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ADQ : chronique d’un effondrement annoncé novembre 27, 2008

Posted by jay2go in Élections Québec 2008, Politique québécoise.
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Si la tendance se maintient, le navire adéquiste frappera de plein fouet l’iceberg électoral québécois le 8 décembre prochain, emportant dans son sillage une bonne trentaine de ses 41 matelots.

Il faut dire que le ciment sur lequel l’ADQ a noué avec les Québécois – la crise identitaire et les accomodements raisonnables – était plutôt friable. Que Mario Dumont et ses députés adéquistes se rendent à l’abattoir la tête haute, je trouve cela noble. D’autant plus que Mario Dumont est l’artisan de son propre malheur ; il n’a que lui à blâmer pour l’effondrement annoncé de son parti. Mais de là à signer l’avis de décès de l’ADQ et de son chef, il y a une marge que je ne suis pas prêt à franchir.

Je m’explique.

Depuis que le débat constitutionnel a polarisé le Québec et monopolisé l’attention médiatique, la droite québécoise s’est vue privée de sa voix. On n’était ni de droite ni de gauche : on était souverainistes ou fédéralistes. La gauche avait cependant son véhicule politique, puisque le PQ est depuis toujours le berceau de la social-démocratie au Québec. Et la droite elle? Elle fut pendant longtemps la laissée-pour-compte politique de la province. Et qu’on ne vienne pas me dire que le terreau québécois n’est pas fertile pour les idées de droite, rien n’est plus faux. On tend à l’oublier, mais si ce n’était pas de la campagne de peur du Bloc québécois contre Stephen Harper (Harper = Bush, nos jeunes de 14 ans en prison, anéantissement de la culture québécoise, on s’en souviendra) et de l’entêtement idéologique des conservateurs, M. Harper gouvernerait majoritairement à Ottawa en ce moment en grande partie grâce au Québec. Et la montée de l’ADQ en 2007, bien qu’elle ne fût qu’un feu de paille, témoigne très bien du potentiel qu’ont les idées de droite au Québec. Comme je le disais, Mario Dumont a été en très grande partie l’artisan de la défaite qui attend l’ADQ au tournant de ces élections. S’il avait été plus sérieux, s’il s’était doté d’une équipe digne de ce nom, Mario Dumont serait en excellente posture aujourd’hui pour à tout le moins prétendre au poste de premier ministre.

Il y a sans contredit de la place pour l’ADQ au Québec. Il y a eu le Parti conservateur jusqu’en 1936 ; puis l’Union nationale jusqu’en 1989. Or depuis 1970, les Québécois n’ont plus jamais voté pour un parti de droite, et c’est ce que l’ADQ représente aujourd’hui. Sur le fond donc, les idées de droite ont bel et bien un espace viable sur la scène politique québécoise. Là où le bât blesse, c’est que l’ADQ n’est tout simplement pas, pour le moment, une alternative sérieuse et crédible. Un « one-man party » qui critique sans proposer de solution valable, un chef qui simplifie grossièrement les faits et la réalité et qui est passé maître dans la démagogie et le populisme, on le voit présentement, ça ne prend pas. Les électeurs veulent d’abord et avant tout avoir confiance en ceux qu’ils élisent, et l’ADQ inspire en ce moment tout sauf de la confiance. Après avoir persuadé la population qu’il s’était dangereusement approché du pouvoir, Mario Dumont a solidement entaché sa réputation de politicien crédible.

À mon avis, M. Dumont a tout intérêt à abandonner la politique, à s’exiler, à se faire oublier pour quelque temps. Robert Bourassa a été premier ministre pendant 6 ans, puis est parti à l’étranger 10 ans avant de revenir pour un autre 8 ans. Sans tomber dans l’historicité, je ne crois pas que les chances de M. Dumont d’être porté au pouvoir soient anéanties, malgré ses récents déboires. Il a tout intérêt à laisser les « vieux partis » se châmailler entre eux encore quelques années. On l’a vu, de toute façon, le PLQ et le PQ ne semblent pas portés sur la prise de ces décisions qui sont difficiles, peu payantes électoralement mais qui s’imposent néanmoins. Les réformes nécessaires se feront criantes dans le futur, et alors le terrain québécois sera à nouveau fertile pour un parti de droite comme l’ADQ. À condition toutefois que M. Dumont apprenne de ses erreurs et qu’il se mue en un politicien on ne peut plus sérieux et crédible. J’y crois fermement : un jour, Mario Dumont reprendra les rênes de l’ADQ et sera porté au pouvoir. On aurait tort d’enterrer le « p’tit gars d’Rivière-du-Loup ».

D’ici là, qu’il se fasse donc oublier quelque temps. Qu’il laisse libéraux et péquistes se couler mutuellement. Qu’il abandonne l’ADQ à son sort : si un chef peut prendre la relève, tant mieux, sinon il la retrouvera dans l’état où il l’aura laissée – vivotant entre la vie et la mort dans une Assemblée nationale hostile, ou encore pratiquement éradiquée de la carte. Parce qu’avec 12% d’intentions de vote et un mode de scrutin comme le nôtre, on ne fait pas de miracles. Loin s’en faut.

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