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Fédérales 2011 : la fin d’une époque? mai 7, 2011

Posted by jay2go in Élections fédérales 2011.
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L’éradication du Bloc québécois de la carte électorale, le 2 mai dernier, constitue dans les faits le signe précurseur d’un changement de paradigme à venir dans la définition du débat politique au Québec.

À la vue des résultats du scrutin de 2008, n’importe quel étranger en visite au pays aurait été porté à tirer comme conclusion que les deux tiers des Québécois veulent la souveraineté mais que, aux prises avec un gouvernement fédéraliste à Québec, ils n’attendent que le grand soir des élections provinciales pour enclencher la mécanique référendaire devant mener à l’indépendance du Québec.

Ou, pour faire simple, que l’enjeu de la souveraineté est toujours bien vivant au Québec et qu’il est au coeur des préoccupations québécoises. Après tout, 51 députés souverainistes sur 75, ça veut bien vouloir dire quelque chose, non?

Eh bien non, justement, et les élections du 2 mai dernier auront au moins eu (entre autres choses) le mérite d’ajuster, au sein du parlement canadien, la voix du Québec de manière à ce qu’elle reflète les préoccupations réelles des Québécois de manière plus conforme qu’auparavant. Car aujourd’hui, 15 ans après le dernier référendum, force est de constater que la souveraineté est tout sauf à l’avant-scène du débat politique, un fait qui était, jusqu’à la semaine dernière, masqué par les succès électoraux consécutifs du Bloc québécois. Aujourd’hui, les préoccupations de l’électorat québécois tournent davantage autour de la question des services publics et de l’avenir du «modèle québécois» qu’autour de la question nationale et de l’avenir du Québec au sein du Canada.

De l’avenir de la souveraineté

La souveraineté est-elle morte? Je ne le crois pas. Est-elle vouée à la marginalité politique, condamnée à ne survivre que dans les limbes des débats publics futurs? Je ne sais pas. Personne ne le sait. Mais une chose est certaine : la question nationale, qui au cours des quarante dernières années a constitué la charnière autour de laquelle s’articulait le débat politique au Québec, est en train d’être tranquillement reléguée au second plan.

Certes, il y a et il y aura toujours une frange d’irréductibles indépendantistes pour qui chaque jour passé sous le statu quo est un jour de trop ; pour qui la survie de la nation québécoise est strictement incompatible avec une quelconque existence au sein de la fédération canadienne ; pour qui l’Anglais avec un grand A sera – et plus tôt que tard – le fossoyeur du fait français en Amérique.

Mais pour la majorité des Québécois, la souveraineté ne soulève guère plus qu’un haussement d’épaules. La souveraineté? Ouais, un jour peut-être, pourquoi pas. Mais pas maintenant : il y a trop de problèmes plus pressants à régler. On a un système de santé à reconfigurer, un système d’éducation à moderniser, un système de justice à réformer… pour les plus lucides (les plus courageux?), c’est, ultimement, toute une philosophie politique qu’il faut repenser. D’une gauche qui se prétend efficace à une droite qui se veut «décomplexée», il nous faut aujourd’hui de toute évidence redéfinir les termes du débat public et réévaluer nos options – toutes nos options. Alors la souveraineté, dans tout ça… prenez un numéro, s’il-vous-plaît. Chacun son tour.

Ah bon, vraiment? Et pourquoi cette thèse serait-elle plausible? Après tout, comment peut-on en arriver, collectivement, à mettre de côté sans embages un enjeu qui a défini 40 ans de vie politique et autour duquel l’électorat a été polarisé comme jamais il ne l’avait été auparavant sans qu’il ne se soit produit un évènement majeur pour lui donner l’impulsion nécessaire?

Dur à dire. Dur à croire, même. En physique comme en politique, il faut qu’une force motrice agisse sur un corps si on veut qu’il se mette en mouvement. Logiquement, il faut qu’il se produise quelque chose de grave pour réorienter de manière aussi fondamentale un débat public et le détourner d’un enjeu aussi central que ne l’a été celui de la place du Québec au sein du Canada… non?

Ça dépend. En soi, le contexte qui prévaut actuellement constitue une puissante force motrice susceptible d’entraîner une réorientation du débat politique telle que celle à laquelle on assiste aujourd’hui. Ce n’est pas un évènement du style «séisme», perceptible par tous et dont l’évidence même ne peut être ignorée ; il s’agit plutôt d’un évènement du style «mouvement de plaques tectoniques», imperceptible pour la plupart d’entre nous, timidement mesuré par les spécialistes de la question mais dont les conséquences peuvent s’avérer durables.

Bref, je ne sais pas si le débat sur la souveraineté est définitivement mort et enterré ou s’il n’est que plongé, pour l’instant, dans un état d’hibernation dont la durée nous est inconnue.

Ce que je sais, par contre, c’est que les Québécois ne sont ni sourds ni aveugles, et encore moins stupides.

Turbulences à l’horizon…

Depuis le temps que les médias nous martèlent que le choc démographique qui nous attend, causé par le vieillissement de la population, entraînera une crise des finances publiques sans précédent et que si nous ne revoyons pas notre façon de concevoir ce fameux « modèle québécois » hérité de la frénésie révolutionnaire-tranquille, nous fonçons tout droit vers un mur de béton armé, il ne faut pas s’étonner que la question sociale ait emboîté le pas à la question nationale.

Les Québécois sont les citoyens les plus taxés en Amérique du Nord, et pour beaucoup d’entre eux, il y a de fortes chances pour que les programmes sociaux qu’ils ont toujours connu jusqu’ici – et pour lesquels ils ont payé des impôts une bonne partie de leur vie – ne soient pas là pour eux lorsqu’ils en auront besoin. Pour le dire crûment, pour beaucoup de Québécois, le système de santé qu’ils ont financé durant toute leur vie les laissera mourir, au mieux entourés de leurs proches dans une salle d’attente d’un hôpital bondé, au pire seuls dans le corridor d’un hôpital bondé. Le système les aura abandonné à leur triste sort parce qu’il ne sera plus en mesure de répondre à la demande. Pour beaucoup de jeunes adultes, un tel constat signifie qu’ils devront se résigner, si rien n’est fait, à avoir un niveau de vie substantiellement moins élevé que celui de leurs parents, tout en devant payer autant sinon davantage de taxes et d’impôts.

Et qui est aux commandes du navire? Un capitaine incompétent, incapable de déchiffrer une carte maritime même si sa vie en dépendait, plus intéressé à se soûler sur le pont avec ses matelots et à graisser la patte des pirates jaillis du fin-fond du firmament océanique qu’à diriger ce navire en perdition, pris au coeur de la tempête et se dirigeant tout droit vers une montagne de récifs. Et de surcroît, le capitaine du navire est sans cesse en train de se quereller avec l’aspirant capitaine au sujet de la direction à prendre ; l’un veut aller vers l’ouest, l’autre préconise l’est, et tous accordent davantage d’attention à clouer le bec de l’autre qu’à regarder l’état des eaux. Et nous, dans la cale, subissons les affres de cet océan déchaîné. Nous tanguons de concert avec le navire, mesurons l’ampleur de chaque vague qui en frappe la coque. Et si jamais il devait arriver malheur au navire, les matelots et leur capitaine auraient toujours leurs bouées de sauvetage et leur canots pour les tirer d’affaire. Pas nous.

Grossière caricature, je l’avoue, mais je dramatise à peine.

Ce sentiment d’injustice et d’impuissance face à une situation qui nous dépasse tous est bien ancré dans la psyché collective. Mais, paradoxalement, ce sentiment constitue également un profond incitatif à faire bouger les choses, à donner un grand coup de balai, à foutre à la porte ces gouvernants qui n’ont su gérer la situation et installer au pouvoir à leur place un groupe d’individus déterminés à donner un sérieux coup de volant. Qu’ils soient de gauche ou de droite, franchement, pour l’instant, cela importe peu.

C’est, à mon avis, cette volonté de changement décrite plus haut qui explique que nous ayons propulsé l’ADQ tout droit dans l’opposition officielle en 2007, à cinq sièges de former un gouvernement minoritaire. Jean Charest et André Boisclair parlaient ; Mario Dumont voulait agir.

C’est également ce qui explique notre soudaine histoire d’amour avec le NPD, qui a remporté plus de sièges au Québec en une élection que le Bloc québécois n’aurait pu envisager, même dans ses rêves érotiques, pendant ses plus grandes heures de gloire : avec Jack Layton, le changement était possible.

Mais je m’éloigne du sujet.

Le fait est que, pour la question nationale, ce sentiment mixte d’impuissance collective et de volonté de faire bouger les choses est un sédatif plus puissant que tous les love-in du monde réunis. C’est ce sentiment d’urgence d’agir, qu’il soit réel ou démesurément amplifié, qui enfoncera le dernier clou dans le cercueil de la souveraineté pour l’avenir prévisible.

Vers une réorientation du débat politique

En toute logique, le contexte qui prévaut actuellement devrait normalement favoriser l’émergence de débats publics davantage orientés en fonction de l’axe gauche/droite.

Faut-il maintenir les services publics ou les réduire?

Comment augmenter l’assiette fiscale sans étouffer davantage les contribuables?

Comment améliorer notre productivité?

Comment préserver le modèle québécois, ou du moins le moderniser de manière à faire face au choc démographique, sans pour autant le démanteler ou le dénaturer?

Qui taxer, quoi taxer et surtout, comment taxer?

Voilà autant de questions auxquelles la souveraineté n’est pas en mesure de répondre, d’où l’effacement de la question nationale observé tout au long de la dernière décennie.

Et puis, il faut dire que pour beaucoup de Québécois, le Canada n’est pas ce monstre hideux que nous dépeint le discours souverainiste, à la merci de ce tyran impitoyable nommé Ottawa. Il fait même plutôt bon y vivre. Parfois, on arrive même à oublier que nous ne sommes qu’une province au sein d’un pays qui en compte dix. Certains Québécois arrivent même à ressentir à l’égard du Canada un certain sentiment d’appartenance!

Bref, la souveraineté n’est pas, n’est plus, un enjeu pressant. Alors qu’en ce qui concerne les finances publiques, au contraire, le temps n’est plus un luxe que le Québec peut se permettre.

Et ça, les Québécois en sont pleinement conscients.

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En attendant la vague orange… avril 22, 2011

Posted by jay2go in Élections fédérales 2011.
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À un peu plus d’une semaine de ce fameux 2 mai où nous, électeurs canadiens, aurons à nous prononcer collectivement sur la configuration du 41e parlement fédéral (de même que, indirectement, sur l’identité du prochain gouvernement), voilà que la campagne électorale fédérale suscite à nouveau les passions. Après la monotonie des trois premières semaines, place à la frénésie et aux spéculations!

Le NPD premier au Québec? Les deux sondages CROP et EKOS des dernières 48 heures ont eu un effet boeuf sur la faune politico-médiatique québécoise. Il semble désormais indéniable que l’on sera témoin, le 2 mai prochain, d’un transfert de voix massif du Bloc vers le NPD.  Bien que personne n’ait pu sérieusement le prévoir, avec un peu de recul, ce phénomène est-il vraiment si incroyable?

La «sagesse conventionnelle» des politologues québécois incombe généralement les insuccès passés du NPD à connecter avec l’électorat québécois à un seul élément : leur vision trop centralisatrice de la fédération canadienne, laquelle déplairait souverainement à la frange nationaliste (et majoritaire) de l’électorat québécois (nationaliste étant entendu ici par opposition aux indépendantistes convaincus et aux fédéralistes purs et durs).

C’est bien connu, les quelques 40% de nationalistes mous, ces Québécois qui s’identifient d’abord à leur province mais qui s’estiment tout de même à l’aise au sein du Canada, préfèrent un gouvernement fédéral qui respecte scrupuleusement la répartition des compétences législatives établie par la constitution canadienne à un gouvernement intrusif, peu soucieux des limites constitutionnelles à son action législative et impatient d’utiliser le pouvoir fédéral de dépenser comme bon lui semble.

Pourrait-on, dès lors, imaginer un parti moins en phase avec l’opinion publique québécoise que le NPD, ce parti de gauche pour qui il est du devoir du gouvernement fédéral de légiférer sur tout ce qui touche de près ou de loin à la question sociale? Autrement, comment expliquer que le parti le plus à gauche du parlement canadien n’obtienne toujours à l’échelle de la province la plus à gauche du pays (laquelle devrait pourtant logiquement constituer son terreau le plus fertile) qu’un niveau d’appui famélique, sinon que par une quelconque incompatibilité, disons, génétique avec son électorat?

Le problème avec cette analyse est qu’elle repose sur de fausses prémisses.

D’une part, un tel argument a pour conséquence de placer les positions idéologiques du NPD aux antipodes de l’opinion publique québécoise. Le NPD serait par conséquent le parti le moins compatible avec l’électorat québécois, ce qui est faux. Hormis la question nationale (incluant la vision du fédéralisme), peu de choses séparent idéologiquement les électeurs québécois des politiques prônées par le NPD : tous deux sont favorables à la social-démocratie, et tant le NPD que le Bloc, ce grand défenseur des «valeurs québécoises», votent en règle générale sensiblement de la même manière sur les projets de lois débattus aux communes.

Surtout, cet argument déforme la réalité en accordant une fausse primauté à la question de la position du NPD vis-à-vis du degré idéal de centralisation de la fédération canadienne.

Pour bon nombre de Québécois, il ne s’agit-là que d’une question théorique, du moins en ce qui concerne le NPD, car en réalité, le parti centralisateur dont il faut se méfier n’est pas ce dernier, qui n’a jamais pris le pouvoir et peut donc montrer patte blanche en la matière, mais plutôt le Parti libéral du Canada, dont les Trudeau et Chrétien n’ont jamais vraiment fait preuve d’une grande sensibilité à l’égard des doléances des législatures québécoises à l’effet qu’Ottawa empiétait allègrement sur les juridictions québécoises en légiférant avec enthousiasme dans des champs de compétences exclusivement dévolus aux provinces, un enthousiasme moins motivé par un réel souci d’uniformiser le filet social canadien que par la volonté à demi avouée de gommer toutes disparités régionales, et en particulier la spécificité québécoise, considérée comme une menace à l’unité nationale.

Ceci n’est pas une opinion, c’est un fait historique.

Le consensus libéral en vogue au Canada depuis les années 1960 s’est toujours défini par un gouvernement fédéral fort, en mesure de garantir un filet de sécurité social relativement uniforme pour tous les Canadiens, peu importe leur province d’origine, et responsable d’en assurer l’intégrité. Concrètement, cela s’est généralement traduit par un effacement de la législature provinciale au profit de la législature fédérale en matière de programmes sociaux, au grand dam de la législature québécoise. Historiquement, le Québec a toujours été la province la plus farouchement opposée au pan-canadianisme affiché du gouvernement fédéral en la matière, spécificité québécoise oblige.

S’il est vrai que le NPD est plus à gauche que les libéraux (et ça, tout le monde le sait), son caractère soi-disant plus centralisateur que le parti libéral fédéral reste à prouver. Les libéraux se battent contre le poids de l’histoire et leurs propres actions passées lorsqu’ils étaient au pouvoir. Pas le NPD.

L’effondrement de la forteresse bloquiste

Quant au Bloc québécois, vingt ans à exercer une hégémonie quasi sans partage sur la province l’ont usé.  Le faible intérêt manifesté par la majorité de l’électorat québécois à l’égard de la question constitutionnelle a contribué à marginaliser le discours autrefois dominant du Bloc. Le zèle affiché des souverainistes à l’endroit d’enjeux tels que le bilinguisme et l’accès aux écoles anglophones a jeté un froid entre les élites souverainistes et l’ensemble de la population.

Mais surtout, la stratégie sur laquelle repose la campagne des conservateurs a joué pour beaucoup dans les désertions massives dont est victime aujourd’hui le Bloc québécois.

À force de réclamer ouvertement un gouvernement majoritaire, Stephen Harper a contribué à polariser l’électorat québécois et à amplifier la nécessité, aux yeux de bon nombre d’entre eux, d’appuyer l’option progressiste. Or, depuis le temps que l’on martèle que ces élections vont se jouer dans la région métropolitaine de Toronto, beaucoup d’électeurs à la base peu enclins à appuyer le Bloc mais qui s’y étaient néanmoins résignés par le passé faute d’une alternative n’ont aujourd’hui plus aucune raison de se rendre aux urnes et de voter pour les candidats bloquistes en se bouchant le nez.

Tant que les conservateurs avaient besoin du Québec pour faire élire un gouvernement majoritaire, il était logique de voter pour le Bloc afin d’empêcher une telle issue. C’était le cas en 2006 et en 2008, mais plus aujourd’hui. Beaucoup d’électeurs n’ont donc plus aucun impératif à voter Bloc et se trouvent disponible pour appuyer un autre parti. Et comme les libéraux ne semblent aller nulle part et qu’ils ne soulèvent guère les foules, qui reste-t-il?

Quant à ceux qui se résignaient à voter Bloc en raison de l’absence d’option fédéraliste viable (et c’est le cas de la majorité des francophones, plus progressistes que conservateurs et, dans une large mesure, plutôt hostiles aux libéraux), voilà que le NPD est soudainement apparu comme, justement, une option valable.

Toutes les conditions étaient réunies pour qu’une seule allumette suffise à déclencher un incendie. Et cette allumette, elle s’appelle Jack Layton et elle s’est enflammée avec sa performance au débat des chefs et à sa prestance lors de son passage à Tout le monde en parle.

Bref, la forteresse rhétorique du Bloc québécois s’est effondrée, et beaucoup de Québécois, assoiffés de changement, ont jeté leur dévolu sur le NPD.

La souveraineté ne soulevant plus guère de foules, la disparition du seul argument qui motivait jusque-là une portion non négligeable d’électeurs à appuyer le Bloc, l’apparition soudaine et inattendue d’une «troisième voie», d’une alternative viable aux deux vieux partis que sont le Bloc et le PLC et de surcroît apparaissant comme la seule véritable voix d’opposition aux conservateurs, tous ces éléments ont conduit les Québécois à se jeter dans les bras du NPD.

De même, la polarisation croissante de la campagne électorale entre la gauche et la droite, exacerbée notamment par la perspective bien réelle de l’avènement d’un gouvernement conservateur majoritaire,  a conduit bien des électeurs à considérer le NPD sous un angle nouveau et à donner sa chance au coureur. Ce dernier est donc apparu comme une bouffée d’air frais, comme une opportunité d’ébranler les fondements d’un statu quo devenu moribond et pas du tout représentatif de l’humeur réelle de l’électorat québécois.

Un réalignement durable?

Dans ces circonstances, je ne crois donc pas que cette «vague orange» va s’essouffler d’ici le jour du scrutin. Au contraire, je ne serais pas étonné qu’elle continue à gagner en intensité.

Les Québécois sont-ils en train de «reconquérir le Canada» en donnant sa chance au NPD? La population a-t-elle décidé de s’investir davantage dans la fédération, d’exercer une plus grande influence sur la direction que prendra le Canada dans les prochaines années?

Il est sans doute trop tôt pour le dire, et il serait hautement imprudent de spéculer sur un éventuel réalignement électoral qui serait en cours au Québec. Néanmoins, une chose est sûre : les cartes sont présentement en train d’être rebrassées, tant à l’échelle québécoise que dans le Canada dans son ensemble.

Reste à voir qui sera le grand perdant.