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Lame-duckism sets in early for Charest government mars 25, 2009

Posted by jay2go in Économie et crise financière, Politique québécoise.
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Petite trouvaille sur le site du journal The Gazette – écrite par Don MacPherson – qui résume bien ma pensée concernant le budget 2009 du gouvernement Charest. Désolé si l’anglais pose problème.

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Look on the bright side: In the political outlook for Quebec following the tabling of Finance Minister Monique Jérôme-Forget’s budget this week, at least there is no plague of locusts.

But job losses, political uncertainty, labour unrest causing disruptions in public services, cuts in government programs, social tensions, and increases in taxes and fees, culminating in a few years with the election of a new government with a secessionist agenda? Yep, all there.

It must have required considerable effort for Liberal members of the National Assembly to force a smile when they rose to their feet to applaud the finance minister at the conclusion of her budget speech on Thursday.

For what they had just heard increased the probability that if they run in the next election, only those with safe Liberal seats will be returned to the Assembly, and then only to the opposition benches.

Yes, six months is an eternity in politics, and so there are several eternities left until the next election, due in 2012 or 2013. That’s more than enough time for the Parti Québécois to have at least one internal crisis over referendum strategy.

But even before the budget speech, the odds were that the Liberal government’s new term would be its last. Jean Charest, the Gambler, was already playing with house money after becoming the first Quebec premier in more than 50 years to win three consecutive terms (well, two and a half). And in the past, recessions have proven fatal to Quebec governments’ chances of re-election.

The budget speech must have been a strong indication to Liberal MNAs that, only three months into their new term, the finance minister and her boss have already given up on their chances of re-election three or four years from now.

If not, then it was an audaciously unconventional re-election strategy that was outlined in the speech.

Usually, a government plans to get any unpopular but necessary measures out of the way in the first half of its term to give the voters time to get over them, then spends the second half campaigning for re-election.

But the headline items in the budget speech were increases in the sales tax and fees – to start in the third year of the government’s term.

Also, starting next year, and for the three following years, spending on government programs will be cut back by an average of nearly $1 billion a year. Since Jérôme-Forget said this will be accomplished without « slashing » spending on health and education, programs in other areas will suffer deeper cutbacks.

And the budget plan says the government will still have to find additional, combined revenue increases and spending cuts rising from $450 million in the 2010-11 fiscal year to $3.8 billion in 2013-14.

This will inevitably make for especially difficult negotiations with the public-sector unions when their collective agreements come up for renewal next March. More than half of program spending (54.7 per cent in the coming fiscal year) goes to pay government employees.

In addition to protests by interest groups against cuts to their favourite programs, there could be disruptions of public services caused by union pressure tactics. The Charest government’s third term might start to look a lot like its first, when the government set records in unpopularity it is already breaking.

The government’s credibility with voters was already shaky. Now, after obtaining a legislative majority to deal with the economic crisis, it has tabled a budget that the Conference Board of Canada said yesterday « will provide virtually no new economic stimulus in 2009. »

The budget fuelled speculation that Jérôme-Forget, who is 68, will soon retire, forcing a cabinet shuffle, and that Charest will not lead the Liberals into another election. A government that had promised political stability in an economic crisis looks even more like a lame duck.

Big Three : la suite novembre 26, 2008

Posted by jay2go in Économie et crise financière, Chroniques externes.
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Une autre chronique de Van de Walle, intitulée « Le Big Three et les coffres de l’État? » et qui reflète bien ce que je pense de GM & cie.

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General Motors fête cette année son centenaire. Mais ce qui fut pendant l’essentiel du dernier siècle le fleuron du secteur manufacturier américain est maintenant à l’agonie.

Depuis 2005, GM a perdu 70 milliards de dollars. Seulement depuis le début de l’année, ses pertes totalisent 14 G$. La compagnie brûle actuellement son « cash » au rythme d’environ 2 G$ par mois.

Celui qui préside ce désastre, le PDG Rick Wagoner, a dit que les liquidités fondaient à une vitesse telle qu’il n’y aurait plus assez d’argent à la fin de l’année pour faire rouler l’entreprise.

Il a profité de la situation pour faire du chantage et réclamer une aide urgente de Washington, invoquant le soutien de 700 G$ que l’administration Bush a mis en place pour sauver le secteur financier et bancaire.

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General Motors a commencé sa cure d’amaigrissement. Quelque 120 000 personnes ont été licenciées au cours des huit dernières années. De nombreuses usines ont été fermées, comme celle de Boisbriand au Québec. Malgré tout, le premier constructeur automobile américain demeure une grosse affaire. La multinationale emploie encore 250 000 personnes à travers le monde.

Et c’est sans parler des centaines de milliers d’emplois indirects qu’on retrouve chez ses sous-traitants, ses fournisseurs de pièces, ses concessionnaires, ses publicitaires, etc.

Avec les deux autres, Ford et Chrysler, on estime qu’environ trois millions d’emplois aux États-Unis seraient en péril dans l’industrie automobile.

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On ne s’étonne donc pas qu’en début de semaine, le président désigné Barack Obama ait demandé à celui qui est encore en exercice, George W. Bush, de faire adopter un plan de sauvetage de l’industrie automobile. Non seulement M. Obama est-il bien davantage sensible que l’autre aux répercussions du problème sur la vie de millions de familles ouvrières, mais encore un grand nombre d’usines sont situées dans des États, notamment le Michigan, représentés par des démocrates.

Washington a déjà offert 25 G$ en prêts en septembre. Les constructeurs réclament 50 G$ de plus.

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Si personne ne conteste l’urgence de la situation, la question est de savoir si l’État doit venir ou non à la rescousse de trois canards boiteux.

La crise financière et économique a accru les déboires des constructeurs américains (les ventes de GM ont chuté de 45 % en octobre). Mais ceux-ci sont les artisans de leurs malheurs. En misant sur les gros « trucks », les véhicules utilitaires sport 4×4 et des autos toujours énergivores, ils ont creusé leur propre tombe. Pendant que GM s’entêtait à construire des Hummer, Toyota misait sur ses petits véhicules, développait des hybrides et offrait des produits de qualité bien supérieure. Fabriqués eux aussi dans des usines aux États-Unis.

Brancher GM, Ford et Chrysler sur les coffres de l’État (donc des contribuables qui sont aussi des travailleurs) ne ferait que pelleter le problème en avant. Car dans six mois, un an, ils reviendront à la charge pour avoir plus d’aide.D’ailleurs, entre le sauvetage avec l’argent du peuple et la fermeture, il y a cette chose qui s’appelle le Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Elle permet aux entreprises de se placer sous la protection des tribunaux pendant qu’elles se réorganisent. Les compagnies aériennes y ont eu abondamment recours après les attentats de septembre 2001.

GM et les autres constructeurs doivent changer radicalement s’ils veulent répondre aux besoins actuels du marché. Dans ce processus, il est possible que certaines des usines fermées soient rachetées par des concurrents asiatiques ou européens. Les ventes d’autos reprendront, et beaucoup de travailleurs trouveront du boulot ailleurs.

Le désastre annoncé par Rick Wagoner ne sert qu’à faire monter les pressions politiques. S’il était de bonne foi, il pourrait commencer par remettre une partie des 14,4 M$ en compensations diverses obtenues en 2007. Ça sauverait déjà plusieurs dizaines d’emplois.

« Vers la déflation? » novembre 26, 2008

Posted by jay2go in Économie et crise financière, Chroniques externes.
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Chronique publiée par M. Michel Van de Walle le 21 novembre dernier dans le Journal de Montréal.

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Le grand débat chez les économistes, ce n’est plus de savoir si on se dirige ou pas vers une récession. L’affaire est classée : le Japon y est, des pays européens y sont aussi, les États-Unis sont probablement dedans jusqu’aux oreilles et le Canada pourrait aussi y passer.

Maintenant, le débat consiste à savoir si l’accélération de la débandade économique va nous conduire vers une période de déflation. La déflation, c’est l’inverse de l’inflation : une période où les prix, au lieu d’augmenter, se mettent à baisser.

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Les données publiées mercredi aux États-Unis sur l’indice des prix à la consommation ont ravivé les craintes de plusieurs. L’indice global a chuté de 1 % en octobre. C’est le pire recul mensuel en 61 ans !

La chute des prix du pétrole est en grande partie responsable. Les prix dans le secteur du transport ont décliné de 5,4 %, une baisse significative due surtout au recul de 13,9 % des prix de l’essence. Les prix des véhicules neufs et usagés ont reculé de 0,7 %. Les prix des vêtements, un autre poste de dépenses important des consommateurs, ont baissé de 1 %.

Au total, il y a encore de l’inflation aux États-Unis. La variation annuelle était à 3,7 % en octobre. Mais c’est beaucoup moins que les 4,9 % du mois précédent. Et lorsqu’on retire les éléments plus volatils que sont l’énergie et l’alimentation, l’inflation fondamentale a ralenti de 2,5 % à 2,2 %.

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Pourquoi s’inquiéter, alors ?

Parce que la tendance lourde est à la désinflation des prix et que cela pourrait se transformer en déflation.

La différence est énorme.

En période de ralentissement, il est normal que l’inflation diminue. La demande pour les biens et services s’essouffle et les entreprises ont plus de difficultés à faire passer des hausses de prix.

Mais pour que l’économie continue de rouler, il faut qu’il y ait un minimum d’inflation. Ce n’est pas pour rien que la Banque du Canada, par exemple, a pour cible une inflation de 2 %. Cela permet d’assurer la croissance.

Or, qu’arrive-t-il actuellement ?

Non seulement les prix du pétrole et des métaux chutent à vue d’oeil, mais ceux des maisons aux États-Unis s’effondrent. Les ventes au détail diminuent et à l’approche des fêtes, les commerçants ont déjà commencé à baisser leurs prix. Les écrans plasma coûtent moins cher, etc.

La crise aux États-Unis provoque déjà des mises à pied et il y aura de moins en moins de gens pour consommer. Les profits des entreprises chutent et certaines vont carrément fermer. C’est ce qu’anticipe la forte correction actuelle des marchés boursiers.

Cela pourrait conduire, comme ce fut le cas au Japon dans les années 1990, à une longue période de déflation. L’économie s’enfonce car les gens reportent leurs achats, présumant que demain, les prix seront encore plus bas. Il s’agit là d’une spirale infernale de laquelle il est très difficile de s’extirper.

Pour relancer l’économie, les banques centrales abaissent les taux qui tombent à zéro, ou presque. Le problème, c’est qu’aux États-Unis, on y est presque, avec un taux directeur à seulement 1 %.

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La seule façon, pour les gouvernements, de relancer l’économie, c’est d’imprimer de l’argent, d’investir massivement dans des projets d’infrastructures et de hausser les prestations sociales pour aider les chômeurs à survivre et pour maintenir les dépenses de consommation.

Nos voisins américains n’en sont pas là. Il s’agit d’un scénario pour lequel les probabilités sont faibles, selon les économistes. Au Japon, le gouvernement a tardé à agir, ce qui a prolongé la crise. Ici, on a été plus vite sur la gâchette, ce qui laisse espérer qu’on évitera le pire.

Mais qui, il y a six mois, aurait dit que le baril de pétrole se vendrait aujourd’hui moins de 50 $US, que les trois grands de l’auto seraient sur le bord de la faillite, que Washington nationaliserait des banques et des assureurs et que les indices boursiers de la planète auraient reculé de plus de 40 % ?

Faut-il sauver les « Trois Grands »? novembre 19, 2008

Posted by jay2go in Économie et crise financière.
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US-FINANCE-ECONOMY-AUTOMAKERSGM, Ford et Chrysler sont au bord de la faillite, et c’est la panique! Les trois compagnies réclament un plan de sauvetage pour les aider à se sortir du trou et affronter la récession sans devoir déclarer faillite.

Pourquoi au juste le gouvernement interviendrait-il pour sauver une compagnie qui n’affiche plus aucun profit depuis 2004 et qui n’a jamais fait l’effort de se moderniser pour affronter la concurrence et redevenir rentable? Je parle ici de General Motors, qui agite le spectre d’une faillite pour que le gouvernement américain lui vienne en aide. Est-ce que, parce qu’on est en récession, il faut sauver une compagnie qui a été paresseuse pendant les quatre dernières années et qui aujourd’hui se réveille et exige qu’on la secoure? On dirait un enfant gâté qui a refusé de prendre ses responsabilités et qui aujourd’hui refuse d’accepter les conséquences de ses actes… non, ça me met foutrement mal à l’aise qu’on puisse penser à sauver ses compagnies avec l’argent des contribuables américains. Et puis, pourquoi ces compagnies et pas d’autres?  Je ne suis pas un expert en économie, mais sauver GM? Non merci…

Voici les quatre arguments CONTRE l’idée que l’on sauve General Motors & cie qu’avance Pierre Duhamel, économiste et chroniqueur à l’Actualité :

1. General Motors n’est plus viable. Elle n’a pas affiché de profits depuis 2004.

2. L’industrie automobile américaine ne se limite pas seulement aux trois constructeurs américains. Les manufacturiers étrangers comptent aujourd’hui pour la moitié de la production réalisée sur le territoire américain. À elle seule, Toyota a 12 usines aux États-Unis, où elle produit près des deux tiers des véhicules qu’elle y vend. Cette situation pose deux questions. Pourquoi certains manufacturiers s’en tirent et pas d’autres ? Pourquoi aider les moins performants à rivaliser avec les plus performants ?

3. L’industrie automobile n’est plus aussi importante. Elle comptait pour 20 % du PNB en 1980 et ne compte que pour 4 % cette année.

4. General Motors fait valoir qu’elle a un brillant avenir devant elle et que ses prochains modèles sont à l’avant-garde de la technologie. Cela reste à voir. Dans le Wall Street Journal d’aujourd’hui, on tourne en dérision la nouvelle Volt, la voiture électrique qui doit symboliser le nouveau GM. L’automobile coûtera 40 000 dollars aux consommateurs, malgré une subvention de 7 500 dollars par acheteur. Malgré ce cadeau du gouvernement et le prix élevé, le constructeur n’a pas encore trouvé moyen de rentabiliser la production du véhicule ! Quant aux prouesses techniques, cette auto semble être un paquet de troubles sur quatre pneus. La batterie doit être chargée pendant six heures et ne permet qu’une autonomie sans pétrole de 64 kilomètres. Et comment fait-on pour la recharger quand on doit stationner dans la rue ou dans un parking public ?

Et, par souci d’objectivité, voici ses neuf arguments POUR un plan de sauvetage.

1. Si General Motors tombe, Ford et Chrysler suivront nécessairement. On parle de 240 000 emplois directs qui sont menacés si les trois anciens « grands » font faillite.

2. La faillite des trois constructeurs occasionnera la perte de 2,5 millions de d’emplois chez les concessionnaires, les équipementiers et dans les services. On parle de revenus de 275,5 milliards de dollars sur trois ans.

3. Deux millions de personnes dépendent des trois constructeurs pour leur régime d’assurance santé. C’est la règle aux États-Unis : plus de compagnie, plus d’assurance.

4. Les trois constructeurs dépensent 12 milliards de dollars par année en recherche et en développement. Leur disparition aura des répercussions sur la compétitivité internationale de l’industrie américaine.

5. L’automobile représente 10 % de l’industrie américaine. La disparition des trois constructeurs affaiblit dramatiquement le secteur manufacturier et rend le pays encore plus dépendant des exportations.

6. Les conséquences seraient épouvantables pour un État comme le Michigan.

7. Les constructeurs ont tout tenté pour éviter la situation actuelle. Par exemple, GM a aboli 46 000 emplois depuis 2004 et offre aux consommateurs 17 modèles qui font plus de 30 mille au gallon, soit deux fois plus que son plus proche concurrent.

8. Les précédents existent. En 1979, le président Carter a autorisé une garantie de prêts de 1,5 milliard de dollars qui a sauvé Chrysler. Même le président Reagan, idole absolue des non interventionnistes, a exercé de fortes pressions sur le Japon en 1980 pour qu’il réduise de 25 % ses exportations d’automobiles aux États-Unis afin de protéger les constructeurs américains.

9. Barack Obama ne veut pas se voir imputer la disparition de trois fleurons américains et la disparition de millions d’emplois. Cela commence mal une présidence.