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Nous sommes prêts! avril 11, 2009

Posted by jay2go in Politique québécoise.
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Quelle est la différence entre la Révolution tranquille des années 1960 au Québec et la Common Sense Revolution (révolution du bon sens) qui a porté les conservateurs ontariens au pouvoir dans les années 1990, à part le terme « révolution » qu’on leur a accolées?

En fait, elles ont tout de différent. Alors que la première a consacré le mariage de la société québécoise avec la social-démocratie (la gauche) et qu’elle perdure encore largement aujourd’hui, la seconde a signifié l’arrêt de mort de l’État providence en Ontario (retrait de l’État et coupures dans les programmes sociaux au menu) et, quinze ans plus tard, elle s’est passablement essoufflée.

Quand on a jeté la religion aux poubelles, à l’aube des années Lesage, la société québécoise s’est rabattue sur la social-démocratie et le nationalisme : l’État devenait notre nouveau maître à penser, le gourou qui allait nous montrer le droit chemin et la marche à suivre ; le nationalisme notre nouvelle religion d’État.

Depuis les années 1960, donc, le discours de la gauche est omniprésent et domine à la fois dans les médias et dans les cercles gouvernementaux. En comparaison, la droite apparaît timide et effacée, sans véhicule propre. L’ADQ est venue combler cette lacune, mais c’est tout de même un timide début : PQ et libéraux se sont relayés à la tête de l’État  durant 40 ans sans grande modification de l’agenda québécois dans son ensemble, resté somme toute axé à la gauche de l’échiquier politique. La seule différence entre les deux principaux partis n’avait rien à voir avec la gauche ou la droite, leur principale différence résidait dans la souveraineté ou le fédéralisme.

La gauche nie l’individu

Le principal problème avec la gauche, selon moi, c’est qu’elle méprise totalement la responsabilité individuelle, comme si les individus étaient trop cons pour prendre leurs propres décisions. C’est le gouvernement qui doit prendre les citoyens par la main, autrement ces derniers deviennent les bibliques brebis égarées. Un exemple banal mais somme toute révélateur : lors de la campagne électorale de 2006, un candidat libéral en entrevue avait décrié la promesse des conservateurs de donner 100$ par enfant par mois à chaque famille canadienne avec un enfant en bas de 6 ans, par opposition à la promesse libérale de créer un programme fédéral pan-national de garderies, à l’image des CPE du Québec. Le candidat libéral, pour illustrer son point, affirma à son interlocuteur que donner l’argent aux familles reviendrait à leur donner de l’argent… pour qu’ils s’achètent de la bière et du pop-corn! Comme si les individus étaient incapable de gérer leurs finances et que le gouvernement était le meilleur pour ce faire!

Un autre exemple, c’est la récente publicité au sujet des compagnies de tabac où on nous met en grosses lettres rouges , superposées à la photo du président d’une compagnie de tabac ou je ne sais quoi, le message « Sa richesse nous tue ». Comme si on tordait le bras aux fumeurs pour qu’ils fument! Le message : les gens sont trop cons pour faire les bons choix. Faut-il bannir les cigarettes et l’alcool sous prétexte que le gouvernement doit prendre de telles initiatives pour préserver la santé de ses citoyens? C’est tout ce discours de la gauche qui me répugne. Les individus sont cons, le gouvernement sait mieux que quiconque ce qui est bon pour les citoyens, laissons le gouvernement gérer nos vies et le monde s’en portera mieux. Belle mentalité! Ce n’est pas avec de telles messages que nous responsabiliserons les individus, ça c’est certain.

Un autre problème avec la gauche, c’est qu’elle joue souvent les empêcheurs de tourner en rond… ou plutôt les empêcheurs d’avancer! Que ce soit les campagnes contre l’installation d’éoliennes (pas dans ma cour!) ou les campagnes de la CSN contre l’«intrusion du privé en santé» (c’est immoral de faire du profit sur la maladie, disait-on), aucun projet n’est assez bon pour eux. Ces groupes de gauche, qui disposent d’un large accès aux sphères gouvernementales et qui disposent d’une grande capacité de lobbyisme, se sont mués au fil du temps en forces promouvant le statu quo et l’immobilisme. Selon la CSN, tant pis si des individus meurent dans les salles d’attentes, il n’est pas question que le privé fasse irruption dans la santé. Nous sommes tous égaux! Égaux devant la mort, oui…

Cette quête de l’égalité est extrêmement perverse pour la société, et elle est reprise par quantité de groupes féministes et syndicalistes. Partout, la gauche prône non pas l’égalité d’opportunités, qui assurerait une véritable équité entre tous les citoyens, mais plutôt l’égalité de résultats. Ce faisant, les groupes féministes (par exemple) ne réclament non pas l’égalité pour les hommes et les femmes mais plutôt la discrimination en faveur des femmes. Il n’y a rien de mal à exiger l’équité salariale, mais exiger partout la parité homme-femme, c’est une insulte à la compétence de tous.  C’est dire qu’avoir le choix entre un homme compétent et une femme incompétente, pour sauver les apparences, on sacrifie la compétence pour le sexe de l’individu. Pitoyable. Je ne crois pas à la prémisse voulant que les femmes soient le sexe fort et donc qu’un gouvernement dirigé par des femmes soit nécessairement meilleur dans son essence. Tout ce cirque à propos de l’égalité de représentation des femmes a comme effet pervers, derrière les beaux discours de promotion de l’égalité, d’encourager… l’inégalité!

Même chose pour les syndicats. Nous ne sommes plus dans les années 1970 ; les normes du travail sont telles aujourd’hui que tous les travailleurs disposent des recours nécessaires en cas de litige avec leur employeur, et les syndicats sont tout bonnement devenus désuets. Si l’on ajoute les avantages démesurés qu’ils revendiquent pour leurs membres (faire la grève pour obtenir la semaine de 4 jours?? En sommes-nous vraiment rendus là??) alors que l’immense majorité des travailleurs n’ose même pas rêver à de tels avantages, c’est tout simplement absurde. Et l’aberration, c’est que ce sont les syndicats, ces représentants de la gauche par excellence, qui encouragent les inégalités entre les travailleurs en traçant une démarcation on ne peut plus claire entre les travailleurs syndiqués et les travailleurs non-syndiqués – en nous répétant que l’inégalité est une conséquence de la droite!

Au Québec, rien ne se fait sans que le gouvernement ne s’en mêle, et ça c’est quand la gauche ne se livre pas tout simplement à de l’obstruction systématique, comme on l’a vu ci-haut avec les campagnes contre les PPP (partenariats public-privé) et les projets de société. Pour la gauche, ok pour les « choix de société » qui donnent tout gratuit aux citoyens, mais quand on parle de projets de société, alors là c’est une autre histoire! La situation est telle qu’aujourd’hui, alors même qu’on veut encourager la natalité dans la société québécoise, il n’a jamais coûté aussi cher à l’État qu’un enfant qui naît, avec tout ce qui vient de congés parentaux et de garderies à tarifs gelés à 7$. D’un côté on « encourage » la natalité mais de l’autre l’État a tout avantage à ce que le taux de natalité soit à son plus bas! Quelle cohérence?

Le nationalisme au Québec

Dans la société québécoise, le nationalisme est désormais la nouvelle religion à laquelle doit obligatoirement se soumettre tout gouvernement nouvellement élu. Depuis les années 1960, combien de gouvernements québécois ont été réellement fédéralistes? De « maîtres chez nous » à « Égalité ou indépendance », en passant par Robert Bourassa et Jean Charest, aucun premier ministre n’a laissé de côté les revendications nationalistes. En fait si, un seul : Charest, 1er mandat. Lui seul a tenté le fédéralisme inconditionnel, lui seul a tenté de tenir tête aux forces nationalistes qui nous gardent enfermés dans le carcan de la « question nationale ». Or il a rapidement été mis au pas, battant des records d’impopularité tout au long de son premier mandat. La suite nous est connue : aujourd’hui, Jean Charest serait en bonne position pour rivaliser avec Pauline Marois pour le leadership du PQ, n’eût été de son image de Capitaine Canada depuis le référendum de 1995, tellement il est nationaliste et revendicateur et qu’il casse du sucre sur le dos d’Ottawa.

Jean Charest avait raison de dire en 2003 que nous étions prêts. Ce qu’il ne savait pas, c’est que nous le serions toujours en 2009, et pas exactement pour la même chose.

Nous sommes prêts pour une révolution du bon sens au Québec.

JE suis prêt!

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Commentaires»

1. Durandal - avril 23, 2009

Voyons le nationalisme n’est jamais devenu religion d’État, et d’ailleurs le nationalisme existait longtemps avant la Révolution tranquille.

Et malgré la « Révolution du bon sens » en Ontario, les soins de santé privés sont encore illégaux.

jay2go - avril 26, 2009

Rien ne se fait au Québec sans que nos chefs de partis ne rivalisent l’un avec l’autre pour savoir qui sera le plus nationaliste. Même Charest l’ardent fédéraliste est devenu depuis 2007 encore plus ardent nationaliste qu’il n’était fédéraliste. Chaque premier ministre québécois depuis Maurice Duplessis agit ainsi. C’est la mode de casser du sucre sur le dos d’Ottawa et de la fédération. C’est ce que j’appelle une religion d’État. Le bon peuple aime quand on fait vibrer sa corde nationaliste.

Quant à la Révolution du Bon Sens, mon point était que l’on applique les même principes ici au Québec, pour mettre fin à cet espèce d’autoritarisme étatique auquel nous sommes soumis bon gré mal gré. Peu importe que les soins de santé privés soient illégaux ou non en Ontario, l’important est qu’ils soient permis ici.


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