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La crise financière mondiale

Le pourquoi des perturbations actuelles

Conférence d’Éric Desrosiers, journaliste spécialiste des questions économiques au journal Le Devoir, à l’Université de Montréal le 8 octobre 2008.

La crise financière actuelle, qui rentre dans son 14ème mois, à pris son origine dans une crise du marché immobilier américain qui a contaminé le marche financier des USA avant de se propager au secteur financier mondial (et commencer à toucher l’économie réelle).

Les sources de la crise

La crise financière asiatique de 1998 marque l’échec de l’interventionnisme dans le secteur monétaire et achève de convertir les derniers réticents aux bienfaits du laissez-faire. À la fin des années 1990, sous l’administration Clinton, on assiste à une déréglementation qui laisse encore plus de place au laissez-faire, à une « hyper-mondialisation » des secteurs financiers (apparition de nouvelles technologies, libéralisation des règles, modèle du laissez-faire). En 2000, on assiste à l’éclatement de la bulle technologique. Celle-ci, combinée avec les effets du 11 septembre 2001, entraîne une chute boursière : l’économie américaine est en récession. Afin de faire repartir la croissance économique, la Fed (réserve fédérale, équivalent de la banque centrale canadienne) abaisse son taux directeur pour favoriser le crédit.

Les résultats ont l’effet escomptés et amorcent une bulle immobilière : il revient moins cher aux banques d’emprunter à la Fed, elles vendent des crédits pour quasiment rien, les gens s’endettent et achètent massivement entre autres des logements. Les prix montent jusqu’à ce que la valeur d’échange devienne totalement déconnectée de la réalité  et les spéculateurs ne font rien pour arranger la situation en continuant à acheter et revendre avec la seule perspective d’engendrer des profits par la montée des prix.

Dans ces conditions les logements prennent énormément de valeur et les gens prenant des prêts hypothécaires (la somme emprunté est au prorata de la valeur du domicile) peuvent soudainement emprunter bien plus. Des gens au logement modeste peuvent soudain emprunter des sommes nettement supérieures à la valeur réelle de leur domicile. Ce sont des prêts à risques, appelés aussi subprimes.

Le bât blesse lorsque ces subprimes, crédit à risques donc, sont intégrés dans les PCAA (papiers commerciaux adossés aux actifs), c’est-à-dire les actifs des banques reposant sur les prêts qualifiés de sûr (style carte de crédit), titrés sur les marchés boursiers et très populaires de par leur garantie de sûreté et leur rendement. Les banques s’échangent des PCAA, les particuliers en acquièrent… ils sont partout.

Conjoncture économique oblige, les taux directeurs finissent par se resserrer (ceux de la Fed passent de 1% en 2004 à 5,25% en 2005). Les remboursements de crédits deviennent alors de plus en plus dispendieux. Les premiers à craquer sont les plus pauvres, ceux qui avaient contractés des prêts « à risque ». C’est ainsi que les taux de défections des subprimes crèvent le plafond et que leur marché s’écroule.

Problème : les banques américaines ont infiltrées des subprimes dans un grand nombre de leurs actifs, mais refusent de révéler la proportion exacte, en minimisant les PCAA contaminées. Elles arrêtent d’en vendre, les investisseurs perdent confiance en les PCAA : le marché s’effondre et le crédit s’en trouve gelé.

Or, de par les nouvelles lois pour une plus grande libéralisation du secteur bancaire, les banques remettent régulièrement des bilans à leur actionnaire où les actifs sont évalués à la valeur des marchés. Dans le cas qui nous intéresse : plus de marché, donc… plus de valeur. Les PCAA perdent donc toute valeur. Autre loi, les banques sont tenues de posséder un certain pourcentage de leur capital en actifs dit « sûrs ». Les PCAA ayant été déclassés au rang d’actifs « à hauts risques », il leur faut désormais trouver d’autres sources d’actifs fiables. C’est ainsi que se pose rapidement la question de la valeur des actifs des institutions financières et donc in fine la valeur de l’institution elle-même. Les subprimes apparaissent comme les maillons faibles d’une chaîne qui l’est encore plus…

En effet, le fonctionnement du secteur bancaire repose d’abord sur la confiance des acteurs. Lorsque celle-ci se perd, les rats quittent le navire. Les spéculateurs revendent massivement. Les premières institutions touchées sont celles qui sont le plus exposé au crédit, c’est-à-dire les banques d’affaires. Mais de part l’interdépendance de tous les agents bancaires ce sont bientôt les banques d’assurances puis les banques commerciales (celles ayant pignon sur rue et donc la capacité à influer sur l’économie réelle) qui sont touchées. La correspondance avec une mauvaise passe économique (le dégonflement de la crise immobilière avec les prix baissant) fait planter une à une toutes les économies, couplées les unes aux autres.

Les caractères actuels du secteur financier ont favorisé la propagation de la crise :

Les réactions des différents acteurs

Bien que chaque économie mette sur pied ses propres plans la gestion de la crise est sous le signe des actions concertées. Toutes les politiques vont dans le même sens d’une part, et d’autre part les réactions sont rapides.

Les réserves fédérales ou banques centrales adoptent l’assouplissement des politiques monétaires. Les taux directeurs baissent à nouveau, afin de réinjecter en masse des liquidités sur les marchés dont la pénurie peut handicaper l’économie réelle. En effet, plus de liquidités signifie peu de masse monétaire en circulation, peu d’échanges, peu de consommation,… il est ainsi essentiel de mettre « de l’huile dans l’engrenage » afin de faire repartir le moteur de plus belle.

Les instances de régulation remettent à plat les règles du jeu boursier dans l’optique de les resserrer : il n’est plus question de spéculer avec de l’argent que l’on n’a pas, notamment.

Les règles de comptabilité sont repensées ensuite pour le stock, la constitution et le mode d’évaluation des actifs des banques. Cependant, il est difficile de tirer un trait sur toutes les mesures précédentes de libéralisation qui ont tout de même permis des gains considérables dans l’allocation efficace des ressources et s’étaient basés sur la même volonté de transparence des comptes (d’où l’idée de comptes basés sur la valeur du marché des actifs).

Les gouvernements, quelque soit leur allégeance, prennent des mesures de sauvetage de banques et d’entreprises à la pièce d’abord (nationalisation) puis de manière massive ensuite. C’est ainsi que le fameux plan Paulson de 700 G$ a été monté. Il s’agit d’acheter les actifs (pourris) des banques en masse afin de leur redonner une meilleure marge de manœuvre (investir et prêter de nouveau), avec la finalité de réinjecter des liquidités dans l’économie mais surtout d’envoyer un message de confiance. Le gouvernement se fait actionnaire de ces banques et l’Etat compte se repayer en les revendant avec profit à la sortie de la crise. Les opposants à cette solution invoquent l’idée selon laquelle les marchés n’ont pas assez payés pour leur erreur et arguent aussi que le plan est un peu « comme l’injection de sang à quelqu’un souffrant de grave hémorragie » (J. Stiglitz) : si la confiance ne revient pas les actifs de la banque peuvent de nouveau perdre de la valeur et les sommes réinjectés redisparaître.

Le gouvernement américain a aussi baissé ses impôts pour plus de 145 G$.

Les acteurs d’investissement traditionnels se hasardent parfois à intervenir : acheter en masse alors que le marché financier a perdu entre 30 et 40% de sa valeur boursière est gage de potentiels gros bénéfices futurs. Cette stratégie de refinancement par des fonds privés et souverains possédant les liquidités nécessaires à cependant une limite : les gouvernements nationaux sont toujours très sensibles lors d’achat massifs d’entreprises du territoire par des fonds étrangers. Les spéculateurs et hedge funds ont accélérés la crise par leur stratégie d’investissement qui a surtout consisté à faire plonger les institutions fragilisées par des ventes massives d’actions.

Conclusion : le Canada et la crise

A la différence des USA où le secteur financier était d’une part largement infiltré par des PCAA « toxiques » et le tissu bancaire très dense (le secteur comprend plus de 8 000 institutions), le Canada n’a que 5% de subprimes dans ses PCAA (dont le montant s’élève en tout à 120 G$ , et dont 90 G$ sont garantis par les banques. Sur le 30 G$ restant, 12 G$ sont détenus par un seul acteur : la Caisse de dépôt et de placement du Québec, le plus grand réservoir d’actifs canadien) et le secteur est tenu par quelques institutions seulement, capable de surcroît de s’entendre sur le fait de ne plus se vendre les PCAA mais leur conserver une valeur. Ensuite, les conditions de prêt étant nettement plus relevées il y a peu de crédit à risque ou de prêt hypothécaire dépassant la valeur réelle du logement. La crise n’affecte pas directement le Canada.

Cependant, de par le couplage de toutes les économies, une récession aux USA entraînera de nombreuses sur l’économie canadienne, pour qui 70% des exportations sont à destination des Etats Unis. En effet, la Demande intérieure canadienne va diminuer, ce qui va entraîner une baisse de sa production et une pression à la hausse sur les prix.

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Commentaires»

1. Pierre Normandeau - mars 18, 2011

Ne compliquons pas l’Économie…Des Milliards échappent à nos Gouvernements et Politiciens qui ignorent volontairement la Vrai Cause du Problèmes Économiques car ils profitent des Paradis Fiscaux eux-même grâce aux Fiducies Familiales et aux Jeux comptables…mais le Plus Important c’est que: Les Banques ont toutes des Succursales et des Trust,des Fortunes Secrètes Hors Taxes dans les Paradis Fiscaux…ainsi que la Plupart des Corporations Pharmaceutiques, Pétrolières, Minières, Forestières, Nucléaires,Métallurgiques ,Médiatiques, Bancaires et Financières . toutes ces Corporations utilisent « légalement les Paradis Fiscaux » pour éviter le plus Gros des Taxes et Impôts du Québec et du Canada par des Jeux Comptables…mais ce sont ces Corporations qui profitent le plus de nos Ressources Naturelles(gratis) ,des subventions, des reports/ baisses d’impôt, qui Polluent le Plus notre Environnent, et qui corrompent nos Hauts Fonctionnaires ,eux qui décident des Règlements et de leurs applications…pour éviter des amendes/Contraventions…C’est Ça le Bien Commun ?
Voici 4 Revendications Nécessaires à Exiger de nos Politiciens pour éviter la Révolte Populaire, la faillite et l’autodestruction..

1) Les sociétés multinationales qui ont contrôlé les gouvernements doivent être légalement limitées, leurs tactiques de lobbyisme terminées et les échappatoires fiscales bouclées.

2) Une Juste Base de Taxation simplifiée pour les individus et les entreprises devra être instituée, ainsi que la fourniture de logements/studios pour les sans-abri…

3) Le contrôle des Médias doit cesser, de même que le secteur des Drogues Dures, ainsi que tous les types de Pollution et de Destruction de l’Environnement et des Ressources Naturelles de notre Biosphère.

Selon moi cette Crise Prévisible Artificielle en prépare une autre…Qu’ont fait les Banques avec les 700 Milliards d’Obama et des 200 Milliards de Harper sans conditions…elles ont Spéculé sur le Marché/Prix des commodités et du Pétrole…Ha..ha..ha..Génial NON?


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