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Reform wanted avril 20, 2010

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Un professeur de l’université de Montréal de ma connaissance est en ce moment au Niger, son pays natal, pour participer à la rédaction de la nouvelle constitution nigérienne. C’est exactement ce dont on a besoin ici, en ce moment : une nouvelle constitution!

Le fruit est mûr en ce moment pour rédiger une nouvelle constitution, ou du moins dépoussiérer l’actuelle. Et je ne parle pas ici de la quadrature du cercle constitutionnel (c’est-à-dire réconcilier le Québec avec le Canada et élucider la question de sa place au sein de la fédération). Ce débat-là ne sera jamais réglé et, à dire vrai, il m’ennuie. Non, j’ai en tête des changements beaucoup plus concrets et on ne peut plus nécessaires : il faut limiter les prérogatives du pouvoir exécutif.

Sans vouloir dénigrer le « génie » des Pères de la Confédération, il n’en demeure pas moins que nos institutions datent du XIXe siècle et sont calquées sur celles d’un pays ne possédant au demeurant aucune constitution écrite. Disons qu’à prime abord, c’est un peu fâcheux pour un esprit littéraire et cartésien comme le mien. Les implications de tout ceci ne sont pas qu’ésotériques, bien au contraire. C’est en partie à cause de cet état de fait que si Stephen Harper perdait ses élections demain matin, il pourrait s’accrocher au pouvoir sans que Michaëlle Jean (ou la Cour suprême) ne puisse rien y faire, légalement. Aucune de ces notions de responsabilité ministérielle (si le gouvernement n’a plus la confiance de la chambre, il doit démissionner) ou encore de mode de désignation du premier ministre (le chef du parti ayant faire élire le plus de députés en chambre) ne sont écrites dans la constitution. Ce sont des conventions constitutionnelles, qui sont pourtant fondamentales au bon fonctionnement de notre système. Ce sont elles qui, entre autres, assurent que nos institutions soient démocratiques. Un outsider qui lirait la constitution de 1867 en arriverait rapidement à la conclusion qu’il s’agit d’un pays autoritaire : tout le pouvoir exécutif est dévolu au Gouverneur. Rien à propos des élections (sinon qu’elles sont tenues en secret et s’étendent sur une journée seulement simultanément à travers le pays) ou du mode de scrutin. L’expression premier ministre n’y figure même pas, c’est pour dire! Or les tribunaux ne sanctionnent que le droit écrit, c’est-à-dire la constitution écrite. Aucune sanction n’est prévue (ni possible) pour la violation d’une convention constitutionnelle. En droit constitutionnel, seul le peuple peut punir un gouvernement pour avoir désobéi à une convention (en s’accrochant au pouvoir par exemple).

Rappelons-nous la « Coalition » de décembre 2008. Stephen Harper s’est servi d’une convention constitutionnelle (le Gouverneur général n’a aucun pouvoir discrétionnaire et acquiesce à toute demande du premier ministre) pour contourner une autre convention (le gouvernement doit avoir la confiance de la chambre), lorsqu’il a demandé (exigé) la prorogation de la Chambre, sachant qu’il perdrait un vote de confiance imminent. Or la première convention existe justement pour que la deuxième soit respectée! C’est du détournement de convention, pur et simple. 150 ans plus tard, les rôles se sont inversés. Le Gouverneur est aujourd’hui le chef du parti majoritaire en chambre d’autrefois (la notion de premier ministre n’existait pas encore) : il est là mais de corps seulement. Son autorité est nulle. C’est l’évolution du droit constitutionnel qui a voulu ça… alors qu’en contre-partie, le premier ministre est, comme le Gouverneur autrefois, la seule autorité exécutive et il peut passer outre aux demandes du Parlement comme bon lui semble.

J’exagère? Dans nos démocraties occidentales, le seul contrepoids au pouvoir exécutif est le pouvoir législatif. Regardez ce qui se passe dans les régimes autoritaires : le pouvoir législatif est absent et le régime peut faire ce qu’il veut sans que rien ne se mette en travers de son chemin. Suffit qu’il jouisse du soutien de l’armée et le tour est joué! Or, entre l’absence d’un parlement et le contrôle total de celui-ci par l’exécutif, comme c’est le cas lors des gouvernements majoritaires, il n’y a pas une grande marge! L’opposition peut poser des questions au gouvernement, et ainsi tenir ce dernier responsable devant les électeurs? En théorie seulement. Quand le gouvernement refuse de répondre aux questions (et il n’y a qu’à regarder une période des questions de la Chambre des Communes ou de l’Assemblée nationale pour s’en convaincre), le parlement ne sert plus à grand chose. L’exécutif étant majoritaire, il passe les lois qu’il veut et gouverne comme il l’entend. Un premier ministre majoritaire au Canada, au fédéral comme dans les provinces, a plus de pouvoir que le président des États-Unis!

Force est de constater aujourd’hui que notre système parlementaire britannique évolue doucement vers une forme d’autoritarisme, du moins un autoritarisme institutionnel.  Oui, nous avons des droits et libertés, il existe une stricte séparation entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif et l’administration de la justice est indépendante de la volonté du pouvoir en place. Je suis conscient de tout cela.  Mais je suis également conscient que le pouvoir exécutif est maître et roi en son royaume et ce, tant que les électeurs ne le chassent pas du pouvoir pour le remplacer par un autre gouvernement qui fera exactement la même chose. Que voulez-vous, c’est ainsi que nos institutions fonctionnent. Le gouvernement lève des impôts et dépense les fonds publics comme il l’entend. Bien des rois auraient été jaloux de la portée des prérogatives dont jouit l’exécutif ici! Il y en a même un qui a perdu la tête pour avoir restreint les pouvoirs du parlement!

Avec tout ce qui se passe au Québec en ce moment, je suis dégoûté que la seule occasion que la population ait de sanctionner un gouvernement corrompu ne survienne que dans 4 ans. Ou encore que le gouvernement fédéral méprise aussi ouvertement les institutions du pays, allant jusqu’à refuser de répondre aux questions de l’opposition ou même d’obéir à une requête du parlement. On est loin de la suprématie du principe de la souveraineté parlementaire! Dans la tradition britannique, pourtant, le parlement est supposé être tellement souverain que seul lui-même a le pouvoir de s’empêcher de faire quelque chose. En tant qu’instance ultime et suprême d’autorité, il pouvait autrefois aller jusqu’à juger et emprisonner des individus.

Mais ça, c’était à l’époque où le parlement s’opposait à la volonté royale. Tous ces principes sont aujourd’hui désuets, car ils n’ont pas été conçu pour faire face à la prise de contrôle graduelle du parlement par une autorité exécutive directement issu de ce dernier. Au Canada, le législatif et l’exécutif ne sont pas séparés (principe à la base de la séparation des pouvoirs comme on le voit à l’oeuvre aux États-Unis ou en France), ils sont fusionnés. Si on ajoute à cela une nette tendance à la centralisation des pouvoirs entre les mains du premier ministre qui va croissante au Canada depuis quelques décennies (l’époque Trudeau pour être plus précis), il ne reste plus grand chose en travers du chemin du gouvernement. Si bien qu’aujourd’hui, si Jean Charest était reconnu coupable de corruption, ni le parlement ni le lieutenant-gouverneur n’y pourraient quoi que ce soit. À la population de juger dans… 4 ans!

On a besoin d’une nouvelle constitution. Ce n’est plus le Gouverneur qu’il faut encadrer dorénavant, c’est le tout-puissant cabinet! C’est à lui que dorénavant revient de facto la Couronne…

Gérald «12%» Tremblay novembre 4, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Gérald Tremblay a été réélu dimanche dernier, en dépit de tous les scandales qui se sont abattus sur l’Hôtel de Ville et de l’écoeurement palpable des Montréalais envers les pratiques de son administration. Pourquoi?

L’explication est malheureusement aussi simple qu’elle est désolante et tient à deux facteurs : Harel et Labonté.

Premièrement, l’effet Harel. En tant qu’ex-ministre péquiste responsable des fusions, ouvertement souverainiste (cela va de soi considérant son passé de ministre péquiste) et unilingue francophone, environ la moitié des Montréalais lui était hostile. Disons qu’elle partait avec un énorme handicap, qu’elle aurait peut-être pu surmonter avec le vote francophone.

Or c’est là qu’entre en ligne de compte le facteur Labonté. Les électeurs ont voté à 25% en faveur de Richard Bergeron, pourquoi? Pour faire le ménage. Parce qu’après l’histoire de Benoît Labonté, soudainement, Louise Harel n’est plus apparue en mesure de réparer l’éthique brisée à l’Hôtel de Ville. Parce que les gens que ces odeurs de corruption insultaient le plus ne se sont pas sentis convaincus par Louise Harel, d’où leur appui à Bergeron.

The rest is history comme disent les anglais : le maire sortant s’est faufilé entre deux candidats d’opposition. Une opposition forte dans sa division, dans sa faiblesse, si l’on veut.

Ce n’est pas compliqué, n’est-ce pas? Ce résultat, on aurait pu le prédire dès que l’on s’est aperçu que la course à deux se transformait en course à trois, à une semaine et demie du scrutin.

Ceci étant dit, le maire a été élu avec 37% des suffrages. Sur un taux de participation de 32%. Comme le dit mon confrère blogueur Gros BS, 37% de 32%, ça fait un maire de bien peu de monde. 11,84% en réalité. Il aura donc fallu 12% de la population pour réélire un maire corrompu et sans colonne vertébrale.

Franchement désolant.

Bonne chance, M. Tremblay!

P.S.: Vincent Marissal nous apprenait ce matin que la «grande famille souverainiste» est divisée et en veut à Madame Harel de s’être présentée en dépit de ses faiblesses, d’avoir mal performée, etc. Personnellement : bull shit! Prenez Diane Lemieux, qui s’est rangée du côté de M. Tremblay («Gérald Tremblay is my man!» disait-elle). Ce n’est pas la faute de Mme Harel si la famille est divisée. Diane Lemieux, entre autres, et tous les autres péquistes qui ont travaillé pour MM. Tremblay et Bergeron, sont tous maîtres de leurs propres décisions. À moins d’en vouloir tout simplement à Mme Harel de s’être carrément présentée. Et ça, c’est douteux comme motif de réprimande.

Ah, ces péquistes! Ils sont vraiment dans leur bulle.

L’échec de Gilles Taillon octobre 29, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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La fenêtre d’opportunité dont dispose un chef récemment élu pour faire en sorte de prévenir les divisions internes au sein de son parti n’est pas énormément longue. Hier, Gilles Taillon a fermé la porte… en prenant bien soin de laisser Éric Caire à l’extérieur.

Je me questionne sur le jugement de M. Taillon. Après tout, il n’a pas été élu avec 1 000 voix de majorité mais bien une seule… si le canular d’Omar Bongo est vrai. Sans compter que c’était M. Caire qui a rallié le plus d’appuis au « premier tour », c’est-à-dire qui était le plus populaire des premiers choix des militants qui ont voté. Alors quand je vois M. Taillon refuser de nommer M. Caire au poste de chef parlementaire et invoqué comme raison qu’il est « le seul à avoir été élu avec une majorité », bizarrement, j’ai envie de lui passer un petit coup de fil… histoire de lui remettre les pendules à l’heure.

M. Taillon aurait pu choisir de limiter les possibilités de dissensions internes. Il ne l’a pas fait : il a préféré laisser Éric Caire dans l’ombre. Il aurait pu tenter de reconstruire l’ADQ, et par ADQ j’entends le parti qui représente la droite au Québec. Il ne l’a pas fait : il préfère se rapprocher davantage du centre que de la droite.

Je n’ai jamais cru qu’il soit bon pour l’ADQ que des militants insatisfaits de l’élection de M. Taillon ne fassent défection. Mais à voir l’insouciance avec laquelle M. Taillon agit, je me sens de plus en plus repoussé par ce parti.

Alors quand j’entends une rumeur voulant que peut-être des partisans d’Éric Caire et de Christian Lévesque voudraient créer un nouveau parti, je tends l’oreille. Ne serait-ce que pour fantasmer un peu avant de me rallier inévitablement au seul mouvement de droite pouvant faire opposition au modèle québécois promu par nos deux vieux partis. Et quand je regarde ce qui se passe du côté de l’Alberta avec la Wildrose Alliance, j’ai envie de pleurer. Et d’émigrer en Alberta…

Éric Caire, chef du parti de l’Alliance de la Rose Sauvage? Pourquoi pas rêver.  Entre ça et le Parti taillonniste du Québec… le choix n’est pas compliqué.

Qui a peur de Tony Accurso? octobre 25, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Tony Accurso

À en juger par les dernières péripéties de la campagne électorale municipale, l’homme le plus puissant à Montréal n’est pas le maire sortant, Gérald Tremblay, mais bien… Tony Accurso!

M. Accurso, entrepreneur notoire à Montréal, est célèbre pour son luxueux yacht qui n’a d’égal que  la quantité d’hommes politiques qui y ont séjournés pour ensuite octroyer aux compagnies de M. Accurso  de gros contrats avec la Ville. Et pas toujours faits dans les règles : rappelez-vous le scandale des compteurs d’eau, vieux d’à peine quelques semaines…

Les dernières allégations de Benoît Labonté, ex-numéro deux de Louise Harel, en ce sens sont pour le moins inquiétantes. On sait désormais que le maire est corrompu – enfin, qu’il fait du financement pas très catholique suivi de retours d’ascenseur tout aussi douteux – mais on ne sait juste pas à quel point.

Ce qui me dégoute le plus, c’est qu’à cause de l’ineptie de sa rivale, il sera probablement réélu. Une chance pour lui que la course entre dans sa dernière semaine ; autrement, il aurait bien pu perdre du terrain face à Richard Bergeron, troisième candidat en lice et le seul qui apparaît motivé à faire de la politique par d’autres moyens.

Que savons-nous exactement des pratiques douteuses qui ont court à Montréal, et certainement pas uniquement à Montréal? Des firmes – d’avocats, d’ingénierie – prennent en charge l’élection d’un candidat. Ils contribuent fortement à la caisse électorale du parti et, une fois le candidat élu, attendent le retour d’ascenseur. C’est ce qu’on appelle du financement sectoriel, dans le jargon. Gérald Tremblay et d’autres avant lui y font appel ; Benoît Labonté lui-même y a goûté lors de sa course à la chefferie de Vision Montréal en 2008  ; Louise Harel le ferait également dans le cadre de la présente campagne. De nombreuses personnes – dont un ancien candidat à la mairie contre Pierre Bourque dont j’oublie le nom – auraient tenté de dénoncer, en vain, le processus auprès du DGE.

Mais que se passe-t-il donc à Montréal? La mafia gère-t-elle la ville?

Et ne comptez pas trop sur «papa Charest», notre cher premier ministre aux deux mains sur le volant, pour utiliser les grands moyens : il ne faudait surtout pas «nuire aux enquêtes policières». Ça, c’est l’argument poisseux du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. Comme si l’un empêchait l’autre! Non, décidément, plus je regarde les libéraux agir et plus j’ai des soupçons. Se peut-il que les allégations de Benoît Labonté et Sylvie Roy, ex-leader par intérim de l’ADQ, à l’effet que trois ministres du gouvernement libéral de Jean Charest (David Whissell, ministre duTravail, Julie Boulet,  ministre des Transports, Norman MacMillan, ministre délégué aux Transports) aient séjournés sur le yacht de Tony Accurso, soient fondées?

Sinon, pourquoi refuser une enquête publique? Parce qu’en ce moment, la maison brûle, et que propose le premier ministre du Québec, Jean Charest? Vérifier si le détecteur de fumée fonctionne… Tout le monde s’entend là-dessus : l’escouade spéciale (l’opération Marteau de Jacques Dupuis) mise sur pied ne touchera pas aux liens entre entrepreneurs et politiciens et ne fera certainement pas la lumière sur cette affaire. Les libéraux ont-ils peur d’être éclaboussés? Il faut dire que la dernière commission d’enquête du genre remonte aux années 1970 et avait passablement éclaboussé le gouvernement libéral de Robert Bourassa. Qu’ont à se reprocher les libéraux?

C’est cliché de le dire, mais en politique, lorsqu’il est question d’éthique, les apparences comptent énormément et quiconque ne lave pas plus blanc que blanc peut être soupçonné, à juste titre, d’avoir quelque chose à cacher. Le refus des libéraux de jouer franc jeu dans ce dossier soulève énormément de questions, dont la plus fondamentale : Jean Charest a-t-il peur de Tony Accurso?

Soit dit en passant

Quand bien même que le Cabinet au grand complet déchirerait sa chemise pour exiger la démission de Sylvie Roy après ses récentes insinuations sur les trois ministres libéraux qui auraient fréquenté Tony Accurso, ils ne peuvent rien contre elle. L’immunité parlementaire est un principe élémentaire maintes fois avalisé par la Cour suprême et plus ancien que la démocratie à proprement parler. Que les libéraux arrêtent de se la jouer dramatique, ils ont uniquement l’air de vouloir faire diversion de l’eau bouillante dans laquelle ils semblent baigner.

-2 à 0 pour le Québec… juin 15, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Bon, le réflexe de colonisés de nos chers séparatistes fait encore des siennes! La présence de deux groupes de musique anglophones aux festivités de la St-Jean dans le quartier Rosemont vient d’être annulée. Ils se sentaient menacés par des artistes anglophones, les pauvres séparatistes…

Ah bon. Un éventuel Québec souverain passerait-il une loi pour interdire la musique anglophone en territoire québécois?

Je  soupçonne nos nouilles nationales  (pardon, nos séparatistes…) d’avoir vu là-dedans une continuité du débat sur les plaines d’Abraham, sauf que cette fois, c’est musico-culturel. Pas question qu’on se fasse écraser, dominer, mettre au pas, [insérer ici un verbe synonyme], par ces affreux Anglais et leur musique! 700 millions de Québécois ne résisteraient pas à deux groupes de musique qui partagent la langue dominante du continent… c’est l’Assimilation avec un grand A, version 2009!

(Faites attention, ce mal-là est sournois. Il a déjà avalé Céline…)

À moins que ce ne soit que symbolique. Et oui, en effet, c’est le scénario le plus plausible, après brève réflexion. Ragaillardis par leur «victoire des Plaines», les séparatistes se sont dit qu’il serait bon de vider ainsi tout ce qui est Québécois de toute substance anglophone… ou, pour continuer dans la logique maroisienne, obtenir les (avantages??) de la souveraineté… sans faire la souveraineté. Gagner sans jouer.

Ça a commencé par le 400e de Québec, fallait les entendre chialer contre la présence de Paul McCartney!  Ouach, un anglophone, Britannique en plus! Ils nous ont colonisés il y a 350 ans, c’est inacceptable! Mais ils ont perdu, Sir Paul a quand même fait son spectacle. Puis il y a eu l’hystérie à propos de la reconstitution de la bataille des Plaines, qu’ils ont gagnée…

Grave erreur.

Je crains que l’on n’ait créé un dangereux précédent avec l’histoire des Plaines, en laissant de la sorte des groupes séparatistes dicter la loi et l’ordre au Québec. Aujourd’hui, qui peut les empêcher de refuser à des anglophones la scène de festivités QUÉBÉCOISES (et non SÉPARATISTES)? Je sais que les séparatistes aiment réécrire l’histoire et jouer dans des flms dont la fin est différente chaque fois mais, qu’ils l’apprécient ou non, le Québec a néanmoins une composante anglophone qui a fait de cette province ce qu’elle est aujourd’hui, de la même manière que les Franco-Ontariens ont façonné l’Ontario. Mais ça, les souverainistes, dans leur quête de réécriture de l’histoire, n’en tiennent pas compte. Trop de nuances qui impliquent trop de réflexion, et nos bozos n’aiment pas s’embarrasser de trop de réflexions. Agissons maintenant, réfléchissons plus tard. Séparons-nous maintenant, tenons un référendum plus tard (et s’il est perdant, nous «rembourserons» notre souveraineté, un pouvoir à la fois…)

Trop de nuances pour nos Chevaliers de la Nation, donc. Plus facile de hurler COLONISATEUR! à quiconque parle la langue de Shakespeare sur le territoire québécois. Plus facile de faire passer  les Québécois en entier pour des gros cons. Le PIRE, c’est que si c’étaient des francophones qui étaient victimes d’une telle discrimination, il y aurait des émeutes dans les rues pour dénoncer l’oppression des francophones. Mais bon, dans la logique séparatiste, les anglophones québécois ne font pas vraiment partie de la nation québécoise, on ne peut donc se faire cogner sur les doigts pour oppression de notre minorité. Après tout, ces anglo-Québécois, ils sont Canadian… (Jamais je ne laisserais  ces anglophobes diriger un pays, des plans pour qu’on ait la Commission des droits de l’Homme sur le dos!)

Et sur qui peut-on compter pour défendre le gros bon sens dans cette histoire? Certainement pas notre premier ministre Jean Charest! Ex-premier-ministre-fédéraliste reconverti aujourd’hui au nationalisme, il est aujourd’hui, «gestes de souveraineté» mis à part, aussi nationaliste qu’un chef du PQ.

Résultat : séparatistes 2 , fédéralistes 0, Québécois -2.

Et nous, fédéralistes, on regarde le train passer!

Il y a définitivement un vide fédéraliste à combler au Québec. Les groupes séparatistes prennent beaucoup trop de place et ça nuit à l’image qui est projetée du Québec. Les séparatistes nous font passer pour des colonisés fermés d’esprit et hostiles à toute présence «étrangère» (étrangère : qui n’est pas FRANCOPHONE DE SOUCHE) et ce, uniquement parce qu’on leur laisse avoir une influence démesurée sur la conduite des affaires québécoises (civiles, pas gouvernementales).

Pour la deuxième fois en moins de 6 mois, j’ai honte d’être Québécois.

Nos intégristes laïcistes (ajout) mai 12, 2009

Posted by jay2go in Politique canadienne, Politique québécoise.
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La Fédération des femmes du Québec vient récemment de prendre position contre l’interdiction du port du voile dans la fonction publique. Il n’en fallait pas plus pour qu’on se mette à dénoncer de part et d’autres ce que Djemila Benhabib (Ma vie à contre-Coran) appelle la «gangrénisation» de la FFQ par les mouvements islamistes. Rien de moins! La révolution islamique est à nos portes…

Que des musulman(e)s aient fuit les intégristes islamistes dans leur pays natal pour venir s’établir dans un pays laïc est tout à fait normal. Mais quand ces personnes viennent ici nous dire sans rire qu’il faudrait piétiner les libertés religieuses des musulmans sous couvert qu’eux n’ont pas pu gagner leur «combat contre la liberté» chez eux, c’est une autre paire de manches.

Tant mieux si Mme Benhabib a pu, pour le bien de son développement personnel, fuir son pays. Oui, les extrémistes islamistes oppressent les femmes. Oui, la société québécoise/canadienne est laïque.

Or, d’une part, tous les musulmans ne sont pas intégristes, comme aimerait bien le croire Richard Martineau, qui les met tous dans le même bateau, et d’autre part, je crois que M. Martineau et Mme Benhabib ne comprennent pas bien le concept de laïcité.

Ce que n’ont pas compris nos intégristes laïcistes, c’est qu’une société laïque n’est pas une société dans laquelle on interdit les pratiques religieuses et le port de symboles religieux, c’est une société où l’on n’impose aucune religion comme étant une religion d’État. Laïcisme veut dire neutralité : l’État ne dicte aucune religion et chacun est libre de vivre sa religion comme bon lui semble. Si une femme désire porter le voile, c’est son droit le plus strict. Et n’en déplaise à ces frileux de la religion, toutes les femmes ne portent pas le voile en guise de soumission. Un État laïc peut très bien permettre (permettre N’est PAS obliger) le port du voile sans aliéner son caractère de neutralité à l’égard de la religion.

Mais nos intégristes québécois, qui se sentent menacés par ces « dangereux musulmans qui veulent contrôler le monde » préfèrent une forme plus rigide, plus radicale, de laïcité : l’interdiction des pratiques religieuses dans la sphère publique. À part la nôtre, s’entend. Il ne viendrait à l’idée de personne de commettre l’hérésie de décrocher le crucifix de l’Assemblée nationale, par exemple! Et qu’importe si Noël est un congé férié catholique : si un musulman souhaite travailler à Noël et prendre son congé férié, disons, le 14 avril, nenni! Pas question! Tu prends ton congé catholique ou bien rien. Ce n’est pas de la laïcité, c’est l’imposition du christianisme d’État. Je suis désolé, mais ce n’est pas exactement pécher par ouverture d’esprit…

Mais que voulez-vous, le Québec profond se sent menacé et se croit donc justifié de casser du sucre sur le dos des méchants-immigrants-intégristes-islamistes-qui-veulent-dominer-le-monde-et-voiler-nos-femmes. Quant à Mme Benhabib, que l’on voudrait croire pourtant nuancée étant donné son bagage personnel, elle ne semble pas réaliser qu’il y a une marge entre le voile et la sharia, et qu’interdire le port du voile n’est guère plus noble que l’obliger.  Elle va même jusqu’à justifier sa prise de position par l’affaire Parvez! (Aqsa Parvez est une jeune torontoise de 16 ans assassinée par son père parce qu’elle refusait de porter le voile). Et de conclure : « Que vaut le sang de ces jeunes filles et de ces femmes? ».

Réponse : la même chose que le sang de ces millions d’Africains qui meurent du Sida chaque année. Et que je sache, les bons petit Québécois catholiques ne jurent pas tous que par le pape, qui va raconter en Afrique que le port du condom ne change rien aux chances de contracter le Sida. Le christianisme est meilleur que l’islam, vraiment? Sans rire?? Mais bon, les intégristes, qu’ils soient islamistes ou laïcistes, ne font pas dans la nuance. Mieux vaut s’appuyer sur une minorité qui étaye bien nos propos que sur la majorité silencieuse, et tant pis si cela a des conséquences néfastes pour cette dernière.

Et c’est bien connu, un musulman est beaucoup plus dangereux qu’un chrétien ou qu’un juif, s’empressent de nous dire sur un ton paternaliste ces mêmes illuminés qui appuient les opérations israéliennes contre des civils palestiniens sous couvert d’éradiquer le terrorisme du Hamas et du Hezbollah… mais je m’égare.

Là où je veux en venir, c’est pourquoi ne pas accepter le libre choix en la matière? Pourquoi ne pas accepter que des femmes puissent avoir envie de se voiler en toute liberté, si cela convient à leurs croyances religieuses? Et si on interdit le voile, pourquoi pas interdire les foulards par la même occasion? Ah oui, parce que c’est religieux. Tu parles d’un dogme!

La Turquie est un État laïc qui permet très bien le port du voile en public et dans les institutions. Si la Turquie, par sa position géopolitique et son héritage géo-historique, est capable d’y arriver, pourquoi le Québec/Canada ne le pourrait-il pas? Si la Turquie, qui a bien plus à craindre que nous la menace d’une révolution islamique, accepte de donner cette liberté aux musulmans, pourquoi ne le pourrions-nous pas? Désolé, aucune excuse valable ne me vient à l’esprit. La peur non justifiée, pas plus que la paranoïa, ne sont des excuses valables. 

Bref, dans cette histoire, la FFQ a au moins le mérite d’adopter la position qui s’inscrit le mieux dans le soi-disant caractère d’ouverture qui caractériserait notre société : pas d’obligation, pas d’interdiction.

L’obligation porterait atteinte aux libertés des non musulmans ; l’interdiction porterait atteinte aux libertés des musulmans. Le libre choix, il ferait mal à qui?

Je veux dire, à part à nos intégristes à nous, cette bande de paranos qui se sentiraient bafoués par un palmier…

En ce qui me concerne, être conservateur, c’est refuser de cautionner l’action de l’État dans un domaine qui relève du privé ; c’est refuser que l’État endosse une religion d’État particulière, et refuser à plus forte raison qu’il le fasse tout en  laïc d’une seule et même voix ; c’est laisser le plus de liberté possible et le plus d’opportunités de libre-choix possibles à l’individu. L’État n’a pas à dicter son comportement à un individu, tant qu’il soit en respect du cadre juridique établi. Porter le voile ne viole aucune loi, et il ne devrait y avoir de lois pour restreindre la liberté des individus en la matière. 

Mais pour certains «conservateurs» sociaux, les mêmes qui justifient cette aberration juridique qu’est la prétention de hiérarchiser les droits et rendre le principe de l’égalité homme-femme supérieur de quelque façon à celui de la liberté religieuse ; pour certains conservateurs sociaux donc, il est du devoir de l’État d’imposer une certaine normativité morale en ce qui touche aux prérogatives des individus.

Objection, votre honneur. Militer pour l’intervention de l’État, quelle qu’elle soit, c’est de l’étatisme. Et l’étatisme se situe à gauche de l’échiquier politique.

MM. Martineau et Benhabib, vous me faites honte! En fait, c’est toute une branche de la droite qui me fait honte dans toutes ces histoires de religion et en particulier d’islam. Cette droite populiste qui est pro-israélienne jusque dans les orteils et qui fait montre de l’intolérance la plus crasse sur tout ce qui touche de près ou de loin la religion musulmane.

Islamophobie? Pas loin. Vraiment pas loin…

 


Nous sommes prêts! avril 11, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Quelle est la différence entre la Révolution tranquille des années 1960 au Québec et la Common Sense Revolution (révolution du bon sens) qui a porté les conservateurs ontariens au pouvoir dans les années 1990, à part le terme « révolution » qu’on leur a accolées?

En fait, elles ont tout de différent. Alors que la première a consacré le mariage de la société québécoise avec la social-démocratie (la gauche) et qu’elle perdure encore largement aujourd’hui, la seconde a signifié l’arrêt de mort de l’État providence en Ontario (retrait de l’État et coupures dans les programmes sociaux au menu) et, quinze ans plus tard, elle s’est passablement essoufflée.

Quand on a jeté la religion aux poubelles, à l’aube des années Lesage, la société québécoise s’est rabattue sur la social-démocratie et le nationalisme : l’État devenait notre nouveau maître à penser, le gourou qui allait nous montrer le droit chemin et la marche à suivre ; le nationalisme notre nouvelle religion d’État.

Depuis les années 1960, donc, le discours de la gauche est omniprésent et domine à la fois dans les médias et dans les cercles gouvernementaux. En comparaison, la droite apparaît timide et effacée, sans véhicule propre. L’ADQ est venue combler cette lacune, mais c’est tout de même un timide début : PQ et libéraux se sont relayés à la tête de l’État  durant 40 ans sans grande modification de l’agenda québécois dans son ensemble, resté somme toute axé à la gauche de l’échiquier politique. La seule différence entre les deux principaux partis n’avait rien à voir avec la gauche ou la droite, leur principale différence résidait dans la souveraineté ou le fédéralisme.

La gauche nie l’individu

Le principal problème avec la gauche, selon moi, c’est qu’elle méprise totalement la responsabilité individuelle, comme si les individus étaient trop cons pour prendre leurs propres décisions. C’est le gouvernement qui doit prendre les citoyens par la main, autrement ces derniers deviennent les bibliques brebis égarées. Un exemple banal mais somme toute révélateur : lors de la campagne électorale de 2006, un candidat libéral en entrevue avait décrié la promesse des conservateurs de donner 100$ par enfant par mois à chaque famille canadienne avec un enfant en bas de 6 ans, par opposition à la promesse libérale de créer un programme fédéral pan-national de garderies, à l’image des CPE du Québec. Le candidat libéral, pour illustrer son point, affirma à son interlocuteur que donner l’argent aux familles reviendrait à leur donner de l’argent… pour qu’ils s’achètent de la bière et du pop-corn! Comme si les individus étaient incapable de gérer leurs finances et que le gouvernement était le meilleur pour ce faire!

Un autre exemple, c’est la récente publicité au sujet des compagnies de tabac où on nous met en grosses lettres rouges , superposées à la photo du président d’une compagnie de tabac ou je ne sais quoi, le message « Sa richesse nous tue ». Comme si on tordait le bras aux fumeurs pour qu’ils fument! Le message : les gens sont trop cons pour faire les bons choix. Faut-il bannir les cigarettes et l’alcool sous prétexte que le gouvernement doit prendre de telles initiatives pour préserver la santé de ses citoyens? C’est tout ce discours de la gauche qui me répugne. Les individus sont cons, le gouvernement sait mieux que quiconque ce qui est bon pour les citoyens, laissons le gouvernement gérer nos vies et le monde s’en portera mieux. Belle mentalité! Ce n’est pas avec de telles messages que nous responsabiliserons les individus, ça c’est certain.

Un autre problème avec la gauche, c’est qu’elle joue souvent les empêcheurs de tourner en rond… ou plutôt les empêcheurs d’avancer! Que ce soit les campagnes contre l’installation d’éoliennes (pas dans ma cour!) ou les campagnes de la CSN contre l’«intrusion du privé en santé» (c’est immoral de faire du profit sur la maladie, disait-on), aucun projet n’est assez bon pour eux. Ces groupes de gauche, qui disposent d’un large accès aux sphères gouvernementales et qui disposent d’une grande capacité de lobbyisme, se sont mués au fil du temps en forces promouvant le statu quo et l’immobilisme. Selon la CSN, tant pis si des individus meurent dans les salles d’attentes, il n’est pas question que le privé fasse irruption dans la santé. Nous sommes tous égaux! Égaux devant la mort, oui…

Cette quête de l’égalité est extrêmement perverse pour la société, et elle est reprise par quantité de groupes féministes et syndicalistes. Partout, la gauche prône non pas l’égalité d’opportunités, qui assurerait une véritable équité entre tous les citoyens, mais plutôt l’égalité de résultats. Ce faisant, les groupes féministes (par exemple) ne réclament non pas l’égalité pour les hommes et les femmes mais plutôt la discrimination en faveur des femmes. Il n’y a rien de mal à exiger l’équité salariale, mais exiger partout la parité homme-femme, c’est une insulte à la compétence de tous.  C’est dire qu’avoir le choix entre un homme compétent et une femme incompétente, pour sauver les apparences, on sacrifie la compétence pour le sexe de l’individu. Pitoyable. Je ne crois pas à la prémisse voulant que les femmes soient le sexe fort et donc qu’un gouvernement dirigé par des femmes soit nécessairement meilleur dans son essence. Tout ce cirque à propos de l’égalité de représentation des femmes a comme effet pervers, derrière les beaux discours de promotion de l’égalité, d’encourager… l’inégalité!

Même chose pour les syndicats. Nous ne sommes plus dans les années 1970 ; les normes du travail sont telles aujourd’hui que tous les travailleurs disposent des recours nécessaires en cas de litige avec leur employeur, et les syndicats sont tout bonnement devenus désuets. Si l’on ajoute les avantages démesurés qu’ils revendiquent pour leurs membres (faire la grève pour obtenir la semaine de 4 jours?? En sommes-nous vraiment rendus là??) alors que l’immense majorité des travailleurs n’ose même pas rêver à de tels avantages, c’est tout simplement absurde. Et l’aberration, c’est que ce sont les syndicats, ces représentants de la gauche par excellence, qui encouragent les inégalités entre les travailleurs en traçant une démarcation on ne peut plus claire entre les travailleurs syndiqués et les travailleurs non-syndiqués – en nous répétant que l’inégalité est une conséquence de la droite!

Au Québec, rien ne se fait sans que le gouvernement ne s’en mêle, et ça c’est quand la gauche ne se livre pas tout simplement à de l’obstruction systématique, comme on l’a vu ci-haut avec les campagnes contre les PPP (partenariats public-privé) et les projets de société. Pour la gauche, ok pour les « choix de société » qui donnent tout gratuit aux citoyens, mais quand on parle de projets de société, alors là c’est une autre histoire! La situation est telle qu’aujourd’hui, alors même qu’on veut encourager la natalité dans la société québécoise, il n’a jamais coûté aussi cher à l’État qu’un enfant qui naît, avec tout ce qui vient de congés parentaux et de garderies à tarifs gelés à 7$. D’un côté on « encourage » la natalité mais de l’autre l’État a tout avantage à ce que le taux de natalité soit à son plus bas! Quelle cohérence?

Le nationalisme au Québec

Dans la société québécoise, le nationalisme est désormais la nouvelle religion à laquelle doit obligatoirement se soumettre tout gouvernement nouvellement élu. Depuis les années 1960, combien de gouvernements québécois ont été réellement fédéralistes? De « maîtres chez nous » à « Égalité ou indépendance », en passant par Robert Bourassa et Jean Charest, aucun premier ministre n’a laissé de côté les revendications nationalistes. En fait si, un seul : Charest, 1er mandat. Lui seul a tenté le fédéralisme inconditionnel, lui seul a tenté de tenir tête aux forces nationalistes qui nous gardent enfermés dans le carcan de la « question nationale ». Or il a rapidement été mis au pas, battant des records d’impopularité tout au long de son premier mandat. La suite nous est connue : aujourd’hui, Jean Charest serait en bonne position pour rivaliser avec Pauline Marois pour le leadership du PQ, n’eût été de son image de Capitaine Canada depuis le référendum de 1995, tellement il est nationaliste et revendicateur et qu’il casse du sucre sur le dos d’Ottawa.

Jean Charest avait raison de dire en 2003 que nous étions prêts. Ce qu’il ne savait pas, c’est que nous le serions toujours en 2009, et pas exactement pour la même chose.

Nous sommes prêts pour une révolution du bon sens au Québec.

JE suis prêt!

La droite n’est pas morte mars 25, 2009

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Les élections provinciales de décembre dernier, on le sait, ont été marquées par la débâcle adéquiste et la réélection majoritaire des libéraux.

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Il n’en fallait pas plus pour que nombre de journalistes et chroniqueurs concluent au retour à la polarisation souverainistes-fédéralistes d’antan. Alors qu’en 2007 on disait que le moule de la question nationale était cassé et que la droite (le conservatisme) était de retour sur la scène politique, on disait également à l’issue du dernier scrutin que c’était terminé, que la droite était rentrée dans ses terres et que le débat entre partisans du OUI et partisans du NON était repris de plus belle.Comme si le moule avait été cassé pendant 18 mois et qu’il avait subitement repris sa forme initiale comme par enchantement

C’est une conclusion un peu hâtive qui ne résiste pas à l’analyse.

Il existe une théorie en science politique appelée théorie des réalignements électoraux. Les phases de réalignement électoral sont marquées par d’intenses affrontements politiques, des bouleversements dans les rapports de forces entre les partis, l’apparition ou la disparition de forces politiques, ces transformations étant liées à l’apparition de nouveaux enjeux et des changements de position des partis sur des enjeux structurants de la vie politique. Une phase de réalignement commence toujours par une rupture de l’ordre électoral en place. Cette rupture se produit à l’occasion d’une ou de deux élections proches. Dans le premier cas on parlera d’élection de rupture, dans le second de moment de rupture. La phase de réalignement électoral se termine par une élection de réalignement, qui fixe le nouvel ordre électoral qui va caractériser la nouvelle période politique, ou parfois par deux élections proches et on parlera alors de moment de réalignement. Ces phases de réalignement ne sont pas seulement des évènements électoraux, elles sont également marquées par des transformations importantes dans les quatre autres domaines de la vie politique des démocraties représentatives : le système partisan, le fonctionnement du système politique, les relations entre les citoyens et le système politique et les politiques publiques.

On a donc une situation d’équilibre où deux ou trois partis s’affrontent lors d’élections. Puis, sous l’effet de facteurs quelconques, les forces politiques en présence modifient l’équilibre des partis : le plus souvent, un nouveau parti est fondé, lequel participera aux élections subséquentes. Le nouveau parti en question peut soit supplanter l’un des partis, c’est-à-dire prendre sa place, ou encore, qu’à un équilibre bipartite (où deux partis s’affrontent) se substitue un équilibre tripartite ou encore quadripartite.

Un exemple? De 1936 à 1966 au Québec, le parti libéral et l’union nationale s’échangent le pouvoir sporadiquement (équilibre bipartite). Suite à des dissensions au sein du parti libéral, le parti québécois est fondé en 1968. Il participera aux élections de 1970 et 1973 (moment de rupture), aux cours desquelles il ne fera élire qu’une poignée de député, le parti libéral et l’union nationale restant les deux partis en importance au cours de cette période. Puis, en 1976, le parti québécois est porté au pouvoir alors que l’union nationale ne fait élire que 11 députés. Lors de l’élection subséquente, en 1981, l’union nationale ne fait élire aucun député (elle sera dissoute en 1989). Le parti québécois a donc remplacé l’union nationale, et 1976 et 1981 marquent le moment de réalignement.

Revenons maintenant à la situation actuelle. En 2003, les libéraux prennent le pouvoir. Le débat public est alors monopolisé depuis 40 ans par la question constitutionnelle, tant et si bien qu’en 2007, surfant sur une vague de mécontentement populaire et de fatigue vis-à-vis les deux « vieux » partis, l’ADQ passe à un cheveu de former le gouvernement. Pendant 30 ans, on n’était ni conservateur ni libéral mais bien souverainiste ou fédéraliste. Comme les progressistes étaient représentés par le côté social-démocrate du PQ, la droite a été privée d’une voix depuis que l’union nationale s’est révélée ne plus être une force politique importante, au milieu des années 1970. La droite s’est ainsi trouvé un véhicule lors de l’élection de 2007 pour exprimer ses idées, après 30 ans de mutisme forcé.

Sachant que les libéraux ont été élus majoritaires en 2008 parce que 700 000 adéquistes sont restés chez eux, il y a lieu de se demander si les libéraux auraient été élus, advenant que les 700 000 adéquistes en question soient sortis voter en 2008. Si c’est bien le cas, et on le saura aux prochaines élections, il se pourrait bien que 2007 ait été en réalité une élection de rupture avec l’équilibre initial où fédéralistes et souverainistes alternaient au pouvoir.

Ma théorie, c’est que le faible résultat de l’ADQ en 2008 ne marque pas le retour au système bipartite d’antan comme on l’a maintes fois entendu ; il masquerait plutôt un profond réalignement politique en cours au Québec à l’heure actuelle. Il ne serait donc pas surprenant que s’ayant doté d’un nouveau chef, l’ADQ se révèle être une force politique avec laquelle libéraux et péquistes devront compter lors de la prochaine élection. Si cela s’avérait, nous serions vraisemblablement en plein moment de rupture à l’heure où l’on se parle.

Posé plus simplement, croyez-vous vraiment que les électeurs québécois vont se contenter de devoir choisir entre un gouvernement libéral dont ils sont fatigués et la menace d’un référendum lors des prochaines élections? L’ADQ pourrait renaître de ses cendres et plus rapidement que certains n’aimeraient bien le croire, d’autant plus qu,avec un nouveau chef en février 2010, l’ADQ aura amplement le temps de faire ses devoirs et de faire connaître ses idées avant le prochain scrutin, prévu quelque part entre le printemps 2012 et l’automne 2013.

L’avenir nous le dira, mais un gouvernement péquiste minoritaire faisant face à une opposition officielle adéquiste dans le prochain parlement québécois est un scénario pas si ésotérique qu’il n’y paraît à première vue. Après avoir ressuscité le débat gauche-droite et à l’heure des débats de société qui s’annoncent prochainement au Québec, le moment n’a jamais été aussi propice à l’avènement d’un parti de centre-droit comme force politique constante au Québec.

Lame-duckism sets in early for Charest government mars 25, 2009

Posted by jay2go in Économie et crise financière, Politique québécoise.
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Petite trouvaille sur le site du journal The Gazette – écrite par Don MacPherson – qui résume bien ma pensée concernant le budget 2009 du gouvernement Charest. Désolé si l’anglais pose problème.

***

Look on the bright side: In the political outlook for Quebec following the tabling of Finance Minister Monique Jérôme-Forget’s budget this week, at least there is no plague of locusts.

But job losses, political uncertainty, labour unrest causing disruptions in public services, cuts in government programs, social tensions, and increases in taxes and fees, culminating in a few years with the election of a new government with a secessionist agenda? Yep, all there.

It must have required considerable effort for Liberal members of the National Assembly to force a smile when they rose to their feet to applaud the finance minister at the conclusion of her budget speech on Thursday.

For what they had just heard increased the probability that if they run in the next election, only those with safe Liberal seats will be returned to the Assembly, and then only to the opposition benches.

Yes, six months is an eternity in politics, and so there are several eternities left until the next election, due in 2012 or 2013. That’s more than enough time for the Parti Québécois to have at least one internal crisis over referendum strategy.

But even before the budget speech, the odds were that the Liberal government’s new term would be its last. Jean Charest, the Gambler, was already playing with house money after becoming the first Quebec premier in more than 50 years to win three consecutive terms (well, two and a half). And in the past, recessions have proven fatal to Quebec governments’ chances of re-election.

The budget speech must have been a strong indication to Liberal MNAs that, only three months into their new term, the finance minister and her boss have already given up on their chances of re-election three or four years from now.

If not, then it was an audaciously unconventional re-election strategy that was outlined in the speech.

Usually, a government plans to get any unpopular but necessary measures out of the way in the first half of its term to give the voters time to get over them, then spends the second half campaigning for re-election.

But the headline items in the budget speech were increases in the sales tax and fees – to start in the third year of the government’s term.

Also, starting next year, and for the three following years, spending on government programs will be cut back by an average of nearly $1 billion a year. Since Jérôme-Forget said this will be accomplished without « slashing » spending on health and education, programs in other areas will suffer deeper cutbacks.

And the budget plan says the government will still have to find additional, combined revenue increases and spending cuts rising from $450 million in the 2010-11 fiscal year to $3.8 billion in 2013-14.

This will inevitably make for especially difficult negotiations with the public-sector unions when their collective agreements come up for renewal next March. More than half of program spending (54.7 per cent in the coming fiscal year) goes to pay government employees.

In addition to protests by interest groups against cuts to their favourite programs, there could be disruptions of public services caused by union pressure tactics. The Charest government’s third term might start to look a lot like its first, when the government set records in unpopularity it is already breaking.

The government’s credibility with voters was already shaky. Now, after obtaining a legislative majority to deal with the economic crisis, it has tabled a budget that the Conference Board of Canada said yesterday « will provide virtually no new economic stimulus in 2009. »

The budget fuelled speculation that Jérôme-Forget, who is 68, will soon retire, forcing a cabinet shuffle, and that Charest will not lead the Liberals into another election. A government that had promised political stability in an economic crisis looks even more like a lame duck.

2011?? mars 21, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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La planète entière ne sait plus où donner de la tête ; tous les États traversent la pire récession depuis la Grande Dépression ; nos gouvernements sont dans le rouge ; le «bas de laine» des Québécois est dans le trou de 40 milliards… bref, rien ne va plus côté économique. Comment s’en sort le gouvernement québécois? En repoussant les mesures économiques contre la crise à… 2011!

Je ne suis pas un fan de l’interventionnisme d’État, mais tant qu’à agir et se mettre dans le trou (7 milliards en deux ans), aussi bien le faire pour combattre la crise non? Pourquoi repousser les hausses de TVQ et de tarifs à 2011? Pourquoi faire un trou maintenant et ne commencer à le remplir que dans deux ans? Il y a quelque chose que je ne comprend pas.

Et ce n’est certainement pas pour gagner les prochaines élections, il vient d’y en avoir! À la limite, les prochaines élections seront tenues en 2013. Si les libéraux voulaient nuire à leurs chances de réélection, ils ne s’y seraient pas pris autrement. Il me semble que de 2009 à 2013, les gens ont beaucoup plus le temps d’oublier hausses de taxes et de tarifs qu’entre 2011 et 2013 non? C’est faciliter la victoire du PQ! Tant qu’à ça, pourquoi ne pas constituer un fonds d’urgence pour la prochaine crise économique? Tant qu’à continuer dans la même logique…

Je ne suis pas un fan de l’interventionnisme d’État. Personnellement, si on me le demande, je suis plutôt favorable à un plan minimaliste. C’est après l’ouragan qu’il faut nettoyer, pas pendant. Mais là où j’ai un problème, c’est que j’ai la désagréable impression qu’on nous prend pour des valises. Après avoir déclenché les élections supposément pour avoir les mains libres pour traverser la crise économique, le premier ministre ne fait certainement pas mieux qu’il aurait fait s’il avait été minoritaire. J’étais un de ceux qui ont défendu avec le plus d’ardeur la décision de M. Charest de partir en campagne électorale en novembre dernier. Or cette campagne, on l’a su par après, était déclenchée uniquement pour donner la chance aux libéraux de s’acheter une majorité avant que les résultats de la Caisse de dépôt et placement du Québec ne viennent compromettre leurs chances d’être majoritaires pour de bon. M. Charest donc s’est acheté quatre ans. Et aujourd’hui il fait quoi? Il attend! Il ne pouvait pas attendre en novembre dernier, mais maintenant, pas de problème! Les libéraux sont confortablement assis sur leur siège (en fait, leurs 66 sièges). Le gouvernement dépense à crédit mais ce n’est pas grave, l’argent va rentrer dans deux ans! Ayoye… l’économie d’abord? Non, c’est Mario Dumont qui avait raison : l’économie prend l’bord!! Et en plus, ils gèlent les frais des CPE! Au nom de quoi?? Ah non, pardon, je sais très bien au nom de quoi : au nom de «c’est pas payant électoralement». Ça ne fera pas gagner des votes d’augmenter les tarifs des garderies, après tout. Hahem, excusez-moi, mais les hausse d’Hydro, de TVQ, de SAAQ et d’une foule d’autres services (même demander sa copie de baptistaire va être plus cher! Mais les garderies? Pas touche!) non plus ne feront pas gagner d’élections. Tant qu’à être parti pour la gloire, ils auraient aussi bien pu y aller one shot. Mais non, au Québec, ça ne fonctionne pas comme ça. L’ADQ 2.0, c’est pour quand? Vous avez besoin de fonds, de main-d’oeuvre, quelque chose? Appelez-moi, je suis disponible…

J’étais un de ceux qui ont défendu le timing de la dernière campagne électorale québécoise avec le plus d’ardeur. Je suis aujourd’hui un de ceux qui réclament le départ de Jean Charest le plus rapidement possible. D’ailleurs, si j’étais un stratège libéral, je n’attendrais certainement pas jusqu’en 2012 pour conseiller à M. Charest de se trouver un autre job. Ni à Monique Jérôme-Forget (rappelez-vous : «il n’est pas question de déficit», «j’ai une bonne réserve», ma sacoche est belle, ma sacoche est grande, ma sacoche c’est la meilleure! ) Mais au moins elle, elle passera l’arme politique à gauche à la fin de la présente session parlementaire.

And then there was one…