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Faut-il sauver les « Trois Grands »? novembre 19, 2008

Posted by jay2go in Économie et crise financière.
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US-FINANCE-ECONOMY-AUTOMAKERSGM, Ford et Chrysler sont au bord de la faillite, et c’est la panique! Les trois compagnies réclament un plan de sauvetage pour les aider à se sortir du trou et affronter la récession sans devoir déclarer faillite.

Pourquoi au juste le gouvernement interviendrait-il pour sauver une compagnie qui n’affiche plus aucun profit depuis 2004 et qui n’a jamais fait l’effort de se moderniser pour affronter la concurrence et redevenir rentable? Je parle ici de General Motors, qui agite le spectre d’une faillite pour que le gouvernement américain lui vienne en aide. Est-ce que, parce qu’on est en récession, il faut sauver une compagnie qui a été paresseuse pendant les quatre dernières années et qui aujourd’hui se réveille et exige qu’on la secoure? On dirait un enfant gâté qui a refusé de prendre ses responsabilités et qui aujourd’hui refuse d’accepter les conséquences de ses actes… non, ça me met foutrement mal à l’aise qu’on puisse penser à sauver ses compagnies avec l’argent des contribuables américains. Et puis, pourquoi ces compagnies et pas d’autres?  Je ne suis pas un expert en économie, mais sauver GM? Non merci…

Voici les quatre arguments CONTRE l’idée que l’on sauve General Motors & cie qu’avance Pierre Duhamel, économiste et chroniqueur à l’Actualité :

1. General Motors n’est plus viable. Elle n’a pas affiché de profits depuis 2004.

2. L’industrie automobile américaine ne se limite pas seulement aux trois constructeurs américains. Les manufacturiers étrangers comptent aujourd’hui pour la moitié de la production réalisée sur le territoire américain. À elle seule, Toyota a 12 usines aux États-Unis, où elle produit près des deux tiers des véhicules qu’elle y vend. Cette situation pose deux questions. Pourquoi certains manufacturiers s’en tirent et pas d’autres ? Pourquoi aider les moins performants à rivaliser avec les plus performants ?

3. L’industrie automobile n’est plus aussi importante. Elle comptait pour 20 % du PNB en 1980 et ne compte que pour 4 % cette année.

4. General Motors fait valoir qu’elle a un brillant avenir devant elle et que ses prochains modèles sont à l’avant-garde de la technologie. Cela reste à voir. Dans le Wall Street Journal d’aujourd’hui, on tourne en dérision la nouvelle Volt, la voiture électrique qui doit symboliser le nouveau GM. L’automobile coûtera 40 000 dollars aux consommateurs, malgré une subvention de 7 500 dollars par acheteur. Malgré ce cadeau du gouvernement et le prix élevé, le constructeur n’a pas encore trouvé moyen de rentabiliser la production du véhicule ! Quant aux prouesses techniques, cette auto semble être un paquet de troubles sur quatre pneus. La batterie doit être chargée pendant six heures et ne permet qu’une autonomie sans pétrole de 64 kilomètres. Et comment fait-on pour la recharger quand on doit stationner dans la rue ou dans un parking public ?

Et, par souci d’objectivité, voici ses neuf arguments POUR un plan de sauvetage.

1. Si General Motors tombe, Ford et Chrysler suivront nécessairement. On parle de 240 000 emplois directs qui sont menacés si les trois anciens « grands » font faillite.

2. La faillite des trois constructeurs occasionnera la perte de 2,5 millions de d’emplois chez les concessionnaires, les équipementiers et dans les services. On parle de revenus de 275,5 milliards de dollars sur trois ans.

3. Deux millions de personnes dépendent des trois constructeurs pour leur régime d’assurance santé. C’est la règle aux États-Unis : plus de compagnie, plus d’assurance.

4. Les trois constructeurs dépensent 12 milliards de dollars par année en recherche et en développement. Leur disparition aura des répercussions sur la compétitivité internationale de l’industrie américaine.

5. L’automobile représente 10 % de l’industrie américaine. La disparition des trois constructeurs affaiblit dramatiquement le secteur manufacturier et rend le pays encore plus dépendant des exportations.

6. Les conséquences seraient épouvantables pour un État comme le Michigan.

7. Les constructeurs ont tout tenté pour éviter la situation actuelle. Par exemple, GM a aboli 46 000 emplois depuis 2004 et offre aux consommateurs 17 modèles qui font plus de 30 mille au gallon, soit deux fois plus que son plus proche concurrent.

8. Les précédents existent. En 1979, le président Carter a autorisé une garantie de prêts de 1,5 milliard de dollars qui a sauvé Chrysler. Même le président Reagan, idole absolue des non interventionnistes, a exercé de fortes pressions sur le Japon en 1980 pour qu’il réduise de 25 % ses exportations d’automobiles aux États-Unis afin de protéger les constructeurs américains.

9. Barack Obama ne veut pas se voir imputer la disparition de trois fleurons américains et la disparition de millions d’emplois. Cela commence mal une présidence.

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