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Bye bye mon cowboy avril 27, 2009

Posted by jay2go in Politique canadienne.
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Grâce aux «excellents» stratèges du premier ministre, les conservateurs n’ont jamais été moins certains d’être réélus qu’aujourd’hui, et ce depuis qu’ils ont pris le pouvoir en 2006. La moyenne des cinq derniers sondages nationaux, selon le site ThreeHundredEight.com révèle qu’une élection tenue aujourd’hui donnerait, sur la base de ces cinq sondages, un gouvernement libéral minoritaire. Faut voir l’euphorie qui anime les libéraux ces temps-ci…

Seul baume sur la plaie : les libéraux ont récemment perdu leur avance de 10 à 15  points (selon les sondages) en Ontario à cause de la maladresse de Michael Ignatieff à propos d’une éventuelle augmentation de taxes.

Mais c’est sans importance. Ce qui est primordial ici, c’est de se demander pour qui travaille le Bureau du premier ministre exactement? Vous savez cette armée de conseillers qui entourent le premier ministre et l’assistent dans ses décisions – le «ministère» du premier ministre qui se trouvent être ses yeux et ses oreilles? Qu’est-ce qui se passe donc au PMO (Prime Minister’s Office)?

Voici un extrait d’une chronique de L. Ian Macdonald, chroniqueur pour The Gazette, datée du 24 avril dernier.

« Having lost a majority in October, Harper proceeded to nearly lose the government in December with the economic update that would have ended public subsidies to political parties and the right to strike in the public service. This resulted in the opposition coalition that took the country to the brink, and which Harper characterized in the House and in a TV address as « the separatist coalition, » which worked for him in English-speaking Canada but blew him up in Quebec.

Then, just as the Conservatives started to climb out of that hole in Quebec, they dug another one around the question of whether Brian Mulroney was still a member of the Conservative Party. This was an operation run out of the Prime Minister’s Office, and Paul Wells has the goods on that, the whole tick-tock, in a takeout in the current issue of Maclean’s, which revived the story of the Mulroney-Harper feud for a third week running. The PMO stepped on its own message going into the G20 and NATO summits, and then Harper spent the two-week Easter recess, normally a good-news window for the government and the PM, largely dodging questions about Mulroney.

And then there’s the stupid economy, which would take a toll on the voting intention of any government and the approval rating of any prime minister.

All of which is to say that at 11 per cent in Quebec, the Conservative vote has shrunk by half in only six months, and fallen from first to fourth place.

Quite an achievement, when you think of it. »

Les gaffes du PMO

Depuis qu’il a été assermenté pour son second mandat, rien ne va plus pour le premier ministre, aujourd’hui plus impopulaire que son parti au Québec.

Récapitulons.

Il y a d’abord eu la campagne électorale, désastreuse au Québec. Les stratèges du premier ministre n’ont jamais flairé, semble-t-il, qu’il serait suicidaire pour les conservateurs que de la jouer «tough on crime» et anti-artistes. Oui, le Bloc a fait montre d’une propension à la démagogie crasse. Mais le Bloc n’aurait pas saisi la perche si les conservateurs ne la leur avaient pas tendue, et on aurait été en selle pour une campagne où le Bloc aurait dû tourner en rond à justifier son existence. On aurait pu lui enlever une bonne part d’un vote populaire qui se cherche un parti fédéraliste, quitte à lui porter le coup fatal aux prochaines élections.

À la place, on a eu droit à une campagne de salissage sans merci de la part du Bloc que les conservateurs ont, avouons-le, bel et bien cherchée. À quoi pensait le PMO pendant cette campagne? Ne pait-on pas les stratèges pour justement éviter de telles embrouilles?

Il y a ensuite eu le psychodrame de l’automne dernier, qui a complètement modifié le rapport de forces en présence à Ottawa et qui, en plus d’avoir failli coûter le gouvernement aux conservateurs, leur a coûté leur avantage stratégique aux Communes. Un parti conservateur ragaillardi, devant une opposition plus faiblarde que jamais et un chef de l’opposition en sursis et sans autorité morale sur ses troupes… M. Harper aurait pu tourner le 40e parlement à son avantage. Or de qui provenait l’Énoncé économique de novembre dernier qui a mis le feu aux poudres? Eh oui, du PMO. Et depuis, les libéraux sont unis derrière leur chef comme jamais ils ne l’ont été durant les vingt dernières années. Comme dommage collatéral, on ne trouve pas mieux! Stephen Harper n’avait sûrement pas envie de leur dire merci, à ses stratèges…

Et finalement, il y a cette stupide histoire à propos du leadership de M. Mulroney. Non mais est-ce que de savoir si l’ancien premier ministre conservateur est toujours membre en règle du parti conservateur ne pourrait pas être encore plus futile? Alors dans ce cas, pourquoi diviser le caucus sur une question aussi stupide? Pourquoi le PMO a-t-il approuvé qu’une telle histoire soit coulée dans les journaux? Aujourd’hui, ex-réformistes/alliancistes et ex-progressistes-conservateurs se font la gueule dans un soap opéra qui n’est pas sans rappeler les guerres fratricides des années 1990 qui ont permises à Jean Chrétien de régner en maître sur la colline parlementaire pendant 10 ans. Les proches du premier ministre veulent-il vraiment faire revivre au conservatisme canadien les mêmes divisions que jadis? Peut-on rêver que le parti conservateur soit uni pour de bon, ou ne serait-ce qu’un mirage en voie d’être briser par des stratèges qui ne mériteraient pas ce titre?

C’est une série de mauvaises décisions de la part du PMO qui a définitivement scellé le destin des conservateurs de Stephen Harper au Québec. On aura donné, à l’issue (prévisible) du prochain scrutin, les 50 sièges du Bloc québécois à Gilles Duceppe sur un plateau d’argent.

Récapitulons : le PMO a uni les libéraux et divisé son propre caucus, en plus de s’être privé de toute chance de faire élire d’autres députés au Québec. Si le PMO avait voulu travailler pour les libéraux, il ne s’y serait pas pris mieux!

J’ai hâte aux prochaines élections. Harper v. Ignatieff, un duel à finir. Et si Harper, par miracle, réussissait à conserver le pouvoir, j’espère qu’il ne ratera pas sa sortie.

Qu’il laisse la chance à un nouveau chef de reconstruire les ponts entre le parti conservateur et le Québec, ou avec le parti conservateur et l’Ontario, le Québec et les Maritimes, pour être plus exact. Et qu’il laisse ainsi au prochain chef conservateur une réelle chance de former un gouvernement majoritaire, pour une fois.

Je n’ai rien contre Stephen Harper, il a bien servi son pays durant les trois années qu’il a passées à la tête du gouvernement. Mais il est temps de passer à autre chose. Des ponts ont été brisés dans les derniers mois par M. Harper (pas nécessairement lui mais c’est lui qui se retrouve aujourd’hui avec les pots cassés) qu’un autre devra réparer, et cela ne surviendra pas une semaine trop tôt. Même si ce n’est pas de sa faute, M. Harper doit payer le prix des mauvaises décisions du PMO. À moins qu’il ne mette ses stratèges dehors et qu’il n’effectue une véritable résurrection, mais je n’y crois pas : son image est à jamais entachée. Il lui sera à jamais accolé cette image de conservateur pur et dur de l’Ouest, de ce cowboy digne du Midwest américain, de ce républicain à la sauce canadienne.

Pour le bien supérieur du mouvement conservateur, M. Harper doit partir dès le lendemain des prochaines élections, peu importe le résultat. Il doit assumer les décisions du PMO et faire passer les intérêts de son parti avant les siens.

C’est plate à dire, mais le PMO a sacrifié le premier ministre.

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