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« Vers la déflation? » novembre 26, 2008

Posted by jay2go in Économie et crise financière, Chroniques externes.
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Chronique publiée par M. Michel Van de Walle le 21 novembre dernier dans le Journal de Montréal.

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Le grand débat chez les économistes, ce n’est plus de savoir si on se dirige ou pas vers une récession. L’affaire est classée : le Japon y est, des pays européens y sont aussi, les États-Unis sont probablement dedans jusqu’aux oreilles et le Canada pourrait aussi y passer.

Maintenant, le débat consiste à savoir si l’accélération de la débandade économique va nous conduire vers une période de déflation. La déflation, c’est l’inverse de l’inflation : une période où les prix, au lieu d’augmenter, se mettent à baisser.

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Les données publiées mercredi aux États-Unis sur l’indice des prix à la consommation ont ravivé les craintes de plusieurs. L’indice global a chuté de 1 % en octobre. C’est le pire recul mensuel en 61 ans !

La chute des prix du pétrole est en grande partie responsable. Les prix dans le secteur du transport ont décliné de 5,4 %, une baisse significative due surtout au recul de 13,9 % des prix de l’essence. Les prix des véhicules neufs et usagés ont reculé de 0,7 %. Les prix des vêtements, un autre poste de dépenses important des consommateurs, ont baissé de 1 %.

Au total, il y a encore de l’inflation aux États-Unis. La variation annuelle était à 3,7 % en octobre. Mais c’est beaucoup moins que les 4,9 % du mois précédent. Et lorsqu’on retire les éléments plus volatils que sont l’énergie et l’alimentation, l’inflation fondamentale a ralenti de 2,5 % à 2,2 %.

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Pourquoi s’inquiéter, alors ?

Parce que la tendance lourde est à la désinflation des prix et que cela pourrait se transformer en déflation.

La différence est énorme.

En période de ralentissement, il est normal que l’inflation diminue. La demande pour les biens et services s’essouffle et les entreprises ont plus de difficultés à faire passer des hausses de prix.

Mais pour que l’économie continue de rouler, il faut qu’il y ait un minimum d’inflation. Ce n’est pas pour rien que la Banque du Canada, par exemple, a pour cible une inflation de 2 %. Cela permet d’assurer la croissance.

Or, qu’arrive-t-il actuellement ?

Non seulement les prix du pétrole et des métaux chutent à vue d’oeil, mais ceux des maisons aux États-Unis s’effondrent. Les ventes au détail diminuent et à l’approche des fêtes, les commerçants ont déjà commencé à baisser leurs prix. Les écrans plasma coûtent moins cher, etc.

La crise aux États-Unis provoque déjà des mises à pied et il y aura de moins en moins de gens pour consommer. Les profits des entreprises chutent et certaines vont carrément fermer. C’est ce qu’anticipe la forte correction actuelle des marchés boursiers.

Cela pourrait conduire, comme ce fut le cas au Japon dans les années 1990, à une longue période de déflation. L’économie s’enfonce car les gens reportent leurs achats, présumant que demain, les prix seront encore plus bas. Il s’agit là d’une spirale infernale de laquelle il est très difficile de s’extirper.

Pour relancer l’économie, les banques centrales abaissent les taux qui tombent à zéro, ou presque. Le problème, c’est qu’aux États-Unis, on y est presque, avec un taux directeur à seulement 1 %.

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La seule façon, pour les gouvernements, de relancer l’économie, c’est d’imprimer de l’argent, d’investir massivement dans des projets d’infrastructures et de hausser les prestations sociales pour aider les chômeurs à survivre et pour maintenir les dépenses de consommation.

Nos voisins américains n’en sont pas là. Il s’agit d’un scénario pour lequel les probabilités sont faibles, selon les économistes. Au Japon, le gouvernement a tardé à agir, ce qui a prolongé la crise. Ici, on a été plus vite sur la gâchette, ce qui laisse espérer qu’on évitera le pire.

Mais qui, il y a six mois, aurait dit que le baril de pétrole se vendrait aujourd’hui moins de 50 $US, que les trois grands de l’auto seraient sur le bord de la faillite, que Washington nationaliserait des banques et des assureurs et que les indices boursiers de la planète auraient reculé de plus de 40 % ?

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