Le fantôme de Stéphane Dion novembre 14, 2009
Posted by jay2go in Politique canadienne.Tags: Bernard Généreux, Big Red Machine, conservateurs, Franck McKenna, intentions de vote, Jack Layton, Jean Charest, La Presse, meilleur premier ministre, Michael Ignatieff, MIKRDL, Nanos, Outremont, partielles, Peter Donolo, septembre 2007, sondage, sondages, Stéphane Dion, Stephen Harper, victoire
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Le vent souffle en faveur des conservateurs! Les partielles de lundi dernier ont débouchés sur la victoire inattendue du candidat conservateur dans Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup (MIKRDL).
Ce qui était un peu plus attendu, par contre, c’était la piètre performance du parti libéral du Canada.
En moyenne, le PLC a obtenu 14% des suffrages pour les quatre circonscriptions disputées lundi dernier. Pas de quoi fêter. Ça ne vous rappelle pas septembre 2007, lorsque Stéphane Dion s’était carrément planté aux partielles, perdant notamment la circonscription d’Outremont? Rien d’aussi dramatique ici la semaine dernière, non, mais quand même, le fantôme de Dion ne rôde pas très loin…
Les troupes libérales ont décapité leur chef en décembre dernier. «Tasse-toi Stéphane, tu n’es plus l’homme de la situation ». Force est de constater que son successeur ne l’est pas plus. Alors que sous Dion le PLC stagnait dans la mi-vingtaine en termes d’intentions de vote, aujourd’hui son plafond n’est plus 25% mais bien… 30%. Ça va prendre plus que ça pour détrôner les conservateurs.
Question : la prochaine fois que Michael Ignatieff devra trancher à savoir s’il défait, oui ou non, le gouvernement, le verra-t-on achever sa complète dionisation? S’écrasera-t-il pour laisser le gouvernement sauf, ou bien précipitera-t-il le pays dans une campagne dont personne ne veut (pour faire changement!) et dont les sondages prédisent à son parti au mieux une défaite, au pire une raclée?
Parce qu’avec 28% des intentions de vote et un peu de chance, le PLC obtiendrait, dans le meilleur des cas, eviron 90 sièges. Ce n’est pas aussi mauvais que les 77 obtenus sous Dion mais tout de même, nous sommes loin du messie tant attendu, du Sauveur avec un grand S, d’un Pierre Trudeau seconde mouture qui mènerait le parti au pouvoir et l’y garderait pour 15 ans…
Même Frank McKenna, ancien premier ministre libéral du Nouveau-Brunswick, a dit auc médias cette semaine que personnellement, il ne voyait pas comment les libéraux, dans les circonstances actuelles, pourraient être reportés au pouvoir. Du moins pas dans un avenir rapproché. Quant à Peter Donolo et tous les changements au BCO (Bureau du Chef de l’Opposition), je doute que cela change beaucoup de choses.
Quant au dernier sondage en lice : 18% des Canadiens le voient comme premier ministre, contre 35% pour Stephen Harper. Ou si vous préférez : 29% des intentions de vote pour les libéraux contre 38% pour les conservateurs. Les appuis aux conservateurs s’érodent tout doucement (finis les sommets de 40% des dernières semaines) mais malgré tout, les libéraux glissent ou stagnent, selon la semaine.
Mais sait-on jamais. Les conservateurs nous ont prouvé qu’ils sont passés maîtres dans l’art de se nuire à eux-mêmes. Suffit d’une seule et grosse gaffe pour que tout puisse basculer.
Parlant des conservateurs, on dirait que le froid entre eux et les libéraux de Jean Charest est en voie de se résorber. Jean Charest a mis la «Big Red Machine» libérale provinciale au service du candidat conservateur dans MIKRDL et j’ai l’impression qu’elle pourrait à nouveau être mise à profit, lors du prochain scrutin fédéral, disons, le printemps prochain.
Gérald «12%» Tremblay novembre 4, 2009
Posted by jay2go in Politique québécoise.Tags: élections municipales, Benoît Labonté, corruption, diane lemieux, Gérald Tremblay, hôtel de ville, Louise Harel, montréal, péquiste, Richard Bergeron, scandales
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Gérald Tremblay a été réélu dimanche dernier, en dépit de tous les scandales qui se sont abattus sur l’Hôtel de Ville et de l’écoeurement palpable des Montréalais envers les pratiques de son administration. Pourquoi?
L’explication est malheureusement aussi simple qu’elle est désolante et tient à deux facteurs : Harel et Labonté.
Premièrement, l’effet Harel. En tant qu’ex-ministre péquiste responsable des fusions, ouvertement souverainiste (cela va de soi considérant son passé de ministre péquiste) et unilingue francophone, environ la moitié des Montréalais lui était hostile. Disons qu’elle partait avec un énorme handicap, qu’elle aurait peut-être pu surmonter avec le vote francophone.
Or c’est là qu’entre en ligne de compte le facteur Labonté. Les électeurs ont voté à 25% en faveur de Richard Bergeron, pourquoi? Pour faire le ménage. Parce qu’après l’histoire de Benoît Labonté, soudainement, Louise Harel n’est plus apparue en mesure de réparer l’éthique brisée à l’Hôtel de Ville. Parce que les gens que ces odeurs de corruption insultaient le plus ne se sont pas sentis convaincus par Louise Harel, d’où leur appui à Bergeron.
The rest is history comme disent les anglais : le maire sortant s’est faufilé entre deux candidats d’opposition. Une opposition forte dans sa division, dans sa faiblesse, si l’on veut.
Ce n’est pas compliqué, n’est-ce pas? Ce résultat, on aurait pu le prédire dès que l’on s’est aperçu que la course à deux se transformait en course à trois, à une semaine et demie du scrutin.
Ceci étant dit, le maire a été élu avec 37% des suffrages. Sur un taux de participation de 32%. Comme le dit mon confrère blogueur Gros BS, 37% de 32%, ça fait un maire de bien peu de monde. 11,84% en réalité. Il aura donc fallu 12% de la population pour réélire un maire corrompu et sans colonne vertébrale.
Franchement désolant.
Bonne chance, M. Tremblay!
P.S.: Vincent Marissal nous apprenait ce matin que la «grande famille souverainiste» est divisée et en veut à Madame Harel de s’être présentée en dépit de ses faiblesses, d’avoir mal performée, etc. Personnellement : bull shit! Prenez Diane Lemieux, qui s’est rangée du côté de M. Tremblay («Gérald Tremblay is my man!» disait-elle). Ce n’est pas la faute de Mme Harel si la famille est divisée. Diane Lemieux, entre autres, et tous les autres péquistes qui ont travaillé pour MM. Tremblay et Bergeron, sont tous maîtres de leurs propres décisions. À moins d’en vouloir tout simplement à Mme Harel de s’être carrément présentée. Et ça, c’est douteux comme motif de réprimande.
Ah, ces péquistes! Ils sont vraiment dans leur bulle.
L’échec de Gilles Taillon octobre 29, 2009
Posted by jay2go in Politique québécoise.Tags: ADQ, Alberta, Éric Caire, canular, chef parlementaire, Gilles Taillon, Infoman, Omar Bongo, Wildrose Alliance
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La fenêtre d’opportunité dont dispose un chef récemment élu pour faire en sorte de prévenir les divisions internes au sein de son parti n’est pas énormément longue. Hier, Gilles Taillon a fermé la porte… en prenant bien soin de laisser Éric Caire à l’extérieur.
Je me questionne sur le jugement de M. Taillon. Après tout, il n’a pas été élu avec 1 000 voix de majorité mais bien une seule… si le canular d’Omar Bongo est vrai. Sans compter que c’était M. Caire qui a rallié le plus d’appuis au « premier tour », c’est-à-dire qui était le plus populaire des premiers choix des militants qui ont voté. Alors quand je vois M. Taillon refuser de nommer M. Caire au poste de chef parlementaire et invoqué comme raison qu’il est « le seul à avoir été élu avec une majorité », bizarrement, j’ai envie de lui passer un petit coup de fil… histoire de lui remettre les pendules à l’heure.
M. Taillon aurait pu choisir de limiter les possibilités de dissensions internes. Il ne l’a pas fait : il a préféré laisser Éric Caire dans l’ombre. Il aurait pu tenter de reconstruire l’ADQ, et par ADQ j’entends le parti qui représente la droite au Québec. Il ne l’a pas fait : il préfère se rapprocher davantage du centre que de la droite.
Je n’ai jamais cru qu’il soit bon pour l’ADQ que des militants insatisfaits de l’élection de M. Taillon ne fassent défection. Mais à voir l’insouciance avec laquelle M. Taillon agit, je me sens de plus en plus repoussé par ce parti.
Alors quand j’entends une rumeur voulant que peut-être des partisans d’Éric Caire et de Christian Lévesque voudraient créer un nouveau parti, je tends l’oreille. Ne serait-ce que pour fantasmer un peu avant de me rallier inévitablement au seul mouvement de droite pouvant faire opposition au modèle québécois promu par nos deux vieux partis. Et quand je regarde ce qui se passe du côté de l’Alberta avec la Wildrose Alliance, j’ai envie de pleurer. Et d’émigrer en Alberta…
Éric Caire, chef du parti de l’Alliance de la Rose Sauvage? Pourquoi pas rêver. Entre ça et le Parti taillonniste du Québec… le choix n’est pas compliqué.
Qui a peur de Tony Accurso? octobre 25, 2009
Posted by jay2go in Politique québécoise.Tags: allégations, élections municipales, Benoît Labonté, commission d'enquête publique, compteurs d'eau, corruption, David Whissell, entrepreneurs, financement sectoriel, Gérald Tremblay, immunité parlementaire, Jacques Dupuis, Julie Boulet, Louise Harel, Norman MacMillan, opération Marteau, politiciens, Richard Bergeron, scandale, Sylvie Roy, Tony Accurso
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À en juger par les dernières péripéties de la campagne électorale municipale, l’homme le plus puissant à Montréal n’est pas le maire sortant, Gérald Tremblay, mais bien… Tony Accurso!
M. Accurso, entrepreneur notoire à Montréal, est célèbre pour son luxueux yacht qui n’a d’égal que la quantité d’hommes politiques qui y ont séjournés pour ensuite octroyer aux compagnies de M. Accurso de gros contrats avec la Ville. Et pas toujours faits dans les règles : rappelez-vous le scandale des compteurs d’eau, vieux d’à peine quelques semaines…
Les dernières allégations de Benoît Labonté, ex-numéro deux de Louise Harel, en ce sens sont pour le moins inquiétantes. On sait désormais que le maire est corrompu – enfin, qu’il fait du financement pas très catholique suivi de retours d’ascenseur tout aussi douteux – mais on ne sait juste pas à quel point.
Ce qui me dégoute le plus, c’est qu’à cause de l’ineptie de sa rivale, il sera probablement réélu. Une chance pour lui que la course entre dans sa dernière semaine ; autrement, il aurait bien pu perdre du terrain face à Richard Bergeron, troisième candidat en lice et le seul qui apparaît motivé à faire de la politique par d’autres moyens.
Que savons-nous exactement des pratiques douteuses qui ont court à Montréal, et certainement pas uniquement à Montréal? Des firmes – d’avocats, d’ingénierie – prennent en charge l’élection d’un candidat. Ils contribuent fortement à la caisse électorale du parti et, une fois le candidat élu, attendent le retour d’ascenseur. C’est ce qu’on appelle du financement sectoriel, dans le jargon. Gérald Tremblay et d’autres avant lui y font appel ; Benoît Labonté lui-même y a goûté lors de sa course à la chefferie de Vision Montréal en 2008 ; Louise Harel le ferait également dans le cadre de la présente campagne. De nombreuses personnes – dont un ancien candidat à la mairie contre Pierre Bourque dont j’oublie le nom – auraient tenté de dénoncer, en vain, le processus auprès du DGE.
Mais que se passe-t-il donc à Montréal? La mafia gère-t-elle la ville?
Et ne comptez pas trop sur «papa Charest», notre cher premier ministre aux deux mains sur le volant, pour utiliser les grands moyens : il ne faudait surtout pas «nuire aux enquêtes policières». Ça, c’est l’argument poisseux du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. Comme si l’un empêchait l’autre! Non, décidément, plus je regarde les libéraux agir et plus j’ai des soupçons. Se peut-il que les allégations de Benoît Labonté et Sylvie Roy, ex-leader par intérim de l’ADQ, à l’effet que trois ministres du gouvernement libéral de Jean Charest (David Whissell, ministre duTravail, Julie Boulet, ministre des Transports, Norman MacMillan, ministre délégué aux Transports) aient séjournés sur le yacht de Tony Accurso, soient fondées?
Sinon, pourquoi refuser une enquête publique? Parce qu’en ce moment, la maison brûle, et que propose le premier ministre du Québec, Jean Charest? Vérifier si le détecteur de fumée fonctionne… Tout le monde s’entend là-dessus : l’escouade spéciale (l’opération Marteau de Jacques Dupuis) mise sur pied ne touchera pas aux liens entre entrepreneurs et politiciens et ne fera certainement pas la lumière sur cette affaire. Les libéraux ont-ils peur d’être éclaboussés? Il faut dire que la dernière commission d’enquête du genre remonte aux années 1970 et avait passablement éclaboussé le gouvernement libéral de Robert Bourassa. Qu’ont à se reprocher les libéraux?
C’est cliché de le dire, mais en politique, lorsqu’il est question d’éthique, les apparences comptent énormément et quiconque ne lave pas plus blanc que blanc peut être soupçonné, à juste titre, d’avoir quelque chose à cacher. Le refus des libéraux de jouer franc jeu dans ce dossier soulève énormément de questions, dont la plus fondamentale : Jean Charest a-t-il peur de Tony Accurso?
Soit dit en passant
Quand bien même que le Cabinet au grand complet déchirerait sa chemise pour exiger la démission de Sylvie Roy après ses récentes insinuations sur les trois ministres libéraux qui auraient fréquenté Tony Accurso, ils ne peuvent rien contre elle. L’immunité parlementaire est un principe élémentaire maintes fois avalisé par la Cour suprême et plus ancien que la démocratie à proprement parler. Que les libéraux arrêtent de se la jouer dramatique, ils ont uniquement l’air de vouloir faire diversion de l’eau bouillante dans laquelle ils semblent baigner.
L’héritage de Jean Chrétien octobre 13, 2009
Posted by jay2go in Politique canadienne.Tags: 342, élections, Bloc québécois, conservateurs, grenouillage, institutions, Jean Chrétien, libéraux, majorité, majorité conservatrice, Michael Ignatieff, parlement, parti naturel gouvernement, Paul Martin, PLC, Sénat, sièges, Stéphane Dion, succession, Turner
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Décidément, Jean Chrétien ne se doutait certainement pas, lorsqu’il a quitté le pouvoir en 2003, que son héritage politique allait conduire ses successeurs à la tête du PLC tout droit en enfer et qu’il faciliterait du même coup l’accès au pouvoir aux conservateurs.
Mais on ne peut le blâmer : les jeux de coulisses entre les progressistes-conservateurs et les réformistes-alliancistes qui se tramaient durant les derniers mois au pouvoir de Jean Chrétien sont passés totalement sous le radar de son flair légendaire. En effet, les cartes du jeu ont été rebrassées immédiatement après son départ et ce qui était bon pour les libéraux à l’époque où le mouvement conservateur était en pleine guerre civile l’est un peu moins maintenant que la droite a été réunifiée. Ce qui a fait la fortune (ou plutôt, les majorités) de Jean Chrétien a mené les libéraux de Paul Martin, Stéphane Dion (et Michael Ignatieff?) vers une longue traversée du désert sur les banquettes de l’opposition.
Le plus dramatique dans cette histoire (du moins pour les libéraux), c’est que la donne est en train de changer complètement et pas nécessairement en faveur du parti libéral. Les conservateurs vont bientôt laisser leur marque sur les institutions politiques canadiennes et si les libéraux ne se reprennent pas rapidement en main, ils seront contraints de regarder le train passer. Exit, le «parti naturel de gouvernement», place aux conservateurs!
Natural Governing Party
Un brin alarmiste, vous dites? Pas tant que ça!
De 1896 à 1996, les Conservateurs ont occupé le pouvoir durant seulement 31 ans. La cause? Un Québec indéfectiblement libéral, ce qui assurait aux rouges un avantage d’une cinquantaine de sièges en moyenne sur leurs adversaires conservateurs. Pour accéder plus facilement au pouvoir, les conservateurs ont cru bon pencher un peu plus vers la gauche et dorloter davantage le Québec, ce qui était relativement facile avec le vide créé par le rapatriement de la constitution et la désaffection dont souffraient les libéraux. Mauvaise stratégie, qui a fait perdre aux conservateurs leur appui dans les provinces de l’Ouest. Et voilà : le Parti réformiste était né, et durant 10 ans ils ont livré une bataille sans merci au parti progressiste-conservateur.
Tout ça pour dire qu’à l’époque de Jean Chrétien, les forces de droite étaient davantage occupées à mettre leur composante sœur en échec qu’à livrer une vraie bataille aux libéraux. Or aujourd’hui ce n’est plus le cas, et l’avantage Rouge a été complètement décimé. Aujourd’hui, les Québécois appuient massivement non pas le parti libéral mais bien le Bloc québécois. Les conservateurs n’ayant jamais bénéficié de cet avantage québécois, cela ne change rien pour eux, mais les libéraux, eux, se retrouvent privés des 50 sièges que leur assuraient jadis la Belle Province.
Dans l’Ouest, les libéraux ne sont tellement plus compétitifs que dans la majorité des circonscriptions, la bataille se joue à deux entre le NPD et les conservateurs. Aujourd’hui, les libéraux peuvent prétendre à un maximum de 20 sièges à l’ouest de l’Ontario sur les 92 que compte la région. Les conservateurs? Environ 70. Voilà pour l’avantage Bleu.
Les conservateurs et les institutions
En ce qui a trait aux institutions, comme je le mentionnais, les conservateurs sont sur le point de se conférer un avantage stratégique majeur.
D’une part, le Sénat a perdu sa majorité libérale mardi dernier, lorsque la sénatrice Joan Cook a tiré sa révérence. Le 29 novembre 2010, lorsque le sénateur Peter A. Stollery prendra à son tour sa retraite, les conservateurs seront plus nombreux que les libéraux et les indépendants réunis (un Sénat conservateur minoritaire, si on peut dire), pour finalement obtenir leur majorité sénatoriale le 13 mai 2011. Si les conservateurs se maintiennent en poste jusque-là, donc, la Chambre haute leur sera acquise.
Mais l’élément le plus fondamental dans le changement des institutions, c’est à la Chambre des Communes qu’il se produira, avec le projet du gouvernement d’augmenter à 342 le nombre de sièges à la Chambre basse. Ces 34 sièges supplémentaires seront ajoutés en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique. Rien de spécial là, sauf qu’il s’agit de circonscriptions rurales, disons, plus favorables aux conservateurs qu’aux libéraux. Ou du moins, le genre de circonscriptions où la lutte se fera à deux entre le NPD et le PCC, plutôt que d’éventuels fiefs libéraux comme dans les régions métropolitaines de Vancouver et Toronto.
L’héritage Chrétien
Et Jean Chrétien dans tout ça?
Il est en partie responsable de la situation actuelle. Comment? C’est lui qui a modifié les règles du financement électoral de manière à favoriser le Bloc québécois. Simple, disait-il. Tant que le Bloc dominera le Québec et que la droite sera divisée partout ailleurs, le parti libéral est assuré de remporter une majorité. En effet, Chrétien se doutait bien que sur 75 députés, jamais il n’en ferait élire plus de la moitié, et où iraient les autres? Aux conservateurs, évidemment. Mais la stratégie s’est maintenant retournée contre les libéraux, et ce sont des députés qui font cruellement défaut aux libéraux qui se retrouvent à mordre la poussière devant des candidats bloquistes.
Quant à son autre héritage, eh bien, Jean Chrétien en a lui-même fait la démonstration au cours des dernières semaines : le grenouillage interne au PLC n’est pas une chose passée et n’était pas propre uniquement au tandem Chrétien-Martin. Après les guerres Chrétien-Turner et Chrétien-Martin, voici maintenant la guerre Chrétien-Ignatieff! Jean Chrétien est en effet très actif dans les coulisses du parti libéral et son clan de partisans – dont font notamment partie Bob Rae et Martin Cauchon – aiguise ses couteaux dans l’ombre… Essayez maintenant de convaincre la population canadienne que vous êtes prêts à diriger le pays, quand vous n’êtes pas capable de diriger votre parti!
Le temps se fait de plus en plus rare pour les libéraux. Les changements qui sont sur le point de s’opérer pourraient les confiner à l’opposition pour encore de longues et pénibles années…
Drôle de maire! septembre 25, 2009
Posted by jay2go in Uncategorized.add a comment
Pauvre Gérald Tremblay. Ça doit pas être facile d’être dans ses souliers. Une tuile après l’autre en pleine campagne électorale, la moitié des Montréalais trouvent que ça pue dans les dossiers de l’Hôtel de Ville, Louise Harel qui lui chauffe les fesses… et ce n’est même pas sa faute! Bah non, il ne savait rien.
C’est moi où on a un maire légèrement, disons, incompétent?
Le plus gros contrat de l’histoire de la Ville donné dans des circonstances douteuses et complètement dénaturé en cours de route? Il n’en savait rien.
Le numéro deux de son administration, le président du comité exécutif en personne, qui se promène sur le yacht de l’homme d’affaires à qui le plus gros contrat de la ville a été donné… et qui finit six mois plus tard au sein de l’administration d’une de ses compagnies affiliées. Le maire là-dedans? Aussi scandalisé que les citoyens qui l’ont appris! Il n’en savait rien.
Ou plutôt, et pardonnez le cynisme, il n’en «savait rien». Grosse différence. Parce qu’en ce qui me concerne, de deux choses l’une : ou bien il n’en savait réellement rien et on a un maire aveugle, sourd et sot par-dessus le marché (il a fallu l’acculer au pied du mur pour qu’il reconnaisse qu’il y avait une mauvaise odeur dans cette histoire), ou bien il le savais très bien mais n’a rien fait.
Dans un cas comme dans l’autre, cet homme ne mérite certainement pas un troisième mandat à l’Hôtel de Ville. Vous croirez la version que vous voulez, mais en ce qui me concerne, son administration ne lave pas plus blanc que blanc. Loin de là. J’ai beaucoup de difficulté à croire que le maire soit incapable de voir ce qui se trame dans sa propre admnistration.
Bref, tout ça sent mauvais. Très mauvais. Mais le maire s’en fout parce que de toute façon, qu’il gagne ou qu’il perde ses élections, l’histoire sera morte et enterré le 2 novembre au matin.
C’est plate, mais c’est comme ça. Et après ça, qu’on vienne se demander pourquoi la population est cynique!
Les élections et l’économie septembre 15, 2009
Posted by jay2go in Politique canadienne.add a comment
Depuis que les rumeurs d’élections circulent, c’est-à-dire depuis maintenant bientôt trois semaines, le seul et unique refrain qu’on entend, c’est «Ah non! Pas des élections en pleine crise économique, ça coûte cheeeer!»
Ahem… quel mauvais argument!
Entendons-nous bien, 300 millions de dollars, ça peut paraître beaucoup comparé avec le budget d’un particulier mais dans le budget de l’État, c’est une pécadille. Une miette.
D’autant plus qu’il s’agit là d’une dépense qui crée des emplois. Un stimulus de 300 millions de dollars dans une économie en pleine reprise. pourquoi pas? On peut rejeter du revers de la main la pertinence du keynésianisme, il n’en demeure pas moins que ce sont des milliers d’emplois qui seront créés le temps d’une élection. Des élections étant nécessaires et inévitables, aussi bien y aller maintenant, alors que les libéraux sont en position de faiblesse relative.
Quant à l’argument des conservateurs voulant que cela nuise à la reprise de l’économie, il a été démenti par… voyons voir : le Globe & Mail, le CD Howe Institute (qui est pourtant de droite), l’économiste en chef de la banque TD Canada Trust, d’autres économistes de tout acabit… Une élection nuirait à la reprise de l’économie telle que les conservateurs l’envisagent, point. Grosse différence.
Ceci étant dit, on peut donc voir un (des) point(s) positif(s) à une élection cette automne.
Nous sortons d’une crise économique : voilà une bonne occasion de choisir qui nous voulons avoir à la tête de l’État pour les trimestres à venir! La vision des libéraux ou la vision des conservateurs?
Avec la crise parlementaire de décembre dernier, M. Harper a perdu de facto la confiance de la Chambre, qu’il a évité de perdre de jure avec la prorogation dela Chambre. Résultat : crise de confiance majeure à la Chambre des Communes. C’est le temps d’en finir.
La Coalition (des Trois Stooges, comme on dit en anglais)
Parlant de «la Coalition», dont les conservateurs voudraient bien faire leur cheval de bataille… je suis partagé entre «c’est une excellente stratégie» et «c’est la pire stratégie au monde».
C’est une excellente stratégie car il n’y avait guère qu’au Québec et dans l’Atlantique que l’idée d’une coalition était populaire. Une majorité pour les conservateur sur ce thème reste donc très possible, si l’Ontario embarque dans son jeu.
La pire stratégie du monde parce que c’est cynique. On a vu l’an dernier, le Canada était divisé en deux sur cet enjeu : Western Canada contre Eastern Canada. Les conservateurs veulent-ils vraiment s’arroger une majorité sur le dos d’une telle politique de division? Ça pourrait faire très mal, après coup…
Tout ceci dans l’hypocrisie la plus crasse : pour illustrer, disons que si la Coalition est Frankenstein, et bien Stephen Harper est le savant fou qui l’a créé.
Quand on a un premier ministre minoritaire qui gouverne comme s’il était majoritaire (on appelle cela un abus de mandat, soit dit en passant), que fait l’opposition pour lui bloquer la route? Elle forme une alliance. Qu’ont fait les puissances centrales européennes pour contrer les visées expansionnistes de la France napoléonienne? Elles ont fait une alliance. Ce n”est pas interdit. Ce n’est ni illégal ni illégitime. Notre constitution ne l’interdit pas. Beaucoup de pays le font. Dois-je en rajouter?
Stephen Harper est l’artisan de cette «créature» qu’est la coalition. Qu’il tâche de ne pas l’oublier.
Plus «quand» que «si»? septembre 3, 2009
Posted by jay2go in Politique canadienne.add a comment
Si la tendance se maintient…
Les hostilités seront déclenchées sous peu.
Alors, quand voterons-nous? Le 26 octobre? Le 9 novembre? Le 16?
Les libéraux sont compétitifs pour la première fois depuis 2004, et c’est Paul Martin qui l’avait emporté à cette occasion. On aura l’occasion de vérifier si la victoire conservatrice de 2006 était bel et bien une victoire conservatrice, ou si c’était plutôt une défaite libérale. Idem pour 2008. : était-ce simplement l’effet Dion? L’intermède conservateur tire-t-il à sa fin, où la percée conservatrice est-elle au contraire en pleine expansion?
J’ai hâte de voir l’issue de cette «bataille des titans» dont il est désormais évident que Jack Layton ne veut pas. Avouez que tendre autant la main au gouvernement conservateur, c’est quelque chose que l’on n’a pas vu souvent, et qui ne semble pas très naturel.
Donc, les libéraux peuvent-ils reprendre le pouvoir aux conservateurs? Certainement. Le feront-ils? C’est une autre paire de manches. Les conservateurs sont prêts, ils n’ont pas peur d’une élection et sont bien préparés. L’économie va mieux et c’est Ignatieff le premier qui a signifié son intention de provoquer des élections à l’automne, il portera donc très fort probablement l’odieux du déclenchement des élections… au moins pour 5 jours.
Le pire dans tout ça, c’est que mon petit doigt me dit que la tendance ne se maintiendra pas. J’ai comme une vague intuition que le NPD va appuyer le gouvernement, ou à la limite, s’abstenir de voter pour le défaire en chambre. Au-delà de la rhétorique néo-démocrate, je suis certain que Layton n’est pas plus emballé que ça à l’idée d’envoyer ses 39 députés au champ de bataille. En politique, les gestes parlent plus que les discours et autres déclarations, et les agissements du NPD des derniers jours sont révélateurs à l’égard de leur appétit pour une élection. Mais je me trompe peut-être…
A win is enough
Je désirerais protester contre une allusion récente de Mme Chantal Hébert dans le Toronto Star (Even a win might not be enough for Harper) qui déclare que, survenant un résultat serré en termes de sièges aux Communes le soir du vote, la Gouverneure générale pourrait , malgré qu’une majorité de sièges soit octroyée aux conservateurs, demander au chef libéral de former le gouvernement avec l’appui du NPD.
Absolument pas.
La constitution canadienne oblige le gouverneur général à nommer comme premier ministre le chef du parti ayant fait élire le plus de députés en chambre.
Comme une coalition PLC-NPD en bonne et due forme est hors de question pour les libéraux, Mme Jean aura l’obligation constitutionnelle de nommer Stephen Harper chef du gouvernement si c’est son parti qui fait élire le plus de députés. Si et seulement s’il échoue à recevoir la confiance de la chambre Mme Jean pourra demander à Michael Ignatieff de tenter à son tour de former un gouvernement bénéficiant de la confiance de la chambre. Si et seulement si.
Et comme on l’a vu l’an dernier, la fenêtre d’opportunité pour un changement de gouvernement sans passer par de nouvelles élections est très étroite.
Les nominations de M. Harper août 31, 2009
Posted by jay2go in Uncategorized.add a comment
Il est où le problème avec les nominations au Sénat de M. Harper?
Je veux dire, oui ok il a renié ce qu’il prônait par le passé – quel politicien n’a jamais viré sa chemise de bord? L’exercice du pouvoir est incompatible avec l’idéologisme rigide, que voulez-vous. C’est comme ça, bienvenue dans le fabuleux cirque politique…
Oui, il a rompu avec le principe réformiste/allianciste d’un sénat élu. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas essayer de le réformer pourtant, mais tout ce qu’il peut faire, c’est implémenter à la pièce. Chances de succès : mitigées. Fallait-il donc s’attendre à ce que le gouvernement fonctionne avec 28 postes vacants au Sénat? Je ne le crois pas.
À défaut de pouvoir réformer la Chambre haute dans le sens souhaité, aussi bien se plier à la tradition et nommer des sénateurs. En attendant.
Et parce qu’il aurait été fou de n’avoir comblé, au nom d’une réforme du Sénat qui ne figure plus trop sur le menu du jour, aucun poste vacant durant presque quatre ans de mandat pour voir les libéraux, éventuellement réélus, combler ces postes par des nominations libérales.
Car ceux-ci n’auraient en rien été liés par les «principes» des ex-réformistes. Au moins maintenant, les libéraux ne seront plus majoritaires au Sénat dès la fin de l’année. M. Harper n’a donc fait que saisir la balle au bond. Good job.
Alors, vraiment, tout ce branle-bas de combat… je ne comprend pas.
Par contre, ce que je trouve questionnable, c’est la nomination de… Jacques Demers?!?
En tout respect pour M. Demers, un analphabète qui se met soudainement à étudier de volumineux documents juridiques?? Dans le genre «lève-toi et marche», il n’y a pas mieux.
De deux choses l’une : ou bien on engage quelqu’un qui fait le job de sénateur à la place du sénateur Demers, ou bien personne ne fera le job du sénateur Demers à sa place.
Dans les deux cas, c’est 134 000$ par année en fumée.
Douteux…
Question : est-ce que c’était vraiment nécessaire pour remonter la cote des conservateurs au Québec?
Sans prétendre parler pour le Québec en entier, moi, j’ai accueilli plutôt froidement la «promotion» de M. Demers.
Peut-être que quelque chose m’échappe…
Révolution verte en Iran? juin 24, 2009
Posted by jay2go in Moyen-Orient.Tags: 1979, Ahmadinejad, Ali, ayatollahs, élections, électorale, fraude, Gardiens de la Révolution, Guide, idéologie, Iran, islamique, Khamenei, Moussavi, Occident, pasdarans, régime, révolution, shah, suprême, Téhéran, verte
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Au 12e jour du bras-de-fer engagé entre le régime iranien et ses opposants, peut-on (espérer? craindre?) qu’une révolution pointe le bout de son nez, renverse le président Ahmadinejad et déstabilise le régime du Guide suprême, Ali Khamenei? Assiste-t-on à une répétition du scénario de 1979 qui a vu le shah d’Iran renversé et la république islamique d’Iran proclamée?
Absolument pas.
D’abord, ce que nos médias occidentaux nous rapportent est loin d’être fidèle à la réalité sur le terrain. On se rappellera que les médias occidentaux ne sont pas autorisés à couvrir les manifestations. Ne peuvent donc en filtrer que quelques bribes partielles d’informations, rapportées dans la plupart des cas par des Iraniens anglophones et pro-Occident, davantage portés vers Moussavi et l’Occident que vers Ahmadinejad et le régime de Khamenei.
Ensuite, parce que les images que l’on voit ne nous montrent qu’une partie de la réalité : oui, il y a des manifestants, mais ces derniers sont des citoyens «progressistes», des étudiants, des «urbains», loin d’être la majorité au pays des mollahs. Rien à voir avec le reste du pays, de la même manière que Toronto n’est absolument pas représentative de la campagne saskatchewanaise.
Autrement dit, la «révolution», le mouvement populaire, ne s’est pas étendu à d’autres couches de la société, il ne s’est pas généralisé.
Et c’est précisément ce qui explique que le régime iranien résistera au mouvement d’opposition : les forces armées du régime, ce que l’on appelle en science politique l’appareil de sécurité, reste loyal au régime en place. Et tant que le régime garde le contrôle sur ses appareils de sécurité (et de répression), il est en mesure de se maintenir.
C’est ce qui ne s’est pas produit à St-Pétersbourg en 1917 : la révolution s’est étendue à d’autres couches de la société, elle s’est généralisée et l’armée, se retrouvant isolée du reste de la société, a cessé d’obéir aux ordres du pouvoir en place. Résultat : le régime tsariste a été renversé et les bolchéviques se sont emparés du pouvoir, établissant le régime communiste. On peut citer beaucoup d’autres exemples : la guerre civile algérienne, la fin des régimes communistes en Europe de l’Est… dans chacun de ces cas, les appareils de sécurité et de répression ont échappé au contrôle du régime et se sont retournés contre celui-ci, qui se retrouve ainsi sans défense et est, plus souvent qu’autrement, renversé.
C’est également ce qui s’est produit à Tiananmen en Chine en 1989, mais à l’inverse : les protestataires n’ont pas pu rallié ni l’armée ni d’autres segments de la population, aussi ont-ils été sévèrement réprimés.
Or que se passe-t-il aujourd’hui en Iran? Non seulement la révolution, loin de s’étendre aux autres couches de la société, ne reste confinée qu’aux mêmes cercles qu’au départ mais en plus, les Gardiens de la Révolution (l’armée iranienne), pour des raisons idéologiques (ils restent fidèles aux principes de la révolution islamique de 1979) sont loyaux au régime de Khamenei – et donc d’Ahmadinejad.
Fraude électorale?
Ce qui est frappant dans cette histoire, c’est que l’Occident a cru dès le départ que le scrutin était frauduleux, et ce sur la base de sondages auxquels ont répondu cette minorité iranienne dont je parlais plus-haut, qui est aujourd’hui dans les rues de Téhéran, qui parle anglais et est ouverte à l’Occident. À titre d’exemple, les sondages qui donnaient Moussavi vainqueurs, rapportés ici par nos médias, n’étaient pas en farsi (la langue que parlent les Iraniens) mais bien en anglais, et du coup ne pouvaient rejoindre l’immense majorité des électeurs iraniens. Ces données étaient tout simplement faussées et aucunement représentatives de la situation sur le terrain.
La vérité, c’est que s’il y a très fort probablement eu fraude, il n’en demeure pas moins qu’Ahmadinejad, largement plus populaire que Moussavi dans les régions qui comprennent l’immense majorité des électeurs iraniens, l’aurait probablement tout de même emporté. Autrement dit, l’Occident a été induit en erreur sur la base d’un mauvais échantillonnage des données recueillies auprès de la population iranienne. S’il est de plus en plus clair aujourd’hui que le scrutin a bel et bien été fraudé, il n’en reste pas moins qu’Ahmadinejad était le plus populaire chez une large frange de la population iranienne.
Il ne faut pas oublier que les élections n’opposaient pas un Ahmadinejad pro-clergé à un Moussavi anti-clergé, loin de là. Ahmadinejad est celui qui a promis à la population de s’attaquer à la corruption des mollahs qui, disait-il, minent les principes de la révolution de 1979. Et 1 à 0 pour Ahmadinejad.
Je ne suis pas le seul à défendre cette théorie. Voici ce qu’en dit George Friedman, de Stratfor Global Intelligence :
« Tehran in 2009, however, was a struggle between two main factions, both of which supported the Islamic republic as it was. There were the clerics, who have dominated the regime since 1979 and had grown wealthy in the process. And there was Ahmadinejad, who felt the ruling clerical elite had betrayed the revolution with their personal excesses. And there also was the small faction the BBC and CNN kept focusing on — the demonstrators in the streets who want to dramatically liberalize the Islamic republic. This faction never stood a chance of taking power, whether by election or revolution. »
Les médias occidentaux n’ont tout simplement pas réussi à comprendre les subtilités du régime iranien, entre autres parce qu’ils ne s’abreuvent qu’à une seule source. Un peu comme si le Globe & Mail couvrait les festivités de la St-Jean en ne parlant qu’aux patriotes enragés. Très loin de représenter la nation entière, non?
Bref, ce bras-de-fer entre régime et opposition en Iran ne fera, à mon avis, que renforcer le régime, qui va petit à petit convaincre la population de sa légitimité face à une opposition qui ne lève pas. Il y a bien sûr l’Occident qui prend le parti des manifestants mais, depuis la révolution de 1979, l’Iran a toujours fait la sourde oreille aux pressions internationales. M’est avis que ce n’est pas demain la veille qu’elle commencera à s’en faire pour ce que l’Occident pense.
Et on aura, une fois de plus, raté une belle occasion de comprendre la république islamique.