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Ça pue chez les rouges février 12, 2010

Posted by jay2go in Uncategorized.
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Je n’aime pas les odeurs qui se dégagent du gouvernement Charest. D’abord le refus obstiné du gouvernement de faire la lumière dans le dossier de la construction, ensuite l’affaire Whissell, puis Jean D’Amours et maintenant les places en garderie…

Suis-je le seul à trouver que le gouvernement est un sale repère de petits carriéristes corrompus et arrivistes? Suis-je le seul à regretter que les libéraux aient été reportés au pouvoir, et à regretter a fortiori qu’ils l’aient été avec un gouvernement majoritaire?

Depuis qu’il est de retour avec ses deux mains sur le volant, Papa Charest joue les condescendants et enfreint systématiquemnt les règles éthiques les plus élémentaires (Whissell, D’Amour). Mais surtout, c’est son refus obstiné de cacher des documents (les places en garderie) ou des faits (sur l’industrie de la construction vs le financement des partis et l’attribution des contrats) qui me dégoûte.

Plus le temps passe, plus les dossiers louches s’accumulent et plus je trouve qu’ils ont quelque chose à cacher. Mais ce que je reproche par-dessus tout à Jean Charest, c’est de me rendre cynique. J’ai toujours eu foi en la chose politique, je n’ai jamais été persuadé outre mesure que les politiciens étaient tous croches… mais depuis un an, c’est autre chose. Regardez les décisions qui ne se prendront jamais, les dossiers qui ne seront jamais éclairés, toutes les histoires qu’on nous cache en refusant de rendre publics certains détails…

Jean Charest m’a volé ma naïveté politique.

Et ça, je ne lui pardonnerai jamais.

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Ukraine : la révolution orange morte et enterrée, Moscou prend sa revanche. février 8, 2010

Posted by jay2go in Uncategorized.
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Hier, 7 février 2010, Viktor Yanukovitch a été élu président de l’Ukraine avec 49% des voix, 3% de plus que sa rivale Yulia Tmoshenko. Le président sortant, Viktor Yushenko, vainqueur de la révolution orange qui a secoué l’Ukraine en 2004, s’en est tiré avec… 6% des voix!

Petit rappel aux lecteurs moins familiers avec l’Ukraine : en 2004, V. Yanukovitch remporte l’élection présidentielle. Or il est démontré que l’élection a été frauduleuse, aussi des partisans de V. Yushenko envahissent les rues de Kiev, arborant la couleur orange, et siègent devant le parlement ukrainien (d’où le surnom de « révolution orange »). Après quelques jours, Yanukovtich abdique, un nouveau scrutin prend place (sans fraude cette fois) et c’est V. Yushenko qui est finalement élu vainqueur. Timoshenko était du côté des révolutionnaires « orange » et faisait partie de la coalition présidentielle jusqu’à la guerre d’Août. En août 2008, devant la position anti-russe et pro-géorgienne du président, Mme Timoshenko quitte la coalition au pouvoir mais une nouvelle coalition est aussitôt formée, avec Mme Timoshenko mais sans le parti présidentiel, ce qui reporte à 2012 la tenue de nouvelles élections législatives et renforce la position de Timoshenko au sein du parlement, devant un président affaibli.

La page semble donc bel et bien tournée sur la révolution orange. Ceci est d’autant plus vrai que Yushenko, qui prônait une ouverture envers l’Occident au détriment des relations russo-ukrainiennes, a été éliminé au premier tour, le 30 janvier dernier, au profit de deux candidats pro-russes.

Yulia Timoshenko reste néanmoins en bonne position. Elle reste toujours première ministre du pays, et elle est à la tête d’une solide coalition parlementaire. La Verkhovna Rada, le parlement ukrainien, ne sera dissoute, en principe, qu’en 2012.

Toutefois, l’article 106 de la constitution ukrainienne prévoit la possibilité pour le président de remplacer le premier ministre, pouvoir dont pourrait se prévaloir le nouveau président fraîchement élu. Cependant, avec 46% des voix, Timoshenko est en bonne position pour négocier son poste de première ministre. En d’autres termes, elle pourrait proposer à Yanukovitch de la laisser à son poste, en échange de quoi elle pourrait demander à sa coalition parlementaire de faire preuve de « souplesse » avec les politiques du président. En effet, comme je le disais, Timoshenko est à la tête d’une solide coalition parlementaire. Si Yanukovitch décidait de la remplacer, il est loin d’être certain qu’il pourrait s’assurer d’une majorité des voix au parlement, auquel cas son gouvernement serait renversé. Yanukovitch ferait donc mieux de rechercher le soutien de Timoshenko.

Une autre solution s’offre au président. Celui-ci pourrait en effet se prévaloir de l’article 77 de la constitution, qui permet au président de déclencher des élections législatives spéciales. Or Yanukovitch est loin d’être assuré d’une victoire parlementaire, malgré ses 49% reçus de l’électorat. En effet, le Parti des Régions, parti de M. Yanukovitch, est principalement populaire dans l’est de l’Ukraine, région traditionnellement très proche de la Russie (M. Yanukovitch est le plus pro-russe des deux candidats, Mme Timoshenko n’ayant changé son fusil d’épaule qu’avec la guerre d’Août entre la Géorgie et la Russie et souhaitant malgré tout le maintien de bonnes relations avec l’Occident). Ceci passe toujours pour l’élection présidentielle, conduite au suffrage universel, mais en ce qui concerne les élections législatives, il est loin d’être assuré d’une majorité des 450 sièges de la Verkhovna Rada. D’où son intérêt à faire appel à Mme Timosehnko.

La page a beau être tournée sur la révolution orange en Ukraine, il n’en demeure pas moins que le pays se trouve aujourd’hui, malgré tout, dans une impasse, tout comme ce fut le cas durant la majeure partie du mandat de M. Yushenko, lequel fut caractérisé par un haut niveau de corruption et d’instabiité politique, et ponctué d’interruptions dans les livraisons de gaz russes, causées par des retards de paiement fréquents. Bref, on peut trouver dans le mandat de Viktor Yushenko les causes de l’élection de M. Yanukovtich, ainsi que celles de la soif de changement du peuple ukrainien, désillusionné par les promesses de la révolution orange et qui souhaite aujourd’hui écrire une nouvelle page d’histoire. Et tant pis si cette nouvelle page d’histoire passe par un réchauffement des relations avec la Russie*.

* Une majorité des électeurs ukrainiens, située dans l’ouest du pays, reste néanmoins hostile à la Russie et plus encline à un rapprochement avec l’Occident.