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Harper : leadership sur la sellette? novembre 30, 2008

Posted by jay2go in Politique canadienne.
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Peu importe l’issue de la crise parlementaire qui sévit à Ottawa, M. Harper a perdu une énorme dose de crédibilité face à l’opposition. Cela lui coûtera-t-il en plus le leadership conservateur?

En agissant comme il l’a fait, M. Harper aura affaibli considérablement son gouvernement. À moins qu’il ne réussisse à discréditer l’opposition aux yeux de la population, son gouvernement devra oeuvrer dans un Parlement qui lui est hostile. Du moins jusqu’à ce qu’on sente que le timing soit à nouveau du côté du gouvernement. À cet égard, il serait intéressant de résoudre la question du délai qu’a un gouverneur général pour pouvoir refuser la tenue d’un deuxième scrutin. Une deuxième élection après un an est-elle plus acceptable qu’après six mois? Comment trace-t-on la ligne?

M. Harper a commis deux erreurs stratégiques patentes qui entacheront sérieusement son leadership.

Harper le Machiavélique

En mettant au jour ses viles intentions, M. Harper a révélé un côté de l’homme politique qui n’était jusque là pas si flagrant. Or dorénavant, comment ne pas le soupçonner de préparer en cachette une autre épreuve de force visant à étrangler l’opposition? Sa crédibilité est irrémédiablement entachée. Comment pourra-t-il se présenter à nouveau comme l’homme des compromis? Le leadership autoritariste de M. Harper aura peut-être causé sa propre perte.

Il reste néanmoins une option à M. Harper, et tout indique qu’il l’emploiera – personnellement, je parierais dessus. Il lui reste en effet à proroger le Parlement jusqu’à la reprise des travaux, le 26 janvier prochain. Comme il a devancé la date du dépot de son budget au 27 janvier, l’opposition pourra le renverser sur quelque chose de solide – le budget – et non sur un simple énoncé économique. Ce faisant, M. Harper s’achète un sursis de deux mois, puisque le vote sur le budget aurait vraisemblablement lieu au début février. Deux mois donc, pendant lesquels il pourra s’employer à discréditer et délégitimer l’opposition aux yeux de la population.

Harper l’Unificateur

D’un autre côté, M. Harper a contribué à revigorer une opposition jusque là faiblarde. Chantal Hébert a déjà parlé de la « loi des conséquences inattendues » en politique ; la voici à l’oeuvre, cette loi.

La stratégie de M. Harper a non seulement poussé les libéraux vers un semblant de consensus quant à l’issue de la course à la chefferie, et même s’il a prorogé le Parlement, tout indique que les libéraux voudront avoir leur nouveau chef pour la rentrée parlementaire. Il leur évite ainsi un coûteux congrès au leadership en plus de colmater les dissensions internes entre Ignatieff et Rae qui se seraient peut-être exacerbées avec la tenue du congrès tel que prévu. M. Rae devra reconnaître qu’il n’est pas en position de force et il pourra plus facilement travailler avec ses collèges libéraux. L’unité du parti s’en portera beaucoup mieux, et le parti sera davantage prêt à faire face aux conservateurs que si le chef aurait eu à passé l’été à réparer l’égo de son rival et à s’en faire un allié.

En braquant l’opposition comme il l’a fait, M. Harper a aussi précipité dans les bras l’un de l’autre le PLC et le NPD. Ces deux partis se sont fait concurrence entre eux aux dernières élections et cela a favorisé les conservateurs ; cette fois, M. Harper a grandement contribué à leur rapprochement, et cela ne se fera qu’au détriment des conservateurs. Qui plus est, M. Ignatieff est le plus aimé des Québécois de tous les candidats à la précédente course à la chefferie libérale. Il est perçu comme le plus nationaliste des libéraux et donc le plus favorable au Québec, et cela ne peut qu’aider le Bloc québécois à appuyer la coalition libérale-néo-démocrate, si celle-ci devait prendre vie.

La stratégie de M. Harper aura donc eu comme conséquence de revigorer l’opposition et de la renforcer au détriment de son gouvernement. Comment peut-il rester en poste après cela? Même s’il parvient à désamorcer la crise, Harper devra démissionner. À moins qu’il ne réussisse un tour de force et qu’il ne parvienne à réaffaiblir l’opposition. Il faut quand même avouer qu’il est toujours un peu hasardeux d’enterrer un politicien. Si la question ne se posera pas dans un avenir très rapproché, elle se posera néanmoins. Car si M. Harper avait l’intention d’être sur les rangs lors de la prochaine élection générale, il vient peut-être de la perdre avec cette crise politique qu’il a lui même manufacturée.

P.S.: À propos des prérogatives de la gouverneure générale… et comment qu’elle peut refuser de dissoudra la Chambre! Voulez-me dire à quoi ça sert d’entretenir cette fonction si le ou la titulaire n’a même pas le loisir de ne pas acquiescer aux recommandations du premier ministre? Si en période de crise politique le chef d’État ne peut s’opposer au chef du gouvernement, qu’on abolisse le poste de chef d’État au plus vite! Le(la) gouveneur(e) général(e) n’est quand même pas qu’une potiche du premier ministre de l’heure.

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« Un coup d’État tranquille » novembre 30, 2008

Posted by jay2go in Chroniques externes, Politique canadienne.
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Chronique de Vincent Marissal publiée dans La Presse le 30 novembre 2008.

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Il s’est passé quelque chose d’exceptionnel, hier à Ottawa: Stephen Harper a reculé. Il est revenu sur sa décision d’abolir les subventions aux partis politiques.

Malgré tout, ce ne sera vraisemblablement pas suffisant pour permettre au gouvernement Harper de sauver sa peau parce que, depuis deux jours, il s’est passé quelque chose d’encore plus rare à Ottawa: les libéraux et les néo-démocrates, grisés par la perspective de prendre le pouvoir, parlent maintenant d’une coalition rouge-orange.

Les Anglais ont une expression parfaite pour décrire l’état d’esprit des libéraux et du NPD: They smell blood. Ils savent que leur adversaire est blessé, qu’il saigne, et, comme des requins, ils préparent l’attaque fatale.

Le vote crucial aux Communes ne doit avoir lieu que dans huit jours, mais hier après-midi, à Ottawa, peu de gens croyaient que Stephen Harper pourrait s’en sortir devant une opposition plus décidée que jamais à le renverser.

Même si les conservateurs reculent sur le financement des partis. Et même s’ils bonifient leur plan économique pour répondre à quelques demandes de l’opposition. Celle-ci en rajoutera, trop heureuse d’avoir trouvé une faille dans l’armure de Stephen Harper.

Voici comment un député libéral ontarien a résumé la situation hier après-midi dans un courriel: «Stephen Harper et Jim Flaherty ont perdu trop de crédibilité. Nous ne pouvons plus croire maintenant ce qu’ils disent, rien de ce qu’ils peuvent dire ou faire cette semaine ne changera la question fondamentale de leur crédibilité et de leurs motivations.»

L’enthousiasme des libéraux à la perspective de reprendre le pouvoir par une sorte de coup d’État tranquille enrage les conservateurs, évidemment. L’empressement suspect des néo-démocrates à accaparer la plus grosse part du gâteau ne fera qu’aggraver leur humeur.

Cela dit, c’est leur chef qui a semé les graines de la révolte.

Voici un premier ministre qui a renié sa propre loi sur les élections à date fixe, sous prétexte qu’il avait besoin d’un nouveau mandat pour affronter la crise économique.

Une fois réélu, il arrive avec de désagréables surprises, comme la fin des subventions aux partis politiques et la suppression du droit de grève dans la fonction publique, mais à peu près rien pour… l’économie.

Si M. Harper voulait lancer de telles réformes, pourquoi n’en a-t-il pas glissé un seul mot dans la récente campagne? Poser la question, c’est y répondre.

Stephen Harper croyait pouvoir enfoncer ces politiques dans la gorge d’une opposition désunie et épuisée. Il semble toutefois que son radar politique, cette fois, l’ait conduit vers un mur.

À en juger par les nombreux courriels de lecteurs, la perspective d’un gouvernement de coalition paraît viable, et même souhaitable (n’importe quoi sauf des élections!), mais ce scénario inédit soulève tout de même quelques questions.

Par exemple:

– Quelles sont les options et la marge de manoeuvre de la gouverneure générale?

La convention veut que le titulaire de ce poste symbolique acquiesce aux demandes du premier ministre.

Si le gouvernement est renversé, donc, la gouverneure générale devrait accepter de dissoudre le Parlement, ce qui entraînerait de nouvelles élections.

Elle pourrait toutefois juger que l’intérêt des Canadiens serait mieux servi par la formation d’un gouvernement de coalition. Mesure exceptionnelle, certes, mais nous sommes dans une situation exceptionnelle. S’il devait, de nouveau, y avoir des élections, ce serait la troisième fois en trois ans. Et le deuxième scrutin en trois mois.

Le contexte économique – les politiciens et Stephen Harper surtout nous l’ont assez répété – doit être pris en considération en politique. Cela vaut aussi pour la gouverneure générale, qui doit évaluer les risques que poseraient d’autres élections pour la stabilité de l’économie canadienne.

La prédécesseure de Michaëlle Jean, Adrienne Clarkson, a d’ailleurs écrit dans ses mémoires que, si le gouvernement minoritaire de Paul Martin était tombé, en septembre 2004, trois mois seulement après son élection, elle aurait demandé à l’opposition menée par Stephen Harper de former un gouvernement de coalition.

Stephen Harper lui-même avait milité en faveur d’un tel scénario, en 2004, dans une lettre adressée à Mme Clarkson et cosignée par Gilles Duceppe et Jack Layton.

– Qui sera le premier ministre?

M. Harper parle de Stéphane Dion, mais les libéraux, eux, ne sont pas chauds à cette idée. Un mouvement organisé dans le caucus libéral avance plutôt l’idée de remplacer Stéphane Dion par Michael Ignatieff.

– Quel rôle pour le Bloc (et pendant combien de temps)?

Le dilemme auquel fait face le Bloc est le suivant: jusqu’où un parti souverainiste peut-il aller pour faire fonctionner le gouvernement canadien? Dans un scénario de coalition, le Bloc est coincé: ou il devient l’allié d’un gouvernement rouge-orange ou il le fait tomber avec… les conservateurs.

À force de contorsions, le Bloc est devenu un serpent qui se mord la queue. Maintenant, le serpent risque de s’avaler lui-même.

– Peut-on envisager une alliance formelle et durable des partis de centre gauche?

La question a commencé à émerger durant la dernière campagne. Elle revient aujourd’hui comme un boomerang. Contre une droite unie, la gauche (centre gauche, soit le PLC et le NPD) doit-elle se souder en incluant les verts, qui ont récolté près d’un million de votes en octobre? Si oui, comment?

Pour finir, trois autres questions, en vrac:

– Quelle sera la réaction de la riche Alberta?

– Harper peut-il rester après un tel déshonneur?

– Le gouvernement de coalition se soumettrait-il à la loi sur les élections à date fixe?

La Chambre des communes est devenue, cette semaine, le plus grand laboratoire vivant de sciences politiques au Canada.

Machiavel entre deux feux novembre 29, 2008

Posted by jay2go in Politique canadienne.
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Les conservateurs sont dans un beau pétrin : soit ils perdent la face, soit ils perdent le pouvoir, mais ils vont perdre l’un des deux et ils en sont les uniques responsables. À trop vouloir étirer l’élastique…

S’ils reculent, ils seront en position de faiblesse une bonne partie du 40e Parlement. L’opposition aura le gros bout du bâton. Il y a des limites à jouer avec le système parlementaire, je suis d’accord, mais Harper ne goûterait-il pas là à sa propre médecine? C’est sa propre stratégie qui lui revient au visage. Quel contraste avec la législature précédente… Il a «oublié» qu’il était minoritaire et il a engagé un bras de fer qu’il n’avait pas prévu perdre. Il s’est lui-même peinturé dans le coin et cette fois il aura de la difficulté à marcher sur la peinture pour s’en tirer, pour paraphraser Jean Chrétien. D’une manière ou d’une autre, la semaine sera douloureuse pour les conservateurs. Ils ont le choix entre gouverner en position de faiblesse face à l’opposition ou encore lui remettre les clés de la maison – dans les deux cas, Harper a offert cette occasion à l’opposition sur un plateau d’argent.

Sa décision de reporter le vote d’une semaine est la meilleure stratégie qu’il aurait pu adopter. Comme il sait qu’il est en position de faiblesse, il laisse une semaine aux partis d’opposition pour se justifier devant les Canadiens. Il fait le pari que la pression populaire sera telle que l’opposition reculera. J’ai hâte de voir si ça va fonctionner…

Pour ce qui est de la Gouverneur générale, rien ne l’oblige à accéder aux requêtes du Premier ministre. La constitution lui permet de dire non ; il existe un précédent pour cela et le fait que la situation ait tourné au vinaigre à l’époque n’a pas à être un frein aux prérogatives de la chef d’État. Il serait insensé de renvoyer les Canadiens aux urnes après uniquement deux mois. M. Harper a voulu gouverner majoritairement une fois de trop, il est sur le point d’en payer le prix. Il n’a pas le pouvoir de forcer les Canadiens à un retour aux urnes, et j’espère que Son Excellence ne l’oubliera pas. C’est elle qui tranchera. Regardez maintenant les tactiques des conservateurs qui auront cours cette semaine pour délégitimer l’opposition et, pourquoi pas, la gouverneur générale. Harper aurait au moins raison sur un point : le précédent refus d’un gouveneur général de dissoudre la Chambre s’est soldé par une crise constitutionnelle. Cela étant dit, ce n’est certes pas un laissez-passer pour faire passer ses 101 volontés dans la gorge de l’opposition. Sorry boy, nous ne sommes pas encore une république de bananes. Try again.

L’arroseur arrosé novembre 28, 2008

Posted by jay2go in Politique canadienne.
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Crise parlementaire à Ottawa! L’opposition menace de renverser le gouvernement sur son énoncé économique dès le lundi 1er 8 décembre prochain et de former un gouvernement de coalition libéral-néo-démocrate avec l’appui tacite du Bloc québécois.

En tentant d’appliquer la même tactique à ce Parlement que celle qui avait fait leur « force » lors du précédent Parlement, les Conservateurs pourraient vraisemblablement perdre le pouvoir la semaine prochaine. Ils ont fait une très mauvaise lecture des cartes de la politique fédérale. Les conservateurs semblent avoir oublié que cette fois, la gouverneure générale pourrait très bien les ramener à l’ordre, et pas nécessairement de la manière la moins douloureuse…

Comment les stratèges conservateurs ont-ils pu sous-estimer l’ampleur de cette crise? Tout d’abord, profiter de la crise financière pour faire avancer leur agenda idéologique, n’est-ce pas de la basse politique partisane? Qu’on se le tienne pour dit : tout ce que souhaite M. Harper, c’est asphyxier les partis d’opposition sous couvert d’austérité fiscale. On s’entend que 28 millions de dollars, c’est franchement rien dans le budget fédéral. Le Parti conservateur sera le premier touché, nous dit-on. Il sera également le premier et probablement l’un des seuls à s’en remettre, mais ça on ne le dit pas. L’énoncé économique prévoit aussi l’abolition du droit de grève des fonctionnaires fédéraux (à l’aube de l’ouverture des négociations entre le Conseil du Trésor et la fonction publique, quel drôle de hasard…) et à abolir le programme d’équité salariale. Tout en ne proposant rien contre la crise économique, évidemment. L’intervention gouvernementale ne fait pas partie du credo conservateur, loin de là. Si M. Harper veut aller de l’avant, qu’il en soit ainsi. Le gouvernement aura alors été le seul et unique responsable de la crise  qui sévit sur la colline parlementaire outaouaise depuis 24h.

L’adage « crachez en l’air et ça vous retombera sur le nez » est en train de se vérifier à la vitesse grand V. Les conservateurs ont multiplié les votes de confiance devant l’opposition affaiblie pendant la plus grande partie du règne de Stéphane Dion à la tête des libéraux, qui s’abstenaient de voter contre les motions de confiance du gouvernement pour éviter de se retrouver en campagne électorale. Les conservateurs ont eu le champ libre pour faire avancer leur agenda politique sur le dos d’un Parti libéral affaibli et ont eu le loisir de gouverner comme ils l’entendaient, malgré leur statut minoritaire parce que l’opposition n’osait pas lui tenir tête. Or les choses sont différentes maintenant. La gouverneure générale aurait tout le loisir d’intervenir et de refuser de dissoudre la Chambre pour ne pas renvoyer les Canadiens aux urnes deux mois seulement après les élections qui ont porté ce gouvernement au pouvoir. Le timing est du côté de l’opposition, et les stratèges conservateurs semblent l’ignorer. L’éastique a trop été étiré, il est sur le point de leur claquer au visage et ça pourrait faire très mal.

Dans ce contexte, les pourparlers entre le NPD et le PLC en vue de former un gouvernement de coalition ayant l’appui tacite du Bloc québécois ajoutent une dose de réalité à la crise parlementaire en cours à Ottawa. Déjà, le NPD a présenté les conditions à son éventuelle participation à un gouvernement de coalition – il veut entre autres 1/3 des postes ministériels, dont l’Environnement et les Finances – et Ed Broadbent et Jean Chrétien, deux anciens chefs des deux formations respectives, se sont rencontrés à quatre reprises déjà. On a donné le mandat à ces mentors, dit-on, de négocier un accord sur la formation d’un gouvernement de coalition entre les parties libérale et néo-démocrate. Comme ni les conservateurs ni aucun parti de l’opposition ne se dit disposé à reculer, les dés semblent jetés mais les jeux sont-ils faits pour autant?

Ça me rappelle le « jeu du chicken », une théorie très populaire dans les cercles universitaires chez les tenants de l’école des choix rationnels. Deux voitures en compétition se dirigent à toute vitesse l’une vers l’autre. La première à flancher sera traitée de peureuse, sera ridiculisée, perdra des points (disons de sa puissance – sa capacité à influencer sur les comportements de l’autre) que l’autre gagnera. Le vainqueur augmente son pouvoir de dissuasion, atout essentiel du pouvoir. Soit l’un des deux conducteurs se dégonfle soit les deux font collision. C’est la même chose ici : qui du gouvernement ou de l’opposition flanchera? Y a-t-il quelqu’un qui reculera? Lthéorie des jeux prévoit que non : théoriquement, personne n’a intérêt à perdre la face. D’où une possibilité accrue d’une collision. La théorie se vérifiera-t-elle empiriquement avec cette crise parlementaire? Les prochains jours seront très intéressants.

Personnellement, je dis : montrons la porte aux conservateurs. Leurs utilisation à outrance des votes de confiance (habituellement un premier ministre essaie d’éviter les votes de confiance non? Harper, lui, les multiplie pour tirer parti de la faiblesse de l’adversaire! Il est passé maître dans l’art d’exploiter le cynisme…), leur idéologie partisane, leur attitude hautaine envers leurs adversaires politiques, leur haine publiquement connue des libéraux, la paranoïa excessive dont ils font preuve et tout ce qui s’y rattache (la culture du secret, la méfiance presque schizophrène à l’endroit des médias, des institutions para-gouvernementales et des fonctionnaires), leur obsession de la loi et l’ordre, les viles tentatives d’enfoncer leur agenda de droite dans la gorge des parlementaires et par le fait même dans celle des Canadiens… tout ça, tout ça justifie de les remettre dans l’opposition. Pourquoi cette dérive autoritaire? Les libéraux affichaient-ils une aussi grande soif de pouvoir?

Chantal Hébert écrivait hier sur son blog : « le 14 octobre, la majorité des électeurs canadiens ont refusé de donner les coudées franches aux Conservateurs pour qu’ils refaçonnent le Canada à leur image et à leur ressemblance. Aujourd’hui, on est, au minimum, devant une partie de bras de fer pour forcer Stephen Harper à respecter les termes du mandat minoritaire qu’il a reçu le mois dernier. »

Les conservateurs ont prouvé qu’ils n’avaient pas leur place dans les plus hautes sphères du gouvernement canadien. En ayant voulu une fois de plus diriger comme s’ils étaient majoritaires, ils se seront douloureusement tirer dans le pied. Un séjour dans l’opposition leur offrirait une belle occasion d’y réfléchir.

ADQ : chronique d’un effondrement annoncé novembre 27, 2008

Posted by jay2go in Élections Québec 2008, Politique québécoise.
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Si la tendance se maintient, le navire adéquiste frappera de plein fouet l’iceberg électoral québécois le 8 décembre prochain, emportant dans son sillage une bonne trentaine de ses 41 matelots.

Il faut dire que le ciment sur lequel l’ADQ a noué avec les Québécois – la crise identitaire et les accomodements raisonnables – était plutôt friable. Que Mario Dumont et ses députés adéquistes se rendent à l’abattoir la tête haute, je trouve cela noble. D’autant plus que Mario Dumont est l’artisan de son propre malheur ; il n’a que lui à blâmer pour l’effondrement annoncé de son parti. Mais de là à signer l’avis de décès de l’ADQ et de son chef, il y a une marge que je ne suis pas prêt à franchir.

Je m’explique.

Depuis que le débat constitutionnel a polarisé le Québec et monopolisé l’attention médiatique, la droite québécoise s’est vue privée de sa voix. On n’était ni de droite ni de gauche : on était souverainistes ou fédéralistes. La gauche avait cependant son véhicule politique, puisque le PQ est depuis toujours le berceau de la social-démocratie au Québec. Et la droite elle? Elle fut pendant longtemps la laissée-pour-compte politique de la province. Et qu’on ne vienne pas me dire que le terreau québécois n’est pas fertile pour les idées de droite, rien n’est plus faux. On tend à l’oublier, mais si ce n’était pas de la campagne de peur du Bloc québécois contre Stephen Harper (Harper = Bush, nos jeunes de 14 ans en prison, anéantissement de la culture québécoise, on s’en souviendra) et de l’entêtement idéologique des conservateurs, M. Harper gouvernerait majoritairement à Ottawa en ce moment en grande partie grâce au Québec. Et la montée de l’ADQ en 2007, bien qu’elle ne fût qu’un feu de paille, témoigne très bien du potentiel qu’ont les idées de droite au Québec. Comme je le disais, Mario Dumont a été en très grande partie l’artisan de la défaite qui attend l’ADQ au tournant de ces élections. S’il avait été plus sérieux, s’il s’était doté d’une équipe digne de ce nom, Mario Dumont serait en excellente posture aujourd’hui pour à tout le moins prétendre au poste de premier ministre.

Il y a sans contredit de la place pour l’ADQ au Québec. Il y a eu le Parti conservateur jusqu’en 1936 ; puis l’Union nationale jusqu’en 1989. Or depuis 1970, les Québécois n’ont plus jamais voté pour un parti de droite, et c’est ce que l’ADQ représente aujourd’hui. Sur le fond donc, les idées de droite ont bel et bien un espace viable sur la scène politique québécoise. Là où le bât blesse, c’est que l’ADQ n’est tout simplement pas, pour le moment, une alternative sérieuse et crédible. Un « one-man party » qui critique sans proposer de solution valable, un chef qui simplifie grossièrement les faits et la réalité et qui est passé maître dans la démagogie et le populisme, on le voit présentement, ça ne prend pas. Les électeurs veulent d’abord et avant tout avoir confiance en ceux qu’ils élisent, et l’ADQ inspire en ce moment tout sauf de la confiance. Après avoir persuadé la population qu’il s’était dangereusement approché du pouvoir, Mario Dumont a solidement entaché sa réputation de politicien crédible.

À mon avis, M. Dumont a tout intérêt à abandonner la politique, à s’exiler, à se faire oublier pour quelque temps. Robert Bourassa a été premier ministre pendant 6 ans, puis est parti à l’étranger 10 ans avant de revenir pour un autre 8 ans. Sans tomber dans l’historicité, je ne crois pas que les chances de M. Dumont d’être porté au pouvoir soient anéanties, malgré ses récents déboires. Il a tout intérêt à laisser les « vieux partis » se châmailler entre eux encore quelques années. On l’a vu, de toute façon, le PLQ et le PQ ne semblent pas portés sur la prise de ces décisions qui sont difficiles, peu payantes électoralement mais qui s’imposent néanmoins. Les réformes nécessaires se feront criantes dans le futur, et alors le terrain québécois sera à nouveau fertile pour un parti de droite comme l’ADQ. À condition toutefois que M. Dumont apprenne de ses erreurs et qu’il se mue en un politicien on ne peut plus sérieux et crédible. J’y crois fermement : un jour, Mario Dumont reprendra les rênes de l’ADQ et sera porté au pouvoir. On aurait tort d’enterrer le « p’tit gars d’Rivière-du-Loup ».

D’ici là, qu’il se fasse donc oublier quelque temps. Qu’il laisse libéraux et péquistes se couler mutuellement. Qu’il abandonne l’ADQ à son sort : si un chef peut prendre la relève, tant mieux, sinon il la retrouvera dans l’état où il l’aura laissée – vivotant entre la vie et la mort dans une Assemblée nationale hostile, ou encore pratiquement éradiquée de la carte. Parce qu’avec 12% d’intentions de vote et un mode de scrutin comme le nôtre, on ne fait pas de miracles. Loin s’en faut.

Big Three : la suite novembre 26, 2008

Posted by jay2go in Économie et crise financière, Chroniques externes.
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Une autre chronique de Van de Walle, intitulée « Le Big Three et les coffres de l’État? » et qui reflète bien ce que je pense de GM & cie.

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General Motors fête cette année son centenaire. Mais ce qui fut pendant l’essentiel du dernier siècle le fleuron du secteur manufacturier américain est maintenant à l’agonie.

Depuis 2005, GM a perdu 70 milliards de dollars. Seulement depuis le début de l’année, ses pertes totalisent 14 G$. La compagnie brûle actuellement son « cash » au rythme d’environ 2 G$ par mois.

Celui qui préside ce désastre, le PDG Rick Wagoner, a dit que les liquidités fondaient à une vitesse telle qu’il n’y aurait plus assez d’argent à la fin de l’année pour faire rouler l’entreprise.

Il a profité de la situation pour faire du chantage et réclamer une aide urgente de Washington, invoquant le soutien de 700 G$ que l’administration Bush a mis en place pour sauver le secteur financier et bancaire.

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General Motors a commencé sa cure d’amaigrissement. Quelque 120 000 personnes ont été licenciées au cours des huit dernières années. De nombreuses usines ont été fermées, comme celle de Boisbriand au Québec. Malgré tout, le premier constructeur automobile américain demeure une grosse affaire. La multinationale emploie encore 250 000 personnes à travers le monde.

Et c’est sans parler des centaines de milliers d’emplois indirects qu’on retrouve chez ses sous-traitants, ses fournisseurs de pièces, ses concessionnaires, ses publicitaires, etc.

Avec les deux autres, Ford et Chrysler, on estime qu’environ trois millions d’emplois aux États-Unis seraient en péril dans l’industrie automobile.

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On ne s’étonne donc pas qu’en début de semaine, le président désigné Barack Obama ait demandé à celui qui est encore en exercice, George W. Bush, de faire adopter un plan de sauvetage de l’industrie automobile. Non seulement M. Obama est-il bien davantage sensible que l’autre aux répercussions du problème sur la vie de millions de familles ouvrières, mais encore un grand nombre d’usines sont situées dans des États, notamment le Michigan, représentés par des démocrates.

Washington a déjà offert 25 G$ en prêts en septembre. Les constructeurs réclament 50 G$ de plus.

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Si personne ne conteste l’urgence de la situation, la question est de savoir si l’État doit venir ou non à la rescousse de trois canards boiteux.

La crise financière et économique a accru les déboires des constructeurs américains (les ventes de GM ont chuté de 45 % en octobre). Mais ceux-ci sont les artisans de leurs malheurs. En misant sur les gros « trucks », les véhicules utilitaires sport 4×4 et des autos toujours énergivores, ils ont creusé leur propre tombe. Pendant que GM s’entêtait à construire des Hummer, Toyota misait sur ses petits véhicules, développait des hybrides et offrait des produits de qualité bien supérieure. Fabriqués eux aussi dans des usines aux États-Unis.

Brancher GM, Ford et Chrysler sur les coffres de l’État (donc des contribuables qui sont aussi des travailleurs) ne ferait que pelleter le problème en avant. Car dans six mois, un an, ils reviendront à la charge pour avoir plus d’aide.D’ailleurs, entre le sauvetage avec l’argent du peuple et la fermeture, il y a cette chose qui s’appelle le Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Elle permet aux entreprises de se placer sous la protection des tribunaux pendant qu’elles se réorganisent. Les compagnies aériennes y ont eu abondamment recours après les attentats de septembre 2001.

GM et les autres constructeurs doivent changer radicalement s’ils veulent répondre aux besoins actuels du marché. Dans ce processus, il est possible que certaines des usines fermées soient rachetées par des concurrents asiatiques ou européens. Les ventes d’autos reprendront, et beaucoup de travailleurs trouveront du boulot ailleurs.

Le désastre annoncé par Rick Wagoner ne sert qu’à faire monter les pressions politiques. S’il était de bonne foi, il pourrait commencer par remettre une partie des 14,4 M$ en compensations diverses obtenues en 2007. Ça sauverait déjà plusieurs dizaines d’emplois.

« Vers la déflation? » novembre 26, 2008

Posted by jay2go in Économie et crise financière, Chroniques externes.
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Chronique publiée par M. Michel Van de Walle le 21 novembre dernier dans le Journal de Montréal.

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Le grand débat chez les économistes, ce n’est plus de savoir si on se dirige ou pas vers une récession. L’affaire est classée : le Japon y est, des pays européens y sont aussi, les États-Unis sont probablement dedans jusqu’aux oreilles et le Canada pourrait aussi y passer.

Maintenant, le débat consiste à savoir si l’accélération de la débandade économique va nous conduire vers une période de déflation. La déflation, c’est l’inverse de l’inflation : une période où les prix, au lieu d’augmenter, se mettent à baisser.

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Les données publiées mercredi aux États-Unis sur l’indice des prix à la consommation ont ravivé les craintes de plusieurs. L’indice global a chuté de 1 % en octobre. C’est le pire recul mensuel en 61 ans !

La chute des prix du pétrole est en grande partie responsable. Les prix dans le secteur du transport ont décliné de 5,4 %, une baisse significative due surtout au recul de 13,9 % des prix de l’essence. Les prix des véhicules neufs et usagés ont reculé de 0,7 %. Les prix des vêtements, un autre poste de dépenses important des consommateurs, ont baissé de 1 %.

Au total, il y a encore de l’inflation aux États-Unis. La variation annuelle était à 3,7 % en octobre. Mais c’est beaucoup moins que les 4,9 % du mois précédent. Et lorsqu’on retire les éléments plus volatils que sont l’énergie et l’alimentation, l’inflation fondamentale a ralenti de 2,5 % à 2,2 %.

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Pourquoi s’inquiéter, alors ?

Parce que la tendance lourde est à la désinflation des prix et que cela pourrait se transformer en déflation.

La différence est énorme.

En période de ralentissement, il est normal que l’inflation diminue. La demande pour les biens et services s’essouffle et les entreprises ont plus de difficultés à faire passer des hausses de prix.

Mais pour que l’économie continue de rouler, il faut qu’il y ait un minimum d’inflation. Ce n’est pas pour rien que la Banque du Canada, par exemple, a pour cible une inflation de 2 %. Cela permet d’assurer la croissance.

Or, qu’arrive-t-il actuellement ?

Non seulement les prix du pétrole et des métaux chutent à vue d’oeil, mais ceux des maisons aux États-Unis s’effondrent. Les ventes au détail diminuent et à l’approche des fêtes, les commerçants ont déjà commencé à baisser leurs prix. Les écrans plasma coûtent moins cher, etc.

La crise aux États-Unis provoque déjà des mises à pied et il y aura de moins en moins de gens pour consommer. Les profits des entreprises chutent et certaines vont carrément fermer. C’est ce qu’anticipe la forte correction actuelle des marchés boursiers.

Cela pourrait conduire, comme ce fut le cas au Japon dans les années 1990, à une longue période de déflation. L’économie s’enfonce car les gens reportent leurs achats, présumant que demain, les prix seront encore plus bas. Il s’agit là d’une spirale infernale de laquelle il est très difficile de s’extirper.

Pour relancer l’économie, les banques centrales abaissent les taux qui tombent à zéro, ou presque. Le problème, c’est qu’aux États-Unis, on y est presque, avec un taux directeur à seulement 1 %.

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La seule façon, pour les gouvernements, de relancer l’économie, c’est d’imprimer de l’argent, d’investir massivement dans des projets d’infrastructures et de hausser les prestations sociales pour aider les chômeurs à survivre et pour maintenir les dépenses de consommation.

Nos voisins américains n’en sont pas là. Il s’agit d’un scénario pour lequel les probabilités sont faibles, selon les économistes. Au Japon, le gouvernement a tardé à agir, ce qui a prolongé la crise. Ici, on a été plus vite sur la gâchette, ce qui laisse espérer qu’on évitera le pire.

Mais qui, il y a six mois, aurait dit que le baril de pétrole se vendrait aujourd’hui moins de 50 $US, que les trois grands de l’auto seraient sur le bord de la faillite, que Washington nationaliserait des banques et des assureurs et que les indices boursiers de la planète auraient reculé de plus de 40 % ?

Nous v. Eux : criminalité et immigration novembre 25, 2008

Posted by jay2go in Juridique, Uncategorized.
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Jean-Yves Brutus, immigrant haïtien et membre du groupe de rue Crack Down Posse, sera expulsé vers son pays d’origine ce matin.

De la criminalité…

Ce mec est un criminel, je veux bien. Il est sous la menace d’un ordre d’expulsion depuis 2003, et ça ne l’a pas empêché de mener ses petites affaires, comme à l’habitude. Qu’on ne traite pas nos criminels aux petits oignons, cela va de soi. La base même du système de justice repose sur la protection de la société vis-à-vis des criminels : tu commets un crime, on te met à l’ombre à la fois pour se protéger et pour te faire réfléchir. Je n’ai aucun problème avec ça.

Cela étant dit, les criminels sont toujours des citoyens, non? Ont-ils moins de droits que vous et moi parce qu’ils ont commis un crime? N’ont-ils plus de personnalité juridique? Et ne me parlez surtout pas des droits des victimes : ça n’existe pas. Alors que les droits fondamentaux, ils sont les même pour tous. Bon, j’ai peut-être l’air de monter sur mes grands chevaux, mais ce qui me met surtout mal à l’aise avec cette histoire, c’est qu’on se permette d’expulser un immigrant. La prison, c’est assez pour « Nous » mais pas pour « Eux » quoi??

… chez les immigrants

Qu’on se le tienne pour dit : quand un immigrant arrive ici, normalement, il devient citoyen, non? Comme vous et moi. Or si moi je deviens un criminel notoire, va-t-on m’expulser vers Haïti? Non. Alors pourquoi lui? Sous prétexte qu’il vient de là? Je veux bien, mais alors il ne faut pas se targuer d’offrir aux immigrants un traitement égal aux autres citoyens. Car ce n’est que de la poudre aux yeux : je peux commettre les crime que je veux, je n’irai jamais plus loin qu’en prison. Alors que lui, il sera expulsé vers son pays d’origine. Je conserverai ma citoyenneté, lui perdra la sienne. Excusez-moi, mais ce n’est pas offrir un traitement égal pour tous.

C’est exactement ce qui ressortait des audiences de la Commission Bouchard-Taylor, cette croyance, cette tendance qu’on a, qui se traduit par « tu viens ici pis tu fais comme nous pis tu restes tranquille sinon on te retourne ». Euuhh excusez-moi! Ou bien on leur ouvre les portes et on les traite comme des Canadiens, ou bien on leur ferme les portes. L’entre-deux, le « tu viens mais tu fais comme je te dis », c’est inacceptable. Si on les accueille ici, ils devraient avoir le droit de s’agiter s’ils le veulent, comme tout Canadien peut le faire, sans être sous la menace d’un ordre d’expulsion. Sans être dans la mire de tout le Québec profond qui te dit ce qu’il pense.

Non vraiment, on réserve un drôle de traitement à nos immigrants. Si on est pour les traiter de cette façon, je veux dire comme des citoyens de seconde classe, qui peuvent moins s’en permette sous peine d’être expulsés, alors qu’on gèle les quotas d’immigration au plus vite. Parce qu’honnêtement, ce traitement qu’on leur réserve me répugne. Je crois en l’égalité des citoyens et ce, peu importe l’origine. On est citoyens ou on ne l’est pas, that’s it. On est une société ouverte ou on ne l’est pas, that’s it. Ce ne devrait pas être aux immigrants de faire les frais de notre incapacité à nous mettre ça dans la tête. Pourquoi eux et pas moi? Pourquoi ce citoyen et pas un autre – parce qu’il n’est pas né ici?

Non, ce matin, je suis franchement dégoûté de nos autorités et je ne vois pas au nom de quoi, en vertu de quel principe, on peut autoriser une expulsion. Un comme tous et tous comme un, tiens. Et si je n’ai pas l’impression que les immigrants sont traités comme mon égal, c’est mon appartenance entière à cette société que je remets en question.

Mme Marois et la Santé : ça va faire! novembre 24, 2008

Posted by jay2go in Élections Québec 2008.
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S’il y a une chose qui m’horripile de la campagne des libéraux, c’est la bassesse des attaques de Jean Charest à l’encontre de Pauline Marois.

Non mais attendez, il la blâme encore pour les ratés du système de santé! Après 6 ans au pouvoir, c’est encore la faute au PQ… pauvre Jean Charest. Il n’a pas hérité d’une situation facile, une chance qu’on a portés les libéraux au pouvoir! Hum. Décevant. Si après toutes ces années Jean Charest n’a pu réparer les erreurs de Mme Marois, eh bien! peut-être devrait-il laisser sa place? Un aveu d’échec, c’est humiliant, mais enfin, c’est pas la fin du monde… De deux choses l’une : ou bien il avoue qu’il n’a pas su livrer la marchandise, ou bien il avoue que Mme Marois n’est pas responsable de TOUS les problèmes actuels, mais qu’il arrête, comme elle le disait elle-même lors de son passage à Tout le monde en parle, de s’essuyer les pieds sur elle! Ç’en est indécent, et c’est me prendre, moi et mes concitoyens, pour des valises – et je déteste!

Parce que dans la situation financière du Québec des années 1990 – le pays sortait d’une récession, il y avait un énorme déficit budgétaire, Jean Chrétien à Ottawa réduisait les transferts fédéraux et la cote de crédit du Québec était menacée d’être abaissée – même Jean Charest aurait sabré dans les budgets en santé et aurait envoyé des infirmières et des médecins à la retraite! Et de toute façon, les infirmières qu’on a jadis remerciées, elles auraient 70 ans aujourd’hui… alors quoi, en dépit des nouvelles infirmières fraîchement formées depuis 10 ans ET des augmentations budgétaires allouées à la santé, on n’a pu corriger le tir? Force est d’admettre que Mme Marois est loin d’être l’unique et entière responsable des aléas du système de santé, comme se plaît à le marteler Jean Charest sur la place publique…

Et de toute façon, je ne crois pas que Mme Marois doive regretter quoi que ce soit. Il fallait faire ce qu’il fallait, et n’importe quel gouvernement au pouvoir à l’époque aurait pris des décisions impopulaires. Qu’aurait fait Jean Charest pour remédier à la situation, lui?

Plus la campagne passe, plus j’ai envie de donner (Ô hérésie…) mon vote au PQ. Pas seulement pour protester contre les attaques sales des libéraux, mais également parce que j’ai foi en Mme Marois. Avec l’expérience dont elle jouit, je crois qu’elle s’acquitterait très bien de son poste de Première ministre. Comme je le disais, si M. Charest n’a pas su réparer les « erreurs » du PQ, qu’il laisse sa place! Et la seule alternative possible, crédible et souhaitable, c’est le PQ. De toute façon, au point où on en est, c’est presque comme si c’était Mme Marois qui avait été élue en 2003 et qui devait défendre son bilan…

Qui sait, peut-être me boucherai-je le nez le 8 décembre, peut-être que j’oublierai que le Parti québécois est un parti souverainiste quand je cocherai le nom du candidat péquiste de Laurier-Dorion – ma circonscription, vous l’aurez compris… À ce propos, je ne suis même pas certain qu’il y ait un candidat déjà! En tout cas, il n’y a que des affiches de Pauline Marois dans mon coin. Ça en dit long sur les possibilités de victoire du PQ (une victoire péquiste? je n’y crois pas du tout). Mais bon, si elle peut au moins ravir son siège de Chef de l’Opposition à Mario Dumont, ce qui ne sera pas bien difficile à faire j’ai l’impression, j’aurai amplement gagné mes élections! Que la tendance se maintienne… ou pas 🙂

Faut-il sauver les « Trois Grands »? novembre 19, 2008

Posted by jay2go in Économie et crise financière.
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US-FINANCE-ECONOMY-AUTOMAKERSGM, Ford et Chrysler sont au bord de la faillite, et c’est la panique! Les trois compagnies réclament un plan de sauvetage pour les aider à se sortir du trou et affronter la récession sans devoir déclarer faillite.

Pourquoi au juste le gouvernement interviendrait-il pour sauver une compagnie qui n’affiche plus aucun profit depuis 2004 et qui n’a jamais fait l’effort de se moderniser pour affronter la concurrence et redevenir rentable? Je parle ici de General Motors, qui agite le spectre d’une faillite pour que le gouvernement américain lui vienne en aide. Est-ce que, parce qu’on est en récession, il faut sauver une compagnie qui a été paresseuse pendant les quatre dernières années et qui aujourd’hui se réveille et exige qu’on la secoure? On dirait un enfant gâté qui a refusé de prendre ses responsabilités et qui aujourd’hui refuse d’accepter les conséquences de ses actes… non, ça me met foutrement mal à l’aise qu’on puisse penser à sauver ses compagnies avec l’argent des contribuables américains. Et puis, pourquoi ces compagnies et pas d’autres?  Je ne suis pas un expert en économie, mais sauver GM? Non merci…

Voici les quatre arguments CONTRE l’idée que l’on sauve General Motors & cie qu’avance Pierre Duhamel, économiste et chroniqueur à l’Actualité :

1. General Motors n’est plus viable. Elle n’a pas affiché de profits depuis 2004.

2. L’industrie automobile américaine ne se limite pas seulement aux trois constructeurs américains. Les manufacturiers étrangers comptent aujourd’hui pour la moitié de la production réalisée sur le territoire américain. À elle seule, Toyota a 12 usines aux États-Unis, où elle produit près des deux tiers des véhicules qu’elle y vend. Cette situation pose deux questions. Pourquoi certains manufacturiers s’en tirent et pas d’autres ? Pourquoi aider les moins performants à rivaliser avec les plus performants ?

3. L’industrie automobile n’est plus aussi importante. Elle comptait pour 20 % du PNB en 1980 et ne compte que pour 4 % cette année.

4. General Motors fait valoir qu’elle a un brillant avenir devant elle et que ses prochains modèles sont à l’avant-garde de la technologie. Cela reste à voir. Dans le Wall Street Journal d’aujourd’hui, on tourne en dérision la nouvelle Volt, la voiture électrique qui doit symboliser le nouveau GM. L’automobile coûtera 40 000 dollars aux consommateurs, malgré une subvention de 7 500 dollars par acheteur. Malgré ce cadeau du gouvernement et le prix élevé, le constructeur n’a pas encore trouvé moyen de rentabiliser la production du véhicule ! Quant aux prouesses techniques, cette auto semble être un paquet de troubles sur quatre pneus. La batterie doit être chargée pendant six heures et ne permet qu’une autonomie sans pétrole de 64 kilomètres. Et comment fait-on pour la recharger quand on doit stationner dans la rue ou dans un parking public ?

Et, par souci d’objectivité, voici ses neuf arguments POUR un plan de sauvetage.

1. Si General Motors tombe, Ford et Chrysler suivront nécessairement. On parle de 240 000 emplois directs qui sont menacés si les trois anciens « grands » font faillite.

2. La faillite des trois constructeurs occasionnera la perte de 2,5 millions de d’emplois chez les concessionnaires, les équipementiers et dans les services. On parle de revenus de 275,5 milliards de dollars sur trois ans.

3. Deux millions de personnes dépendent des trois constructeurs pour leur régime d’assurance santé. C’est la règle aux États-Unis : plus de compagnie, plus d’assurance.

4. Les trois constructeurs dépensent 12 milliards de dollars par année en recherche et en développement. Leur disparition aura des répercussions sur la compétitivité internationale de l’industrie américaine.

5. L’automobile représente 10 % de l’industrie américaine. La disparition des trois constructeurs affaiblit dramatiquement le secteur manufacturier et rend le pays encore plus dépendant des exportations.

6. Les conséquences seraient épouvantables pour un État comme le Michigan.

7. Les constructeurs ont tout tenté pour éviter la situation actuelle. Par exemple, GM a aboli 46 000 emplois depuis 2004 et offre aux consommateurs 17 modèles qui font plus de 30 mille au gallon, soit deux fois plus que son plus proche concurrent.

8. Les précédents existent. En 1979, le président Carter a autorisé une garantie de prêts de 1,5 milliard de dollars qui a sauvé Chrysler. Même le président Reagan, idole absolue des non interventionnistes, a exercé de fortes pressions sur le Japon en 1980 pour qu’il réduise de 25 % ses exportations d’automobiles aux États-Unis afin de protéger les constructeurs américains.

9. Barack Obama ne veut pas se voir imputer la disparition de trois fleurons américains et la disparition de millions d’emplois. Cela commence mal une présidence.