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Machiavel entre deux feux novembre 29, 2008

Posted by jay2go in Politique canadienne.
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Les conservateurs sont dans un beau pétrin : soit ils perdent la face, soit ils perdent le pouvoir, mais ils vont perdre l’un des deux et ils en sont les uniques responsables. À trop vouloir étirer l’élastique…

S’ils reculent, ils seront en position de faiblesse une bonne partie du 40e Parlement. L’opposition aura le gros bout du bâton. Il y a des limites à jouer avec le système parlementaire, je suis d’accord, mais Harper ne goûterait-il pas là à sa propre médecine? C’est sa propre stratégie qui lui revient au visage. Quel contraste avec la législature précédente… Il a «oublié» qu’il était minoritaire et il a engagé un bras de fer qu’il n’avait pas prévu perdre. Il s’est lui-même peinturé dans le coin et cette fois il aura de la difficulté à marcher sur la peinture pour s’en tirer, pour paraphraser Jean Chrétien. D’une manière ou d’une autre, la semaine sera douloureuse pour les conservateurs. Ils ont le choix entre gouverner en position de faiblesse face à l’opposition ou encore lui remettre les clés de la maison – dans les deux cas, Harper a offert cette occasion à l’opposition sur un plateau d’argent.

Sa décision de reporter le vote d’une semaine est la meilleure stratégie qu’il aurait pu adopter. Comme il sait qu’il est en position de faiblesse, il laisse une semaine aux partis d’opposition pour se justifier devant les Canadiens. Il fait le pari que la pression populaire sera telle que l’opposition reculera. J’ai hâte de voir si ça va fonctionner…

Pour ce qui est de la Gouverneur générale, rien ne l’oblige à accéder aux requêtes du Premier ministre. La constitution lui permet de dire non ; il existe un précédent pour cela et le fait que la situation ait tourné au vinaigre à l’époque n’a pas à être un frein aux prérogatives de la chef d’État. Il serait insensé de renvoyer les Canadiens aux urnes après uniquement deux mois. M. Harper a voulu gouverner majoritairement une fois de trop, il est sur le point d’en payer le prix. Il n’a pas le pouvoir de forcer les Canadiens à un retour aux urnes, et j’espère que Son Excellence ne l’oubliera pas. C’est elle qui tranchera. Regardez maintenant les tactiques des conservateurs qui auront cours cette semaine pour délégitimer l’opposition et, pourquoi pas, la gouverneur générale. Harper aurait au moins raison sur un point : le précédent refus d’un gouveneur général de dissoudre la Chambre s’est soldé par une crise constitutionnelle. Cela étant dit, ce n’est certes pas un laissez-passer pour faire passer ses 101 volontés dans la gorge de l’opposition. Sorry boy, nous ne sommes pas encore une république de bananes. Try again.

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