilité d’un tel état de fait à l’indifférence générale de la population, qui refuse de gober leurs prises de position alarmistes. Mais il est vrai qu’il est plus facile de hurler au loup, surtout quand on se retrouve privés d’un « freak show » qui pourrait avoir pour résultat de faire mal au gouvernemet auquel on est hostiles. Je comprends votre frustration, chers démocrates en puissance, mais de grâce, arrêtez de nous prendre pour des valises et avouez le caractère purement anti-Conservateurs de vos opinions. Cessez de vous targuer de défendre la démocratie et admettez plutôt que tout ce que vous défendez, ce sont les intérêts des opposants au gouvernement en place. Rien de plus, rien de moins. Assumez et cessez votre hypocrisie.

Ce blog fait relâche décembre 8, 2009

Posted by jay2go in Uncategorized.
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Vive les travaux écrits!Décembre est arrivé et pour tout étudiant, qui dit décembre dit travaux de session à remettre et examens finaux à préparer.

Depuis deux semaines déjà je n’ai pu accorder autant de temps à l’écriture de ce blog que je l’aurais souhaité, d’autant plus que toute mon attention et mon inspiration sont monopolisées par lesdits travaux à remettre. Ajoutons à cela le fait que la scène politique, à Québec comme à Ottawa, s’est assoupie le temps de l’ajournement des travaux parlementaires. Autrement dit, la saison politique est morte.

Je devrais être de retour en janvier avec un peu plus de temps à consacrer à Realpolitik. D’ici là, s’il j’ai une inspiration soudaine pour un billet, je le posterai, le but ici n’étant que d’aviser les lecteurs de ce blog que je ne serai plus très assidû pour les quelques semaines à venir.

Joyeuses Fêtes à tous et n’hésitez surtout pas à revenir!

Le fantôme de Stéphane Dion novembre 14, 2009

Posted by jay2go in Politique canadienne.
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Le vent souffle en faveur des conservateurs! Les partielles de lundi dernier ont débouchés sur la victoire inattendue du candidat conservateur dans Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup (MIKRDL).

Ce qui était un peu plus attendu, par contre, c’était la piètre performance du parti libéral du Canada.

En moyenne, le PLC a obtenu 14% des suffrages pour les quatre circonscriptions disputées lundi dernier. Pas de quoi fêter. Ça ne vous rappelle pas septembre 2007, lorsque Stéphane Dion s’était carrément planté aux partielles, perdant notamment la circonscription d’Outremont? Rien d’aussi dramatique ici la semaine dernière, non, mais quand même, le fantôme de Dion ne rôde pas très loin…

Les troupes libérales ont décapité leur chef en décembre dernier. «Tasse-toi Stéphane, tu n’es plus l’homme de la situation ». Force est de constater que son successeur ne l’est pas plus. Alors que sous Dion le PLC stagnait dans la mi-vingtaine en termes d’intentions de vote, aujourd’hui son plafond n’est plus 25% mais bien… 30%. Ça va prendre plus que ça pour détrôner les conservateurs.

Question : la prochaine fois que Michael Ignatieff devra trancher à savoir s’il défait, oui ou non, le gouvernement,  le verra-t-on achever sa complète dionisation? S’écrasera-t-il pour laisser le gouvernement sauf, ou bien précipitera-t-il le pays dans une campagne dont personne ne veut (pour faire changement!) et dont les sondages prédisent à son parti au mieux une défaite, au pire une raclée?

Parce qu’avec 28% des intentions de vote et un peu de chance, le PLC obtiendrait, dans le meilleur des cas, eviron 90 sièges. Ce n’est pas aussi mauvais que les 77 obtenus sous Dion mais tout de même, nous sommes loin du messie tant attendu, du Sauveur avec un grand S, d’un Pierre Trudeau seconde mouture qui mènerait le parti au pouvoir et l’y garderait pour 15 ans…

Même Frank McKenna, ancien premier ministre libéral du Nouveau-Brunswick, a dit auc médias cette semaine que personnellement, il ne voyait pas comment les libéraux, dans les circonstances actuelles, pourraient être reportés au pouvoir. Du moins pas dans un avenir rapproché. Quant à Peter Donolo et tous les changements au BCO (Bureau du Chef de l’Opposition), je doute que cela change beaucoup de choses.

Quant au dernier sondage en lice : 18% des Canadiens le voient comme premier ministre, contre 35% pour Stephen Harper. Ou si vous préférez : 29% des intentions de vote pour les libéraux contre 38% pour les conservateurs. Les appuis aux conservateurs s’érodent tout doucement (finis les sommets de 40% des dernières semaines) mais malgré tout, les libéraux glissent ou stagnent, selon la semaine.

Mais sait-on jamais. Les conservateurs nous ont prouvé qu’ils sont passés maîtres dans l’art de se nuire à eux-mêmes. Suffit d’une seule et grosse gaffe pour que tout puisse basculer.

Parlant des conservateurs, on dirait que le froid entre eux et les libéraux de Jean Charest est en voie de se résorber. Jean Charest a mis la «Big Red Machine» libérale provinciale au service du candidat conservateur dans MIKRDL et j’ai l’impression qu’elle pourrait à nouveau être mise à profit, lors du prochain scrutin fédéral, disons, le printemps prochain.

Gérald «12%» Tremblay novembre 4, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Gérald Tremblay a été réélu dimanche dernier, en dépit de tous les scandales qui se sont abattus sur l’Hôtel de Ville et de l’écoeurement palpable des Montréalais envers les pratiques de son administration. Pourquoi?

L’explication est malheureusement aussi simple qu’elle est désolante et tient à deux facteurs : Harel et Labonté.

Premièrement, l’effet Harel. En tant qu’ex-ministre péquiste responsable des fusions, ouvertement souverainiste (cela va de soi considérant son passé de ministre péquiste) et unilingue francophone, environ la moitié des Montréalais lui était hostile. Disons qu’elle partait avec un énorme handicap, qu’elle aurait peut-être pu surmonter avec le vote francophone.

Or c’est là qu’entre en ligne de compte le facteur Labonté. Les électeurs ont voté à 25% en faveur de Richard Bergeron, pourquoi? Pour faire le ménage. Parce qu’après l’histoire de Benoît Labonté, soudainement, Louise Harel n’est plus apparue en mesure de réparer l’éthique brisée à l’Hôtel de Ville. Parce que les gens que ces odeurs de corruption insultaient le plus ne se sont pas sentis convaincus par Louise Harel, d’où leur appui à Bergeron.

The rest is history comme disent les anglais : le maire sortant s’est faufilé entre deux candidats d’opposition. Une opposition forte dans sa division, dans sa faiblesse, si l’on veut.

Ce n’est pas compliqué, n’est-ce pas? Ce résultat, on aurait pu le prédire dès que l’on s’est aperçu que la course à deux se transformait en course à trois, à une semaine et demie du scrutin.

Ceci étant dit, le maire a été élu avec 37% des suffrages. Sur un taux de participation de 32%. Comme le dit mon confrère blogueur Gros BS, 37% de 32%, ça fait un maire de bien peu de monde. 11,84% en réalité. Il aura donc fallu 12% de la population pour réélire un maire corrompu et sans colonne vertébrale.

Franchement désolant.

Bonne chance, M. Tremblay!

P.S.: Vincent Marissal nous apprenait ce matin que la «grande famille souverainiste» est divisée et en veut à Madame Harel de s’être présentée en dépit de ses faiblesses, d’avoir mal performée, etc. Personnellement : bull shit! Prenez Diane Lemieux, qui s’est rangée du côté de M. Tremblay («Gérald Tremblay is my man!» disait-elle). Ce n’est pas la faute de Mme Harel si la famille est divisée. Diane Lemieux, entre autres, et tous les autres péquistes qui ont travaillé pour MM. Tremblay et Bergeron, sont tous maîtres de leurs propres décisions. À moins d’en vouloir tout simplement à Mme Harel de s’être carrément présentée. Et ça, c’est douteux comme motif de réprimande.

Ah, ces péquistes! Ils sont vraiment dans leur bulle.

L’échec de Gilles Taillon octobre 29, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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La fenêtre d’opportunité dont dispose un chef récemment élu pour faire en sorte de prévenir les divisions internes au sein de son parti n’est pas énormément longue. Hier, Gilles Taillon a fermé la porte… en prenant bien soin de laisser Éric Caire à l’extérieur.

Je me questionne sur le jugement de M. Taillon. Après tout, il n’a pas été élu avec 1 000 voix de majorité mais bien une seule… si le canular d’Omar Bongo est vrai. Sans compter que c’était M. Caire qui a rallié le plus d’appuis au « premier tour », c’est-à-dire qui était le plus populaire des premiers choix des militants qui ont voté. Alors quand je vois M. Taillon refuser de nommer M. Caire au poste de chef parlementaire et invoqué comme raison qu’il est « le seul à avoir été élu avec une majorité », bizarrement, j’ai envie de lui passer un petit coup de fil… histoire de lui remettre les pendules à l’heure.

M. Taillon aurait pu choisir de limiter les possibilités de dissensions internes. Il ne l’a pas fait : il a préféré laisser Éric Caire dans l’ombre. Il aurait pu tenter de reconstruire l’ADQ, et par ADQ j’entends le parti qui représente la droite au Québec. Il ne l’a pas fait : il préfère se rapprocher davantage du centre que de la droite.

Je n’ai jamais cru qu’il soit bon pour l’ADQ que des militants insatisfaits de l’élection de M. Taillon ne fassent défection. Mais à voir l’insouciance avec laquelle M. Taillon agit, je me sens de plus en plus repoussé par ce parti.

Alors quand j’entends une rumeur voulant que peut-être des partisans d’Éric Caire et de Christian Lévesque voudraient créer un nouveau parti, je tends l’oreille. Ne serait-ce que pour fantasmer un peu avant de me rallier inévitablement au seul mouvement de droite pouvant faire opposition au modèle québécois promu par nos deux vieux partis. Et quand je regarde ce qui se passe du côté de l’Alberta avec la Wildrose Alliance, j’ai envie de pleurer. Et d’émigrer en Alberta…

Éric Caire, chef du parti de l’Alliance de la Rose Sauvage? Pourquoi pas rêver.  Entre ça et le Parti taillonniste du Québec… le choix n’est pas compliqué.