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Boom-Chika-Boom décembre 10, 2008

Posted by jay2go in Élections Québec 2008, Politique canadienne.
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Décidément, il s’en passe des choses sur la scène politique en cette fin de 2008! Autant à Québec qu’à Ottawa, les rebondissements et autres dénouements spectaculaires ne manquent pas.

Du résultat des élections provinciales

Ça y est, Jean Charest vient d’écrire (une autre!) page d’histoire dans les annales de la politique québécoise. Après le prix «premier chef de gouvernement minoritaire depuis 1878», il remporte maintenant le prix «premier chef de gouvernement élu pour un troisième mandat consécutif depuis Maurice Duplessis en 1952». Si Jean Charest reste jusqu’à la fin, il aura été au pouvoir 10 ans. Depuis la Révolution tranquille, la durée de vie moyenne d’un gouvernement est de deux mandats. Lesage, Bourassa première mouture, Lévesque, Bourassa deuxième mouture, le PQ des Parizeau-Bouchard-Landry… tous sont restés en poste deux mandats consécutifs avant d’être foutu à la porte par l’électorat. Ceci étant dit, si M. Charest part avant la fin, il pourra le faire la tête haute, avec la satisfaction du devoir accompli. Les libéraux ont quatre ans devant devant eux pour faire mentir la loi de l’alternance politique, qui devrait favoriser le PQ lors du prochain scrutin, et convaincre les électeurs de les réélire pour un 4e mandat (un autre record duplessiste à battre ; M. Duplessis a été élu pour la dernière fois en 1956). Mais comme on l’a vu dans les derniers jours, 24h en politique, c’est long. Dans ces circonstances, spéculer sur un événement qui se produira dans quatre ans peut s’avérer périlleux. Je m’en tiendrai donc à ce qui précède.

En ce qui a trait au Parti québécois, une seule chose : voilà Mme Marois bien en selle jusqu’au prochain scrutin. Si elle s’y rendait, elle serait la première chef depuis Jacques Parizeau dont le PQ, alias le Parti-mangeur-de-chefs, n’aurait pas fait qu’une bouchée. Lévesque et Parizeau ont été sans contredit les chefs les plus influents du PQ. Le premier a créé le parti et adopté la proposition de soumettre la souveraineté à la population par voie référendaire ; le second a remis la souveraineté à l’avant-plan après les égarements péquistes sous Pierre-Marc Johnson, refusant même de gouverner la province après la défaite crève-coeur de 1995. Tous deux, et seulement eux, ont résisté à plus d’une élection à la tête du PQ. Mme Marois semble en voie de répéter cet exploit, et elle a de surcroît réussi à enlever l’épine référendaire du pied péquiste sans y laisser sa peau. Sera-t-elle reconnue plus tard comme une tête forte du PQ et évaluée selon les même standards réservés aux deux anciens chefs péquistes? Quoi qu’il en soit, Mme Marois a elle aussi écrit une page d’histoire hier. Quoi qu’il advienne.

L’ADQ maintenant. Si l’on accepte le fait que les élections de 2007 ne soient qu’un accident de parcours et que la subite montée de l’ADQ eût plus à voir avec la conjoncture (en pleine crise des accomodements raisonnables) qu’avec la substance du parti, voilà les choses revenues à la normale. Avec sept députés, l’ADQ revient à ce qu’elle a toujours été : un parti marginal. Heureusement pour la démocratie, elle n’a pas été rayée de la carte. Elle continuera de représenter le 16% d’électeurs qui lui est resté fidèle.Je veux bien croire que le départ de Mario Dumont infligera une profonde blessure à son ex-parti, mais de là à prédire que l’ADQ va finir au cimetière des partis politiques québécois dans un avenir rapproché, il y a une marge que je refuse de franchir. L’ADQ survivra. Il y a de la place pour ce parti au Québec, et aujourd’hui la droite québécoise se retrouve légèrement mise en sourdine. C’est une frange d’électeurs qu’on aurait tort de négliger. D’autant plus que, comme le faisait remarquer Marie Grégoire du Club des Ex, l’ADQ dispose encore d’un certain niveau d’organisation. Les ex-députés adéquistes pourront faire rayonner le parti en dehors du cercle auquel il était précédemment circonscrit.

Enfin, un mot sur l’élection d’Amir Khadir dans Mercier : sublime. Ce fut la cerise sur le sundae électoral. Un député c’est peu, ça ne change pas grand chose. c’est certain. D’autant plus que le droit de parole de M. Khadir à l’Assemblée nationale ne sera pas assez important pour changer durablement la dynamique du Parlement québécois. N’empêche. Québec solidaire est représentée à l’Assemblée nationale et c’est un beaume sur le taux de participation le plus anémique de l’histoire du Québec. Et il faut également noter que QS a été en bonne position dans Hochelaga-Maisonneuve et dans Gouin (le comté de la co-porte-parole de QS) en plus de faire mal assez mal au PQ dans Laurier-Dorion pour que le député libéral Gerry Sklavounos soit élu. À surveiller.

Des suites de la crise politique à Ottawa

C’est finalement hier, le lundi 8 décembre, que Stéphane Dion choisissait de démissionner. Sans tambour ni trompette, sous forme d’une simple conférence de presse. Il a répondu à l’appel de son caucus, qui réclamait son départ à hauts cris. John Manley est même intervenu directement pour réclamer publiquement sa démission dans une lettre au Globe & Mail parue samedi dernier. Dominic Leblanc s’est retiré de la course lundi (hier), et Bob Rae l’a fait aujourd’hui, pavant la voie au couronnement de Michael Ignatieff à la tête du PLC dès demain. Voyons s’il saura redresser la situation désespérée – et désespérante – des libéraux. Et s’il pourra offrir une opposition digne de ce nom à M. Harper. On aura l’occasion de l’entendre grogner et de le voir montrer les dents pendant un mois et demi. D’ici là, la perspective d’un scrutin général au printemps 2009 se fera plus présente. Faudra s’y faire…

Un mot en terminant à propos de Bob Rae. Son discours de retrait de la course à la direction du PLC fut flamboyant. Cet homme a fait preuve d’une verve extraordinaire. Pas de chichis, pas d’hésitations. Il a répondu franchement et directement aux questions, sans chercher à patiner, laissant échapper une blague ici, un sourire par là. Cet homme a définitivement une place dans un éventuel Cabinet Ignatieff. J’ai admiré la façon avec laquelle il a fait face à l’adversité, la maturité qu’il affichait lors de son point de presse, la sagesse de ses propos. Vraiment, j’ai été impressionné. J’espère de tout coeur qu’il saura se tailler une place de choix auprès du futur-nouveau chef libéral.

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Commentaires»

1. Benoît - décembre 13, 2008

L’histoire se s’écrit de jour en jour.


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