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Équipe Coderre, ou Ré-Union Montréal… août 20, 2013

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En tant qu’observateur de la scène politique montréalaise, j’éprouve un profond malaise devant la fameuse Équipe Coderre. Pourquoi ai-je l’impression que tous les anciens d’Union Montréal ont sauté dans le premier train qui les reconduirait vraisemblablement (à en croire les sondages des derniers mois) au pouvoir?

Je ne suis pas fan de Denis Coderre, je l’avoue. Je n’ai jamais été de ceux qui voyaient en lui le nouveau Messie. Néanmoins, on peut objectivement se demander à quoi donc joue ce dernier. Coderre a beau provenir de la scène fédérale et n’avoir jamais œuvré sur la scène municipale, il ne peut pas ignorer que les Montréalais en ont soupé d’Union Montréal et de toutes ses magouilles. Or pour un prétendant au trône qui se veut propre, il a une drôle de façon de montrer aux Montréalais que sous son règne, les choses se feraient différemment de l’époque Tremblay.

On peut ne pas apprécier l’idée d’un exécutif collégial formé d’une coalition de différents partis politiques pour administrer la Ville, mais appelons tout de même les choses par leur nom : malgré les démentis officiels, l’informelle « Équipe Coderre » constitue bel et bien dans les faits un parti politique. Un parti qui ne dit pas son nom, certes, mais un parti tout de même.

Un parti politique, qui plus est, formé en majorité des anciens d’Union Montréal. Il fallait entendre Alan DeSousa à la télévision cette semaine affirmer son adhésion aux « valeurs » de l’équipe Coderre pour justifier son allégeance à la formation politique. Allons! Depuis quand la soif de pouvoir constitue-t-elle une valeur? La seule valeur qui anime M. DeSousa est sa propre réélection, qu’il aura sans doute jugée plus probable que s’il s’accrochait à l’étiquette ternie d’Union Montréal. Son arrondissement n’a-t-il pas d’ailleurs fait l’objet de perquisitions en février dernier?  Les Montréalais méritent mieux qu’une administration composée des restes de magouilleurs professionnels et avides de pouvoir, déguisée en un preux chevalier blanc répondant au nom de Denis Coderre.

Tant qu’à y aller avec aussi peu de subtilité, ce dernier aurait tout simplement pu appeler son parti « Ré-Union Montréal ». L’effet aurait été le même, et cela nous aurait au moins évité l’illusion d’un renouveau en politique municipale, advenant son élection.

Une mesure tout à fait logique août 20, 2013

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L’idée de faire payer la population pour les nouveaux actes médicaux que pourront bientôt accomplir les pharmaciens n’est pas une mauvaise idée en soi. Au contraire, elle s’inscrit dans la lignée des recommandations du rapport Castonguay, malheureusement tabletté par le précédent gouvernement libéral.

L’objectif du rapport – qui sous-tend par le fait même toute la philosophie de la privatisation partielle des soins de santé – consiste à « assurer la pérennité du système et à protéger son caractère universel, tout en ramenant la croissance des dépenses publiques à un niveau soutenable »*. L’idée est simple : on fait payer ceux qui ont la volonté et surtout les moyens de le faire et pour tous les autres, il restera toujours le système de santé gratuit et universel.

C’est la même chose ici avec les nouveaux actes médicaux que pourront poser les pharmaciens dans le cadre de leurs fonctions. Si j’ai une infection urinaire et que je ne souhaite pas, pour toutes sortes de raison, me taper douze heures d’attente à l’urgence, je sors mon portefeuille et règle la note au pharmacien (et pour une condition de ce genre, je serai classé au minimum P4 par l’infirmière au triage, ce qui me condamne à coup sûr à au moins une dizaine, voire une douzaine d’heures d’attente lors d’une journée d’achalandage normal dans un hôpital de Montréal).

C’est avantageux pour le patient, s’il estime que 30$ valent amplement une douzaine d’heures d’attente, et c’est avantageux pour l’ensemble de la société puisque cela fait une personne de moins aux urgences. Si, dans une journée, dix personnes se tournent vers leur pharmacien pour qu’il accomplisse l’un des sept actes médicaux normalement exécutés par un médecin, cela fait tout de même dix patients de moins aux urgences et monsieur et madame tout-le-monde, qui lui n’a pas le choix de se trouver à l’urgence, sera peut-être vu dans un délai de sept ou huit heures, au lieu de douze. C’est déjà ça!

Ce faisant, mission accomplie : on a désengorgé le système universel de soins de santé sans porter préjudice à qui que ce soit, tout en laissant le choix au patient de débourser ou non de sa poche les frais requis – d’autant plus qu’on ne parle pas de frais exorbitants. (Personnellement, je crois que 30$ pour me faire prescrire un antibiotique contre une infection mineure vaut amplement le temps d’attente que je sauverai en n’allant pas à l’urgence.)

Cette démarche est d’autant plus louable qu’elle ne refile pas la facture à l’ensemble des contribuables comme dans le cas de l’assurance-maladie ; elle en refile plutôt une partie au contribuable lui-même, s’il choisit de se prévaloir de ce service. Chaque dollar déboursé par le patient est donc un dollar de moins qui alourdit le fardeau fiscal que représente le système de santé, et comme cette « privatisation partielle » des soins de santé se fait sur une base totalement volontaire, cela la rend, à mes yeux, tout à fait acceptable.

En outre, il faut noter l’absence de l’effet pervers qui accompagne inévitablement l’ouverture de cliniques médicales privées, l’autre solution souvent mise de l’avant pour désengorger le système de santé. En effet, la mesure dont il est ici question n’a aucun effet incitatif sur le personnel médical l’invitant à déserter le système public au profit d’un système privé plus lucratif puisque les pharmaciens sont des professionnels qui évoluent déjà en dehors du système public. L’intégrité du système de santé public et universel est donc assurée, tout en allégeant le fardeau fiscal de celui-ci. Qui dit mieux?

On peut s’opposer à la privatisation du système de santé, mais cette fois-ci, force est d’admettre qu’il ne s’agit pas d’une réelle privatisation. Du moins, pas d’une privatisation sauvage susceptible de s’opérer sur le dos des moins nantis. Au contraire, elle ne peut qu’aider à la situation de ceux qui n’ont pas les moyens de payer pour leurs soins de santé en donnant à ceux qui veulent payer l’opportunité de le faire. De grâce, ne nous laissons pas aveugler par l’idéologie. Pour le bien de tous, et au nom de l’intégrité du système de santé gratuit et universel, soyons pragmatiques.

*En avoir plus pour notre argent, rapport du Groupe de travail sur le financement du système de santé, février 2008, page IV.

Démocratie, vraiment? août 13, 2011

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S’il y a une chose que je ne supporte plus, c’est la vitesse à laquelle nos élites médiatiques et politiques érigent la démocratie (NOTRE démocratie) en norme transcendante, en vertu absolue. Ça, et l’étape suivante qui l’accompagne généralement : le sentiment d’être moralement supérieur à toute autre nation sur la planète (et son corollaire : le droit auto-arrogé de donner des leçons de constitutionnalisme).

Qu’est-ce qu’on s’est sentis FIERS quand le printemps arabe a éclaté! Après tout, n’était-ce pas là, un peu, «notre» victoire? Victoire de nos normes sur les leurs. De la liberté contre l’oppression. De la démocratie contre la dictature. Enfin, le peuple arabe se réveillait! Enfin, la civilisation la plus politiquement arriérée de la planète émergeait de la noirceur autocratique et se mettait à l’heure des normes moralement supérieures de l’Occident! On ne l’a peut-être pas dit aussi crûment à voix haute, politically correctness oblige, mais qu’est-ce qu’on l’a pensé. Oh oui, qu’est-ce qu’on l’a pensé.

Mais quelle hypocrisie! À moins que ce ne soit que de l’imbécillité, purement et simplement? Tous ces vaniteux de la démocratie ne se rendent-ils pas compte à quel point le fonctionnement de notre système politique et l’idéal-type du régime démocratique diffèrent honteusement l’un de l’autre?

Oui, nous avons des droits et des libertés constitutionnellement bétonnés, contrairement à une bonne partie des peuples de ce monde. Mais le «pouvoir du peuple», vraiment? Bon, on a le droit de voter, c’est-à-dire de choisir nos dirigeants. Et tous les quatre ans, on a la possibilité de changer pacifiquement le gouvernement, ce qui est l’équivalent d’une révolution politique là-bas.

Mais ça s’arrête là.

Comme là-bas, le seul but d’un chef de gouvernement est de se maintenir au pouvoir. Et comme là-bas, tout, absolument tout, est permis pour atteindre ce but. La fin justifie les moyens.

Ainsi, tout comme eux, nos gouvernements ont le loisir de maintenir le public dans le secret, de les désinformer, de leur mentir, de leur cacher la vérité. Tout comme eux, la classe dirigeante voit à ses intérêts à elle bien avant de se soucier des nôtres ou du Bien Supérieur de la Nation (théoriquement le but de tout gouvernement dans un régime démocratique). Tout comme eux, nous sommes soumis à de vastes campagnes de propagande relayées et appuyées par nos médias, à la différence près que les nôtre sont «indépendants» de l’État.

La vérité, c’est que notre démocratie se porte très mal. D’année en année, le cynisme de la population augmente de pair avec ses désillusions. Tout comme les citoyens arabes à la toute veille du printemps arabe, les citoyens sentent que le système les a abandonnés.

Qu’est-ce qu’on voit quand on regarde notre système politique, en 2011? On voit un gouvernement qui trempe dans un vaste réseau de corruption et de collusion parasité par la mafia et qui rit au nez de la population en refusant de faire la lumière là-dessus. On voit un gouvernement qui abuse depuis des années de son pouvoir en exerçant un contrôle absolu sur le parlement qui ferait se retourner dans sa tombe Montesquieu lui-même, père du principe de la séparation des pouvoirs censé constituer le fondement de nos systèmes démocratiques modernes. On voit un gouvernement dépassé par des évènements qu’il a lui-même provoqués en ne se souciant que de son propre maintien au pouvoir au détriment du bien-être et de la sécurité de la population sur laquelle il a été mandaté pour veiller.

Et je ne parle pas ici que du gouvernement au pouvoir actuellement. Je parle du gouvernement au sens large, tous partis confondus. Car dans les faits, ce sont les partis politiques qui ont perverti le parlementarisme. Ce sont eux qui ont permis la rationalisation du parlementarisme et donné  naissance à la ligne de parti, une mesure antiparlementaire en soi. Ce sont les intérêts du parti qui prévalent et qui sont favorisés par le gouvernement au pouvoir. Quand on demande à un chef de gouvernement d’abdiquer, la plupart du temps, ce n’est pas pour sauvegarder les intérêts de la nation, c’est pour ne pas qu’il nuise aux intérêts du parti. Alors a-t-on besoin de plus de partis politiques? Certainement pas!

Retour vers le futur

Je suis un passionné d’histoire et de constitutionnalisme. Dans mes temps libres, je lis tout ce que peux trouver sur l’histoire du Canada et du Québec, en particulier ce qui se rapporte à la période qui s’étend de la Conquête à la Confédération. Et je suis sidéré de voir à quel point le fonctionnement de notre régime ressemble à celui qui a été mis en place avec l’Acte constitutionnel de 1791 et qui a, entre autres choses, conduit tout droit aux Rébellions de 1837-1838.

Pour les non-initiés, l’Acte constitutionnel est la troisième constitution du Canada après la Proclamation royale et l’Acte de Québec. Suite à l’immigration de nombreux Loyalistes qui ont fui la Révolution américaine, le gouvernement britannique a dû diviser la Province de Québec en deux districts : le Haut-Canada, majoritairement anglais, et le Bas-Canada, majoritairement français. Et pour éviter que ne se produise une seconde révolution au sein de ses colonies nord-américaines, la Couronne britannique a accepté d’octroyer une Chambre d’Assemblée au Canada, sans toutefois lui donner de pouvoirs. Dans les faits, le Gouverneur et ses conseillers étaient totalement autonomes vis-à-vis l’Assemblée.

Au Bas-Canada, population majoritairement francophone oblige, l’Assemblée s’est rapidement trouvée dominée par la petite bourgeoisie française, alors que les marchands anglophones, marginalisés au sein de l’Assemblée, ont trouvé refuge auprès du Gouverneur et de ses conseillers.

Comment se caractérisait la situation politique à l’époque? Le Gouverneur n’était absolument pas tenu d’obéir aux recommandations de l’Assemblée. Il avait le pouvoir de la dissoudre comme bon lui semblait, dans l’espoir que de nouvelles élections lui donneraient une majorité favorable. Le Gouverneur était libre d’utiliser les deniers publics comme bon lui semblait, et il adoptait des mesures presque systématiquement favorables aux intérêts économiques (à l’époque presque exclusivement détenus par les bourgeois anglophones). L’Assemblée n’avait aucun pouvoir sur la nomination des conseillers, et elle ne pouvait que fantasmer sur le pouvoir de les destituer.

Comment se caractérise la situation aujourd’hui? Le premier ministre peut passer outre aux demandes de l’opposition en Chambre sans problème. Avec la ligne de parti, il vote les budgets qu’il veut et dépense l’argent des contribuables comme bon lui semble. En outre, il peut dissoudre la Chambre et provoquer de nouvelles élections à sa guise, la plupart du temps dans l’espoir d’obtenir une majorité qui lui soit favorable. Il nomme qui il veut au Conseil des ministres, et ceux-ci ne peuvent être destitués que sur ordre du premier ministre. Quant aux décisions, nul besoin de chercher loin pour démontrer que celles-ci sont, la plupart du temps, prises en fonction des différents lobbys et presque toujours favorables aux intérêts économiques au détriment des intérêts sociaux. (Vous voulez un exemple? Pensez au projet de loi supposé mettre le Péladôme de Québec à l’abri de toute contestation judiciaire future. C’est un exemple flagrant de favoritisme en faveur des intérêts financiers et économiques au détriment de la population et des intérêts locaux de la société).

Voilà l’état de notre belle démocratie en 2011 : lamentable. Je dirais même plus : c’est une utilisation abusive du concept de démocratie que de s’y référer pour décrire notre régime politique. Car il y a très longtemps que nous ne vivons plus dans un système démocratique. Alors quand on nous vante les vertus de NOTRE démocratie, personnellement, je hurle à la fraude intellectuelle.

L’État, c’est… Harper! mars 6, 2011

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« L’État, c’est moé! » est réputé avoir dit Louis 14, le Roi-Soleil, monarque du tout-puissant Royaume de France. Fidèle aux mentalités de l’époque, Louis 14 croyait que c’était Dieu lui-même qui était venu lui ceindre la Couronne française.

Ces velléités du pouvoir en place de s’approprier l’entièreté de l’autorité et de la légitimité politiques ne se sont pourtant pas estompées lorsque les révolutionnaires français ont fait tomber la société d’Ancien Régime (et, par le fait même, la tête du roi Louis 16).

Encore aujourd’hui, les dictatures et autres régimes autocratiques à travers le monde ont ceci en commun qu’ils se croient divinement investis du droit de gouverner. Ça, et le fait qu’ils croient également que l’entité qu’ils ont été si divinement appelés à gouverner leur appartient en propre.

C’est en effet là l’une des principales distinctions entre les démocraties et les autocraties : la confusion, voire la fusion, du gouvernement et de l’État. Prenez la défunte Union soviétique : le Parti communiste ne faisait pas que gouverner l’Union soviétique, il ne faisait qu’un avec elle. Pas d’Union sans Parti et pas de Parti sans Union. Même chose en Allemagne nazie, où les national-socialistes (le parti de Hitler) représentaient la totalité du régime allemand et disposaient même de leur propre police.

Je ne dis pas que le Canada a sombré dans la dictature, mais c’est un peu à ça que me fait penser la récente décision de Harper de substituer «Gouvernement Harper» à la mention «Gouvernement du Canada» sur toutes les communications officielles du gouvernement au sein de l’appareil bureaucratique.

Quel est le rapport?

C’est vrai que légalement, Harper n’a violé aucune loi, aucun statut. La constitution est totalement muette sur le poste de premier ministre, alors ne pensez pas qu’on y trouve quelque provision que ce soit à propos d’une entité qui n’existait même pas lors de sa rédaction. Néanmoins, cette manoeuvre est profondément choquante. De quel droit le gouvernement Harper s’est-il arrogé le droit de se substituer à l’autorité légale qu’est le Canada? Le principe de base d’une démocratie s’énonce comme suit : aucune autorité n’est propriétaire des pouvoirs publics. C’est ce qu’Harper n’a de toute évidence pas compris.

Oui, le gouvernement Harper est le représentant légal du Gouvernement du Canada. Non, le gouvernement Harper N’est PAS le Gouvernement du Canada. Nuance. Le Gouvernement du Canada est une entité légale, immuable, qui transcende les partis politiques et les titulaires (au demeurant temporaires) du poste de chef du gouvernement. C’est le trône sur lequel s’assoit le Roi. Les gouvernements passent et se succèdent, mais l’État lui ne bouge pas. Les gouvernements sont temporaires, l’État est permanent.

Bien plus encore, le Gouvernement du Canada est la source même de l’autorité politique au Canada. Quand un premier ministre gouverne le pays, c’est au nom du Gouvernement du Canada, et c’est le Gouvernement du Canada qui lui donne son pouvoir politique et toute l’autorité pour agir qui vient avec. Mais le premier ministre ne gouverne pas en son nom propre.

Le gouvernement Harper n’est que le titulaire actuel du poste de chef du gouvernement. Une photo dans le temps. Un nom sur une liste. Un portrait sur un mur. Un rang dans l’histoire. Rien de plus. Il ne s’agit que du 22e premier ministre du Canada. Il y en a eu 21 avant lui, et il y en aura d’autres après. Quand je paie des impôts, ce n’est pas à Stephen Harper que je les paie mais au gouvernement du Canada. Si demain Michael Ignatieff remportait ses élections, il serait le chef du Gouvernement du Canada, pas le chef du «Gouvernement Harper». Pourquoi alors s’auto-proclamer «Gouvernement du Canada»? Faudra-t-il parler de notre premier ministre dorénavant comme de Son Altesse, l’Empereur Stephen 1er? Cette confusion entre, si je puis dire, le mortel (le gouvernement) et l’immortel (l’État), est dangereuse. C’est le principe à la base des dictatures, celui qui justifie la main-mise d’un potentat sur un pays, ses institutions et sa population. «Vous me devez obéissance à moi, petit peuple ignorant, parce que je suis la seule autorité légale ici. J’ai droit de vie ou de mort sur vous parce que c’est mon pays, je me le suis approprié parce que je suis le plus fort et si vous voulez vous débarrasser de moi, vous devrez me tuer.»

Et bien pas ici, pas au Canada. Dans un État de droit comme le Canada, le seul dépositaire légal de la souveraineté populaire, c’est le Parlement, pas le gouvernement. Le Gouvernement du Canada représente l’ensemble des citoyens du Canada, pas uniquement ceux qui ont voté pour les conservateurs. Le chef de l’État, c’est la reine d’Angleterre, pas le premier ministre. Quelqu’un devrait peut-être expliquer ces principes à Stephen le Tout-Puissant.

Un geste qui s’inscrit dans la continuité?

Honnêtement, par contre, ce n’est pas un geste particulièrement étonnant de la part de ce gouvernement. Depuis qu’il a été élu, Stephen Harper s’emploie activement à accélérer l’érosion des contre-poids au pouvoir du gouvernement. Il veut être le chef, le seul, et ne tolère pas qu’on lui bloque la route.

Minoritaire aux Communes, il bloque les projets de loi de l’opposition grâce à sa majorité au Sénat. Il gouverne comme s’il était majoritaire depuis cinq ans à coup de menaces de dissolution, de votes de confiance et de prorogations. Il a noyauté le CRTC et poussé à la démission la présidente de la Commission de Sûreté nucléaire et le dirigeant de Statistiques Canada. Il a permis à une ministe de mentir impunément au Parlement, et à un autre de raconter n’importe quoi en chambre pour justifier une décision a priori injustifiable.

En cinq ans, le gouvernement Harper a réussi à mettre au pas des institutions normalement indépendantes du pouvoir exécutif. La prochaine étape, logiquement, c’était de s’approprier, sinon légalement, du moins nominalement, les pouvoirs publics. Voilà chose faite. What’s next?

 

Ugly Bevvy, ou la fin de la quarantième législature? février 19, 2011

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La ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, s'adressant aux Communes.

Rappel des faits

Le 27 novembre (2009), aboutissait sur (le) bureau (de Bev Oda) une approbation finale pour un financement pluriannuel de 7 098 758 $ à Kairos. Cette somme représentait une augmentation de 4% de son financement passé. Les documents étaient accompagnés de lettres de 20 diplomates et spécialistes de l’aide internationale appuyant le travail de Kairos à l’étranger. La lettre précisait que le travail de Kairos était en accord avec les objectifs de l’Agence canadienne de développement international. La demande était signée de la main de la présidente Margaret Biggs. Le document a été signé par la ministre Oda à l’époque. Mais quelqu’un avait ajouté trois petites lettres à la missive officielle: «NOT», précisément indiqué dans une phrase… ce qui en changeait tout le sens. Au lieu d’un appui, Kairos faisait face à un déni de subvention. – Pierre Jury, dans Le Droit, édition du 16 février 2011.

  • Le 15 mars 2010, Jim Abbott, le secrétaire parlementaire de la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, affirmait à la chambre des Communes que l’ACDI (Agence canadienne de développement international) avait décidé de couper le financement d’un organisme non-gouvernemental du nom de Kairos. Apparemment, Kairos ne répondait pas aux critères de financement établis par le ministère, et donc il n’était pas conforme aux normes gouvernementales.

Sur le rapport émanant du ministère, pourtant, la recommandation initiale était plutôt de poursuivre le financement ; cependant, un «non» avait été ajouté à la main sur ledit rapport, ce qui bien sûr en changeait tout le sens et mettait ainsi fin aux subventions gouvernementales.

  • Questionnée au sujet de la provenance de ce «non» en comité parlementaire le 9 décembre 2010, Mme Oda affirmait ne pas savoir qui l’avait écrit. Elle répondait simplement que cette décision reflétait la volonté du ministère et du gouvernement.
  • Puis, le 14 février, Mme Oda revenait sur sa version antérieure et reconnaissait qu’elle était pleinement consciente que sa décision (de ne pas financer Kairos) était différente de celle du ministère. Elle ajoutait : «Je n’ai jamais dit que la volonté de refuser le financement était celle du ministère
  • Un peu plus tard au cours de la période des questions, elle admettait finalement que le  «non» avait été ajouté à sa demande.

Récapitulons…

Premier mensonge : «Je ne sais pas qui a ajouté le «non» au rapport».

Deuxième mensonge : «La décision que j’ai prise est conforme à celle rendue par le ministère».

Troisième mensonge : «Je n’ai jamais dit que ma décision était conforme à celle du ministère».

Mon analyse

Bev Oda a menti. Pas par omission, pas par ignorance des faits, mais volontairement. Délibérément.

Pourquoi? Peu importe. Je ne m’intéresse pas aux considérations politiques qui ont déterminé la décision et les cafouillages qui s’en sont ensuivis. Ce qui m’apparaît fondamental par contre, ce sont toutes les implications et les conséquences légales qui découlent des gestes commis par la ministre de la Coopération internationale.

Certains commentateurs politiques ont défendu l’idée que Bev Oda doit maintenant démissionner de son poste de ministre. Soit. Pour avoir menti et avoir sciemment induit le parlement en erreur, il va de soit que Mme Oda a perdu toute la légitimité que requiert l’acquittement de ses fonctions ministérielles.

Cependant, les conséquences dépassent ici largement la simple personne de Mme Oda. Ce n’est pas Beverly Oda, députée conservatrice de la circonscription de Durham qui est aujourd’hui mise en cause mais plutôt la ministre de la Coopération internationale.

La différence est fondamentale.

À titre de ministre, Mme Oda est liée par le principe de la solidarité ministérielle. Ce principe veut que tous les ministres soient solidairement et conjointement responsables des actions prises par le gouvernement, que celles-ci aient été prises collectivement (par tous les ministres ensemble lors d’une réunion en plénière du cabinet) ou individuellement (par un seul ministre).

Autrement dit, la confiance du parlement n’est pas divisible : elle ne saurait être accordée à une fraction seulement du gouvernement. Le parlement a confiance en tous les ministres ou il n’a confiance en aucun d’entre eux. Il y a un lien juridique qui lie les ministres l’un à l’autre. Si l’un d’entre eux tombe, ils tombent tous. Dans le système parlementaire britannique, lorsqu’un ministre perd la confiance de la chambre, c’est donc tout le cabinet qui la perd ipso facto. Ainsi va la convention constitutionnelle.

Dans la situation qui nous occupe, c’est précisément le cas : un ministre du cabinet Harper a menti au parlement. Le parlement ne peut donc plus avoir confiance en ce ministre. Par ricochet, c’est donc tout le cabinet qui ne jouit plus à l’heure qu’il est de la confiance de la chambre des Communes.

Et que disent les conventions constitutionnelles en ce qui a trait à la confiance du parlement? Elles disent que lorsqu’un gouvernement ne jouit plus de la confiance du parlement, celui-ci doit démissionner en bloc et demander au gouverneur général de dissoudre la Chambre afin que de nouvelles élections aient lieu.

Pour la suite des choses

Malgré tout, cette «perte de confiance» de la Chambre des communes vis-à-vis du gouvernement n’est pour l’instant que théorique. Afin qu’elle ait force de droit, elle doit nécessairement être rendue de manière explicite par le parlement, c’est-à-dire par le dépôt d’une motion de censure de la part de l’un ou l’autre des 308 députés que comptent les Communes. Comme il serait franchement étonnant de voir l’un des députés ministériels blâmer son propre gouvernement, il faudrait plutôt regarder du côté des partis de l’opposition.

Les libéraux, les néo-démocrates et le Bloc québécois ont été unanimes dans leur condamnation de Bev Oda. Tous ont parlé de disgrâce, de menace à la santé démocratique des institutions canadiennes, de recul de la démocratie, et ainsi de suite. Tous ont également exigé la tête de Mme Oda.

Mais pour donner des dents à leur indignation, les députés de l’opposition devront franchir le cap du «déchirage de chemises», aller au-delà de la simple indignation rhétorique, et déposer une motion de censure en bonne et due forme à l’encontre du gouvernement.

C’est là le seul moyen de sanctionner réellement l’indiscipline d’un ministre ayant affiché au grand jour son mépris pour l’institution du parlement.

Malheureusement, en cette ère de «gouvernance par sondages», il serait fort étonnant que le pays se retrouve convoqué aux urnes dans un avenir rapproché.

(À ce sujet, le chef du NPD Jack Layton a déjà un genou à terre et s’apprête maintenant à embrasser les pieds du premier ministre Harper. Les deux se sont rencontrés aujourd’hui pour discuter du budget. Autrement dit, Jack Layton tente de s’assurer que Harper lui laissera assez de miettes pour justifier son appui au gouvernement sans trop perdre la face, vu la piètre performance des néo-démocrates dans les plus récents sondages. Mais ça, c’est hors sujet…)

Pendant ce temps, le gouvernement, lui, collectivement ou individuellement, pourra continuer d’induire le parlement en erreur en toute impunité. Comme il l’a fait avec Statistiques Canada et l’histoire du sondage obligatoire.

En conclusion

Les partis d’opposition ont eu raison de dénoncer Bev Oda. Mais ils ont tort sur un point.

La véritable disgrâce, la vraie menace à la santé démocratique des institutions canadiennes, c’est que ces mêmes députés vont laisser la partisanerie politique emboîter le pas au bon sens que commanderait normalement le souci de faire respecter les institutions et les conventions constitutionnelles qui en découlent.

Le gouvernement conservateur a maintes fois affiché ouvertement son mépris pour les institutions canadiennes. Et grâce au manque de courage politique de certains députés d’opposition, il s’en tirera indemne une fois de plus.

Navrant…

 

Jean Charest doit partir novembre 15, 2010

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Quand le premier ministre libéral de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, a démissionné de ses fonctions la semaine dernière, il a dit ceci :

“When public debate becomes focused on one person, instead of what is in the best interest of British Columbians, we have lost sight about what is important. When that happens, it’s time for a change.” (Quand le débat public devient centré sur une seule personne plutôt que sur ce qui devrait être dans les meilleurs intérêts de la Colombie-Britannique, c’est que nous avons perdus de vue l’essentiel. Lorsque cela se produit, il est temps qu’un changement se produise.)

La situation décrite par M. Campbell s’applique parfaitement à Jean Charest et tant pour cette raison que dans le bien supérieur de la nation, le chef libéral doit maintenant tirer sa révérence et démissionner de son poste de chef du gouvernement québécois.

Depuis plus d’un an que fait rage toute la controverse autour des liens entre le Parti libéral et l’industrie de la construction au Québec, chaque jour qui passe semble ajouter de l’eau au moulin de la suspicion. Tant et si bien que ce sont maintenant les liens entre des entrepreneurs en construction et… la mafia qui soulèvent des questions.

Lors du conseil général des libéraux tenu à Lévis en fin de semaine dernière, Jean Charest n’a pas soufflé un mot à propos de son refus obstiné de tenir une commission d’enquête publique sur le monde de la construction. Réfugié dans sa tour d’ivoire, arguant qu’il vaut mieux laisser les policiers faire leur travail, Jean Charest contribue jour après jour à ce que la situation pourrisse. Chaque jour qui passe, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il a à cacher.

Et pendant ce temps, en dépit du malaise populaire généralisé, le premier ministre distribue les contrats de construction à gauche et à droite…

Vrai, il serait absolument néfaste et contre-productif de tout interrompre les travaux d’envergure à l’échelle de la province (ou du moins à celle de la métropole) sous prétexte qu’il y a quelques pommes pourries dans l’industrie de la construction au Québec. Or il est tout aussi vrai que tant et aussi longtemps que notre premier ministre refusera de voir la situation en face, la population se demandera si finalement tout l’apparent système de collusion entre les entrepreneurs en construction et la mafia ne formerait pas dans les faits un triangle rejoignant nul autre que le PLQ.

Pourquoi cet apparente obstination de la part du chef du gouvernement, si ce n’est par peur des dommages collatéraux qu’une enquête publique serait susceptible d’engendrer?

Pourquoi rien n’est fait à propos du fameux cartel des 14 entreprises montréalaises de construction qui font artificiellement gonfler les prix des travaux publics dans la métropole et qui ont été jusqu’à menacer de mort un entrepreneur de Québec ayant commis l’affront (!) de soumissionner pour un contrat à Montréal à un prix moins élevé que celui qu’exigeaient le cartel des 14 entreprises?

Pourquoi de nombreux entrepreneurs appartenant à ce cartel ont-ils été aperçus dans certains cafés de Montréal reconnus comme les chefs-lieux de la mafia montréalaise, en compagnie de membres importants du clan Rizzuto?

Il y a quelque chose de pourri en ce moment au Québec, et Jean Charest, en jouant à l’autruche, ne contribue qu’à la détérioration du climat politique au Québec.

En jouant les vierges offensées, en se disant « offusqué » des propos tenus en chambre par Pauline Marois et les autres députés d’opposition, M. Charest essaie en fait de museler l’opposition. S’il n’en tenait qu’à Jean Charest, tout le sujet serait tabou et quiconque poserait des questions sur les liens qui unissent les libéraux à tout ce système pourri serait susceptible de poursuite en diffamation. Et on a vu que M. Charest affectionne particulièrement les poursuites en diffamation… il n’aime pas que l’on touche à sa réputation, M. Charest. Le pire, c’est qu’il ne se rend même pas compte (ou du moins il n’en donne pas l’apparence) que c’est lui-même qui alimente le plus les soupçons à son égard.

Jean Charest est indigne de la fonction qu’il occupe.

J’estime que M. Charest n’est plus digne d’occuper les fonctions de premier ministre et de chef du gouvernement du Québec. Pour cette raison, j’invite tous les lecteurs de ce blog à se rendre (si ce n’est déjà fait) sur le site de l’Assemblée nationale et de signer la pétition en ligne demandant la démission de Jean Charest, dont voici le libellé :

Pétition :

Demande de démission du premier ministre du Québec

 

CONSIDÉRANT QUE le premier ministre du Québec, député de Sherbrooke, et le gouvernement libéral refusent d’accéder à la demande populaire et des différents partis de l’opposition concernant la mise sur pied d’une commission d’enquête publique sur les liens étroits entre le financement des partis politiques et l’octroi des contrats gouvernementaux;

CONSIDÉRANT QUE le premier ministre du Québec, député de Sherbrooke, et le gouvernement libéral refusent d’accéder à la demande populaire et des différents partis de l’opposition concernant la mise sur pied d’un moratoire sur les gaz de schiste;

CONSIDÉRANT QUE le premier ministre du Québec, député de Sherbrooke, et le gouvernement libéral refusent de négocier, malgré l’opposition d’une forte majorité de la population québécoise, quant aux orientations du gouvernement et aux mesures prévues dans le budget deux mille dix;

Les signataires de cette pétition demandent la démission du député de Sherbrooke en tant que chef du gouvernement et premier ministre du Québec.

 

Alors voici, j’appose ma signature.

Jérôme Gagnon, Montréal, le 15 novembre 2010

 

En espérant que le message se rende tout en haut…

 

 


Ça pue chez les rouges février 12, 2010

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Je n’aime pas les odeurs qui se dégagent du gouvernement Charest. D’abord le refus obstiné du gouvernement de faire la lumière dans le dossier de la construction, ensuite l’affaire Whissell, puis Jean D’Amours et maintenant les places en garderie…

Suis-je le seul à trouver que le gouvernement est un sale repère de petits carriéristes corrompus et arrivistes? Suis-je le seul à regretter que les libéraux aient été reportés au pouvoir, et à regretter a fortiori qu’ils l’aient été avec un gouvernement majoritaire?

Depuis qu’il est de retour avec ses deux mains sur le volant, Papa Charest joue les condescendants et enfreint systématiquemnt les règles éthiques les plus élémentaires (Whissell, D’Amour). Mais surtout, c’est son refus obstiné de cacher des documents (les places en garderie) ou des faits (sur l’industrie de la construction vs le financement des partis et l’attribution des contrats) qui me dégoûte.

Plus le temps passe, plus les dossiers louches s’accumulent et plus je trouve qu’ils ont quelque chose à cacher. Mais ce que je reproche par-dessus tout à Jean Charest, c’est de me rendre cynique. J’ai toujours eu foi en la chose politique, je n’ai jamais été persuadé outre mesure que les politiciens étaient tous croches… mais depuis un an, c’est autre chose. Regardez les décisions qui ne se prendront jamais, les dossiers qui ne seront jamais éclairés, toutes les histoires qu’on nous cache en refusant de rendre publics certains détails…

Jean Charest m’a volé ma naïveté politique.

Et ça, je ne lui pardonnerai jamais.

Ukraine : la révolution orange morte et enterrée, Moscou prend sa revanche. février 8, 2010

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Hier, 7 février 2010, Viktor Yanukovitch a été élu président de l’Ukraine avec 49% des voix, 3% de plus que sa rivale Yulia Tmoshenko. Le président sortant, Viktor Yushenko, vainqueur de la révolution orange qui a secoué l’Ukraine en 2004, s’en est tiré avec… 6% des voix!

Petit rappel aux lecteurs moins familiers avec l’Ukraine : en 2004, V. Yanukovitch remporte l’élection présidentielle. Or il est démontré que l’élection a été frauduleuse, aussi des partisans de V. Yushenko envahissent les rues de Kiev, arborant la couleur orange, et siègent devant le parlement ukrainien (d’où le surnom de « révolution orange »). Après quelques jours, Yanukovtich abdique, un nouveau scrutin prend place (sans fraude cette fois) et c’est V. Yushenko qui est finalement élu vainqueur. Timoshenko était du côté des révolutionnaires « orange » et faisait partie de la coalition présidentielle jusqu’à la guerre d’Août. En août 2008, devant la position anti-russe et pro-géorgienne du président, Mme Timoshenko quitte la coalition au pouvoir mais une nouvelle coalition est aussitôt formée, avec Mme Timoshenko mais sans le parti présidentiel, ce qui reporte à 2012 la tenue de nouvelles élections législatives et renforce la position de Timoshenko au sein du parlement, devant un président affaibli.

La page semble donc bel et bien tournée sur la révolution orange. Ceci est d’autant plus vrai que Yushenko, qui prônait une ouverture envers l’Occident au détriment des relations russo-ukrainiennes, a été éliminé au premier tour, le 30 janvier dernier, au profit de deux candidats pro-russes.

Yulia Timoshenko reste néanmoins en bonne position. Elle reste toujours première ministre du pays, et elle est à la tête d’une solide coalition parlementaire. La Verkhovna Rada, le parlement ukrainien, ne sera dissoute, en principe, qu’en 2012.

Toutefois, l’article 106 de la constitution ukrainienne prévoit la possibilité pour le président de remplacer le premier ministre, pouvoir dont pourrait se prévaloir le nouveau président fraîchement élu. Cependant, avec 46% des voix, Timoshenko est en bonne position pour négocier son poste de première ministre. En d’autres termes, elle pourrait proposer à Yanukovitch de la laisser à son poste, en échange de quoi elle pourrait demander à sa coalition parlementaire de faire preuve de « souplesse » avec les politiques du président. En effet, comme je le disais, Timoshenko est à la tête d’une solide coalition parlementaire. Si Yanukovitch décidait de la remplacer, il est loin d’être certain qu’il pourrait s’assurer d’une majorité des voix au parlement, auquel cas son gouvernement serait renversé. Yanukovitch ferait donc mieux de rechercher le soutien de Timoshenko.

Une autre solution s’offre au président. Celui-ci pourrait en effet se prévaloir de l’article 77 de la constitution, qui permet au président de déclencher des élections législatives spéciales. Or Yanukovitch est loin d’être assuré d’une victoire parlementaire, malgré ses 49% reçus de l’électorat. En effet, le Parti des Régions, parti de M. Yanukovitch, est principalement populaire dans l’est de l’Ukraine, région traditionnellement très proche de la Russie (M. Yanukovitch est le plus pro-russe des deux candidats, Mme Timoshenko n’ayant changé son fusil d’épaule qu’avec la guerre d’Août entre la Géorgie et la Russie et souhaitant malgré tout le maintien de bonnes relations avec l’Occident). Ceci passe toujours pour l’élection présidentielle, conduite au suffrage universel, mais en ce qui concerne les élections législatives, il est loin d’être assuré d’une majorité des 450 sièges de la Verkhovna Rada. D’où son intérêt à faire appel à Mme Timosehnko.

La page a beau être tournée sur la révolution orange en Ukraine, il n’en demeure pas moins que le pays se trouve aujourd’hui, malgré tout, dans une impasse, tout comme ce fut le cas durant la majeure partie du mandat de M. Yushenko, lequel fut caractérisé par un haut niveau de corruption et d’instabiité politique, et ponctué d’interruptions dans les livraisons de gaz russes, causées par des retards de paiement fréquents. Bref, on peut trouver dans le mandat de Viktor Yushenko les causes de l’élection de M. Yanukovtich, ainsi que celles de la soif de changement du peuple ukrainien, désillusionné par les promesses de la révolution orange et qui souhaite aujourd’hui écrire une nouvelle page d’histoire. Et tant pis si cette nouvelle page d’histoire passe par un réchauffement des relations avec la Russie*.

* Une majorité des électeurs ukrainiens, située dans l’ouest du pays, reste néanmoins hostile à la Russie et plus encline à un rapprochement avec l’Occident.

Ce blog fait relâche décembre 8, 2009

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Vive les travaux écrits!Décembre est arrivé et pour tout étudiant, qui dit décembre dit travaux de session à remettre et examens finaux à préparer.

Depuis deux semaines déjà je n’ai pu accorder autant de temps à l’écriture de ce blog que je l’aurais souhaité, d’autant plus que toute mon attention et mon inspiration sont monopolisées par lesdits travaux à remettre. Ajoutons à cela le fait que la scène politique, à Québec comme à Ottawa, s’est assoupie le temps de l’ajournement des travaux parlementaires. Autrement dit, la saison politique est morte.

Je devrais être de retour en janvier avec un peu plus de temps à consacrer à Realpolitik. D’ici là, s’il j’ai une inspiration soudaine pour un billet, je le posterai, le but ici n’étant que d’aviser les lecteurs de ce blog que je ne serai plus très assidû pour les quelques semaines à venir.

Joyeuses Fêtes à tous et n’hésitez surtout pas à revenir!

Drôle de maire! septembre 25, 2009

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Pauvre Gérald Tremblay. Ça doit pas être facile d’être dans ses souliers. Une tuile après l’autre en pleine campagne électorale, la moitié des Montréalais trouvent que ça pue dans les dossiers de l’Hôtel de Ville, Louise Harel qui lui chauffe les fesses… et ce n’est même pas sa faute! Bah non, il ne savait rien.

C’est moi où on a un maire légèrement, disons, incompétent?

Le plus gros contrat de l’histoire de la Ville donné dans des circonstances douteuses et complètement dénaturé en cours de route? Il n’en savait rien.

Le numéro deux de son administration, le président du comité exécutif en personne, qui se promène sur le yacht de l’homme d’affaires à qui le plus gros contrat de la ville a été donné… et qui finit six mois plus tard au sein de l’administration d’une de ses compagnies affiliées. Le maire là-dedans? Aussi scandalisé que les citoyens qui l’ont appris! Il n’en savait rien.

Ou plutôt, et pardonnez le cynisme, il n’en «savait rien». Grosse différence. Parce qu’en ce qui me concerne, de deux choses l’une : ou bien il n’en savait réellement rien et on a un maire aveugle, sourd et sot par-dessus le marché (il a fallu l’acculer au pied du mur pour qu’il reconnaisse qu’il y avait une mauvaise odeur dans cette histoire), ou bien il le savais très bien mais n’a rien fait.

Dans un cas comme dans l’autre, cet homme ne mérite certainement pas un troisième mandat à l’Hôtel de Ville. Vous croirez la version que vous voulez, mais en ce qui me concerne, son administration ne lave pas plus blanc que blanc. Loin de là. J’ai beaucoup de difficulté à croire que le maire soit incapable de voir ce qui se trame dans sa propre admnistration.

Bref, tout ça sent mauvais. Très mauvais. Mais le maire s’en fout parce que de toute façon, qu’il gagne ou qu’il perde ses élections, l’histoire sera morte et enterré le 2 novembre au matin.

C’est plate, mais c’est comme ça. Et après ça, qu’on vienne se demander pourquoi la population est cynique!